Association médicale canadienne

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30 janv. 2007 11h30 HE

AMC : Les efforts consacrés aux temps d'attente laissent tomber certains patients

OTTAWA, ONTARIO--(CCNMatthews - 30 jan. 2007) - Des résultats de recherche publiés aujourd'hui par l'Association médicale canadienne (AMC) montrent que les efforts en cours pour réduire les temps d'attente des patients dans certains secteurs ciblés des soins de santé peuvent rallonger les délais ailleurs.

"Nous reconnaissons que les gouvernements réalisent d'importants progrès pour réduire les temps d'attente dans certains secteurs, mais les médecins du Canada craignent que cela ne se fasse au détriment de l'accès en temps opportun à d'autres traitements", a déclaré le Dr Colin McMillan, président de l'AMC. "Les points de repère favorisent les améliorations, mais lorsqu'ils n'existent pas dans tout le système, on risque de créer un "effet de compression" à cause duquel l'expansion d'un secteur se fait au détriment d'une autre partie du système."

Les craintes que suscite chez les médecins cet effet de compression - à cause duquel la concentration des efforts sur la réduction des temps d'attente dans certains secteurs a pour conséquence de prolonger les attentes ailleurs - étaient évidentes lorsque l'AMC a réalisé l'automne dernier une consultation en ligne d'une durée de huit semaines qui a réuni les commentaires de quelque 4000 médecins, résidents et étudiants en médecine.

On craint de plus qu'il n'y ait tout simplement pas suffisamment de ressources dans le système pour que les points de repère fonctionnent - inquiétude qui était elle aussi évidente. "C'est un problème de pénurie de médecins, d'infirmières et de professionnels de la santé en général", a déclaré le Dr McMillan.

Les principaux résultats de la section du sondage portant sur les temps d'attente sont les suivants :

- 55 % des médecins et des résidents ont mentionné l'apparition de spécialités "nanties" et "démunies" à la suite de l'affectation de ressources dans les cinq domaines prioritaires (cancer, soins cardiaques, imagerie diagnostique, arthroplastie et rétablissement de la vue). Seulement 13 % ont déclaré ne pas voir cette tendance tandis que les autres étaient neutres ou ne savaient pas.

- 55 % des médecins et des résidents qui pratiquent dans les cinq domaines prioritaires déclarent que l'on n'a pas encore investi suffisamment pour appuyer les efforts de réduction des temps d'attente, tandis que 16 % pensent qu'on l'a fait. Parmi les 48 spécialités représentées dans la consultation, aucune ne comptait une majorité de répondants qui étaient d'avis que l'on a investi suffisamment pour appuyer les cinq domaines prioritaires.

- La moitié des médecins attribuent aux temps d'attente une note "médiocre" (D) et 59 % sont d'avis que la situation se dégradera dans les soins spécialisés au cours des cinq prochaines années. Les médecins de famille et les chirurgiens ont l'opinion la plus négative à l'égard des efforts de lutte contre les temps d'attente, que 63 % des médecins de famille et 61 % des chirurgiens jugent médiocres ou très médiocres.

Ces résultats et d'autres résultats préliminaires de la consultation ont été analysés au cours d'une réunion de 45 organisations médicales nationales que l'AMC a tenue le 26 janvier. On consultera encore les médecins à ce sujet au cours de l'hiver et l'AMC dévoilera ses recommandations ce printemps.

"Les points de repère sur les temps d'attente et les objectifs de rendement dans les cinq domaines prioritaires définis par les gouvernements déterminent clairement à quel moment on attend trop longtemps pour obtenir des soins. Grâce à ces paramètres et à une volonté politique importante, des milliers de patients peuvent se faire soigner plus rapidement", a déclaré le Dr McMillan. "Les gouvernements doivent maintenant agir rapidement pour établir des points de repère dans tous les domaines. Ils doivent s'attaquer une fois pour toutes à résoudre la pénurie de professionnels de la santé dans le système afin de nous permettre d'atteindre ces points de repère."

"Nous remercions les milliers de médecins, résidents et étudiants en médecine qui ont participé à cette importante consultation", a déclaré le Dr Charmaine Roye, présidente du Comité directeur de la recherche. "Nous travaillerons maintenant à faire en sorte que cette précieuse contribution se traduise en changements positifs pour nos patients."

La consultation sur les soins spécialisés que l'AMC a menée en ligne s'est déroulée entre le 27 septembre et le 23 novembre 2006. On a invité les médecins, les résidents et les étudiants en médecine du Canada à remplir un questionnaire en ligne et à communiquer leurs anecdotes et leurs idées sur la prestation des services de soins spécialisés à la population canadienne. L'initiative est guidée par un Groupe de travail sur l'examen des soins spécialisés composé de 11 membres et dirigé par le Dr Charmaine Roye, obstétricienne-gynécologue de Brantford (Ont.). Le groupe de travail réunit un échantillon de membres de la profession médicale, y compris des représentants des sociétés de médecins spécialistes, des associations médicales provinciales et d'autres organisations médicales nationales.

Voir un aperçu de la recherche sur http://www.cma.ca/index.cfm/ci_id/51422/la_id/2.htm.

Renseignements

  • Steve Wharry
    1 800 663-7336 ou
    613-731-8610, poste 2135