Deloitte

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03 déc. 2009 08h00 HE

Besoin urgent de capitaux dans le secteur de l'énergie et des services publics

Un rapport de Deloitte recommande une approche axée sur des investissements diversifiés devant l'incertitude et exhorte les organismes de réglementation à créer un environnement qui favorise l'investissement.

MONTREAL, QUEBEC--(Marketwire - 3 déc. 2009) - Le secteur de l'énergie et des services publics connaîtra un besoin important de capitaux, et les chiffres sont stupéfiants. Des études réalisées récemment par l'Agence internationale de l'énergie montrent que le total des investissements requis dans les infrastructures à l'échelle mondiale entre 2007 et 2030 s'élève à 26,3 billions de dollars américains (en dollars de 2007). Même si ce besoin urgent de capitaux existait déjà avant la crise financière mondiale, le climat économique actuel, l'incertitude quant aux politiques gouvernementales relatives aux changements climatiques et l'immaturité de certaines technologies concurrentes ont contribué à l'aggravation de la situation. En outre, le secteur de l'énergie et des services publics est en compétition avec tous les autres secteurs de l'économie pour l'obtention de financement par actions ou par emprunt.

Selon un nouveau rapport de Deloitte, intitulé La puissance des idées - Aperçu des dix problèmes émergents les plus importants du secteur de l'énergie et des services publics, les entreprises du secteur font face à des exigences changeantes liées à l'environnement, à la réglementation et aux consommateurs, et un grand nombre d'entre elles ont du mal à obtenir les fonds et les autorisations réglementaires pour des investissements offrant un rendement proportionnel à tous les risques du secteur. Quant aux entreprises qui ont accès à des capitaux, leur défi est de déterminer où elles doivent investir.

"Compte tenu de cette incertitude, les gestionnaires canadiens pourraient être tentés d'opter pour l'attentisme, mais céder à cette tentation s'avérerait une erreur tactique", dit Jane Allen, leader de la pratique des services publics chez Deloitte. "Les entreprises ont plus de chances de réussir lorsqu'elles adoptent diverses approches en fonction de différents avenirs possibles, au lieu de tout miser sur un seul scénario. Bref, il s'agit d'apprendre comment gérer les choses dans un contexte d'incertitude."

D'après le rapport, le financement nécessaire pour le remplacement d'infrastructures vieillissantes n'est qu'un des aspects du défi financier. Selon l'Agence internationale de l'énergie, les entreprises du secteur de l'énergie et des services publics devront doubler leur production de base (celle provenant de sources classiques ou celle tirée de sources renouvelables) afin de pouvoir répondre à la demande croissante d'énergie de l'économie mondiale au cours des 30 prochaines années. Elles devront également investir dans de nouvelles technologies de captage et de stockage de carbone, dans le déploiement de compteurs intelligents et dans la maîtrise de la demande d'électricité, même en l'absence de valeurs de référence ou de normes s'appliquant à l'échelle mondiale. En outre, le secteur de l'énergie électrique devra travailler de concert avec les organismes de réglementation, au niveau des Etats ou des provinces et au niveau fédéral ou national, afin de reconfigurer, améliorer et agrandir les réseaux de transmission et de distribution existants et d'y intégrer avec succès de nouvelles sources d'énergie.

"Et les entreprises devront faire tout cela en dépit des contraintes en matière de ressources qui découlent de la concurrence pour les capitaux et de la pénurie appréhendée de compétences dans l'ensemble du secteur", d'ajouter Mme Allen.

Les dix problèmes émergents les plus importants dans le secteur

Afin d'aider les entreprises à s'orienter en matière d'investissements et de planification stratégique dans ce secteur complexe, des experts internationaux du domaine de l'énergie et des services publics de Deloitte ont dégagé les dix problèmes émergents les plus importants du secteur à l'échelle mondiale.

1. Le problème du carbone - La course à la réduction des émissions est lancée. Une préoccupation croissante au sujet des émissions provenant de la conversion de combustibles fossiles en énergie a incité les gouvernements mondiaux à prendre des mesures. D'ici 2020, le gouvernement canadien entend réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20 % par rapport aux niveaux de 2006. Aux Etats-Unis, le projet de loi Waxman-Markey vise une réduction de 17 % par rapport aux niveaux de 2005, tandis que l'Union européenne a ciblé une réduction de 20 % comparativement aux niveaux de 2005. La Grande-Bretagne vise pour sa part une réduction de 34 % par rapport aux niveaux de 1990. Afin de réduire les émissions et d'atténuer les effets possibles des changements climatiques, les entreprises doivent adopter des technologies qui n'émettent pas de GES. Cette contrainte aura une incidence sur les entreprises d'électricité qui détiennent d'importants portefeuilles fondés sur des combustibles fossiles.

