Gouverneur général du Canada

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10 déc. 2009 14h46 HE

Arrivée de la gouverneure générale au Guatemala et rencontre avec le président

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwire - 10 déc. 2009) - Lors de la première journée officielle de la visite d'Etat en République du Guatemala, Leurs Excellences la très honorable Michaëlle Jean, gouverneure générale du Canada, et son époux, monsieur Jean-Daniel Lafond, ont rencontré Son Excellence monsieur Alvaro Colom Caballeros, président de la République du Guatemala. Leurs Excellences visitent le pays du 9 au 12 décembre 2009.

La gouverneure générale et monsieur Lafond ont été accueillis avec les honneurs militaires lors d'une cérémonie qui a eu lieu au Palais national, dans la ville de Guatemala. La gouverneure générale a ensuite prononcé un discours sur la sécurité, la démocratie, la bonne gouvernance et la lutte contre l'impunité :

"Nous réaffirmons notre soutien à toutes celles et tous ceux qui déploient des efforts afin de préserver et de consolider les institutions démocratiques essentielles pour la paix, la sécurité et le développement du Guatemala et la mise en place d'un Etat de droit, pour le mieux-être des Guatémaltèques", a déclaré la gouverneure générale.

Elle a ensuite participer à la cérémonie de Changement de la rose blanche de la paix, un événement qui commémore la signature des Accords de paix mettant fin à 36 ans de guerre civile au Guatemala. Depuis, pour célébrer chaque nouvelle journée de paix et renouveler quotidiennement le processus de paix, la garde d'honneur militaire remplace la rose blanche déposée la veille sur un monument dans la cour du Palais national par une rose blanche fraîche.

Vous pourrez également télécharger après 17 h aujourd'hui (Heure normale de l'Est) des photos et des images vidéo de la cérémonie d'accueil officiel à partir du site FTP à http://media.gg.ca.

Photo - Mention de source : Sgt Serge Gouin, Rideau Hall, (C) 2009 Bureau du secrétaire du gouverneur général du Canada

Vidéo - Mention de source : Cplc Evan Kuelz, Rideau Hall, (C) 2009 Bureau du secrétaire du gouverneur général du Canada

Allocution de la gouverneure générale à la cérémonie d'accueil officielle en République du Guatemala le 10 décembre 2009 :

Permettez d'abord que je vous dise à quel point nous sommes ravis, mon mari, Jean-Daniel Lafond, moi-même et la délégation qui nous accompagne, de poursuivre ici, au Guatemala, un périple du nord au centre des Amériques, qui a commencé au Mexique et se terminera au Costa Rica.

Le Guatemala nous rappelle haut et fort que l'histoire de ce continent n'a pas commencé avec l'arrivée de Christophe Colomb.

Nous sommes ici dans une région qui est le berceau d'une civilisation immémoriale, celle des peuples mayas qui ont su, jusqu'à nos jours, préserver leur identité en dépit des invasions, des conquêtes, des pillages, des massacres et des entreprises d'assimilation.

C'est une civilisation prestigieuse de bâtisseurs, d'artistes et de savants, dont l'apport culturel est inestimable. En témoignent les imposantes ruines de palais et de temples en forme de pyramide, dont ceux de la majestueuse cité de Tikal que nous aurons le bonheur de visiter.

Lorsque les Européens sont arrivés sur ce continent, ils ont vu ici un nouveau monde.

Du coup, on a fait table rase d'un monde pourtant bien réel, peuplé de civilisations millénaires.

Il a fallu tout un travail de mémoire et d'historiographie, de conservation et de préservation, comme celui que vous avez entrepris au parc El Mirador, au nord de Petén, pour restaurer des pans entiers de l'histoire des premiers peuples qui avaient disparu des mémoires, qui avaient été réécrits, détournés de leur sens ou tout simplement occultés, non sans arrière-pensées.

Les premiers peuples, qui constituent nos racines les plus profondes sur ce continent, ont été dépossédés. Dépossédés de leurs terres, de leurs droits, de leur dignité, d'un passé riche et grandiose.

Encore de nos jours, du nord au centre, et au sud, ces peuples continuent d'être marginalisés et de faire l'objet de discriminations, voire de répressions.

Or, aussi longtemps que nous ne nous serons pas réapproprié cette histoire que nous avons en commun et les richesses infinies de ces civilisations, le continent sera encore et toujours divisé en deux mondes : d'un côté, l'ouverture, le progrès et les possibilités ; de l'autre, l'exclusion, les injustices et les inégalités. D'un côté, le développement, de l'autre le sous-développement chronique, chez nous comme chez vous.

Cette première visite d'Etat du Canada au Guatemala nous permet de mesurer l'étendue de nos expériences, d'évaluer le dynamisme de nos échanges et d'explorer de nouvelles avenues de collaboration et de partenariat générateurs de prospérité pour nos populations.

A l'heure où la mondialisation appelle à une redéfinition de nos liens à l'échelle planétaire, où les dirigeants de toutes les Amériques cherchent à créer de vastes marchés et à élaborer des positions communes sur plusieurs enjeux d'importance pour leurs populations, le temps est venu pour nous toutes et tous d'emprunter le chemin de la réconciliation et de la paix.

Au Canada, par exemple, nous sommes en train de faire la lumière sur l'un des chapitres les plus douloureux de notre histoire, celui des pensionnats autochtones.

Pendant plus d'un siècle, des milliers d'enfants autochtones ont été arrachés à leur famille, à leur communauté, puis soumis à des mesures d'assimilation forcée et, dans certains cas, à diverses formes d'humiliation, de violence et d'abus.

Une Commission de vérité et de réconciliation a été créée pour faire la lumière sur cet épisode sombre de notre histoire collective. Cette Commission parcourra le Canada au cours des cinq prochaines années afin de reconstruire les liens de confiance et de rassembler.

J'ai accepté d'être le témoin spécial de ce périple que les Canadiennes et les Canadiens ont décidé d'entreprendre avec courage et responsabilité, car je crois profondément en la promesse lumineuse de la vérité.

J'estime qu'il ne faut jamais reculer lorsque l'occasion se présente de reconstituer ensemble une histoire qui nous rassemble et qu'il nous appartient de reconnaître pleinement.

Dans votre discours d'investiture, monsieur le président, vous vous êtes engagé à faire du Guatemala un "modèle de démocratie sociale avec un visage maya", annonçant du même souffle un programme ambitieux et courageux de lutte contre la pauvreté, les inégalités, la violence, la criminalité et l'impunité.

Le Canada salue l'espoir que cette volonté de changement représente et qui doit inévitablement s'accompagner de l'engagement de la société civile.

Nous estimons essentielle la contribution des femmes, des hommes et des jeunes de ce pays, qui forment une société civile dynamique.

Et nous réaffirmons notre soutien à toutes celles et tous ceux qui déploient des efforts afin de préserver et de consolider les institutions démocratiques essentielles pour la paix, la sécurité et le développement du Guatemala et la mise en place d'un Etat de droit, pour le mieux-être des Guatémaltèques.

Nous savons que la pauvreté endémique et l'insécurité minent la vie quotidienne des Guatémaltèques.

Nous savons aussi que le climat d'impunité favorise la violence, notamment à l'encontre des femmes.

Le Canada, qui souscrit au principe de l'égalité entre les femmes et les hommes, se réjouit de l'adoption, par ce Congrès, d'une loi contre le "fémicide", et de son engagement à l'égard des principales conventions des Nations unies sur la violence faite aux femmes.

Le Canada croit en la notion de droit et de justice, sans laquelle nulle stabilité, nulle paix ne sont possibles.

C'est pourquoi il appuie activement les travaux de la Commission internationale contre l'impunité au Guatemala, créée par les Nations unies en 2007, en vue de réprimer le crime organisé et les méfaits des réseaux criminels qui étendent leurs tentacules sur tout le continent.

Je pense notamment au trafic humain, au trafic de stupéfiants, au trafic d'influence, de même qu'à la corruption, au blanchiment d'argent et à la violence qui ravagent nos communautés.

De plus, nos pays ont signé récemment un nouvel accord en vertu duquel le Canada s'engage à soutenir le Centre d'entraînement aux opérations de maintien de la paix d'Amérique centrale, situé à Cobán.

Mentionnons que le Canada et le Guatemala entretiennent depuis longtemps une relation privilégiée en matière de développement, entre autres par le truchement du programme d'aide de l'Agence canadienne de développement international.

Pendant cette visite d'Etat en terre guatémaltèque, nous aurons l'occasion de voir à l'oeuvre des ONG qui travaillent de façon remarquable à abaisser les niveaux de pauvreté et à contrer les effets de la crise alimentaire qui sévit actuellement et qu'exacerbe la crise économique mondiale.


Nous nous rendrons, entre autres, dans la région de Sololá, l'une des plus pauvres du Guatemala, où un groupe d'organismes canadiens s'emploient à accroître et à diversifier la production agricole et à donner aux producteurs accès aux marchés nationaux et internationaux, dans le cadre d'un programme de développement économique rural.

La sécurité, la bonne gouvernance, le plein respect de la dignité des citoyennes et citoyens d'ascendance maya, l'éradication de la pauvreté sont toutes des questions qui vous préoccupent, ainsi que la nouvelle génération de Guatémaltèques.

Nous avons confiance en votre capacité de relever ces défis, et vous pouvez compter sur notre appui et notre amitié.

Nous avons en partage un continent, une histoire, des valeurs.

Dans un monde où nos sorts sont irrévocablement liés, il importe de joindre nos efforts, d'élaborer des stratégies communes et de miser sur la somme de nos solidarités.

Voilà ce à quoi vous convie le Canada, avec l'assurance que vos efforts de paix et de développement sont porteurs d'avenir, non seulement pour les habitants du Guatemala, mais de toutes les Amériques.

Les médias peuvent obtenir des photos et des vidéos à haute résolution sur le site http://media.gg.ca (nom d'utilisateur : media; mot de passe : osgg).

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