2. Miser sur les énergies renouvelables - Les incitatifs nationaux déterminent l'ordre des priorités. Compte tenu du besoin, pour les producteurs d'électricité, de réduire les émissions de gaz à effet de serre, l'attention accordée aux investissements dans des sources d'énergie renouvelable ira en augmentant. Au niveau gouvernemental, le Canada s'est fixé comme objectif d'obtenir, d'ici 2020, 90 % de son électricité de sources non émettrices de GES. Or, dans un contexte en mutation, il n'est pas facile de cerner des projets rentables dans le domaine des énergies renouvelables. Une loi adoptée récemment en Ontario prévoit des incitatifs financiers intéressants, mais il reste à voir si d'autres provinces ou territoires emboîteront le pas.

3. La renaissance du nucléaire - Des risques réglementaires et politiques subsistent. Bien que les attentes soient grandes à l'égard de la production d'électricité provenant du nucléaire, la progression vers la phase de départ est plus lente que ce que l'on souhaiterait. Cela dit, des tendances observées un peu partout dans le monde indiquent qu'une renaissance du nucléaire est imminente, et dans de nombreux territoires de compétence, des entreprises du secteur de l'énergie et des services publics sont aux prises avec les défis que comporte cette situation. Dans l'immédiat, le climat économique actuel, combiné à d'importantes exigences en matière d'immobilisations, oblige aussi bien les gouvernements que les entreprises d'électricité à évaluer avec soin cette option et à déterminer l'ordre de priorité de leurs investissements. Au Canada, les provinces de l'Ontario et du Nouveau-Brunswick, ainsi que leurs entreprises de services publics, doivent prendre à l'heure actuelle d'importantes décisions concernant le développement du nucléaire.

4. Transformer l'électricité en profits - L'amélioration de l'efficacité des centrales est payante. Il s'agit essentiellement d'améliorer le rendement commercial en limitant le plus possible les coûts de production. En mettant en place les bases appropriées, les entreprises du secteur de l'énergie et des services publics peuvent réagir plus facilement à des changements du marché, simplement en affinant leurs processus existants. Les avantages que l'on peut obtenir en améliorant l'efficacité sont considérables.

5. L'écart entre l'offre et la demande - La demande en électricité sera-t-elle supérieure à l'offre? Bien que la récession ait entraîné une diminution de la consommation d'électricité dans de nombreux pays, on prévoit que la demande à l'échelle mondiale continuera d'augmenter. Déterminer quel type de centrale il convient de construire complique les choses, mais ignorer la situation pourrait entraîner de sérieuses contraintes en matière d'approvisionnement.

6. Modèles publics et privés - Il existe de nombreux modèles différents de propriété. Dans un avenir prévisible, on peut s'attendre à une hausse des coûts des immobilisations liés aux services de l'électricité, du gaz et de l'eau. Cette tendance exige que les entreprises de services publics, tant dans le secteur public que dans le secteur privé, fassent preuve d'innovation en matière de gestion. Dans les deux secteurs, le succès à long terme dépend de la capacité d'une entreprise à gérer les attentes des consommateurs et son propre processus de gouvernance. Etant donné que dans le secteur de l'énergie et des services publics, la tendance est à la re-réglementation sélective, les entreprises doivent perfectionner leurs capacités afin de gérer efficacement le processus de réglementation.

7. Transformation technologique - La révolution numérique ne trace pas une voie claire. Afin de pouvoir effectuer des investissements éclairés dans la technologie de réseau intelligent, les entreprises du secteur de l'énergie et des services publics doivent faire plus que déterminer les technologies à faible risque et les technologies à risque élevé. Elles doivent également apprendre de nouvelles façons de gérer leurs données, d'acquérir leur équipement et d'intégrer des systèmes hétéroclites en une solution uniforme, dont pourront tirer profit les services publics et leurs clients. Des projets pilotes de réseau intelligent sont en cours dans plusieurs régions de l'Ontario. Cette province considère qu'elle est à l'avant-garde de cette transformation.

8. A la recherche de compétences - La planification de la main-d'oeuvre aborde une nouvelle ère. Dans les pays où le taux de natalité stagne ou recule, et où la population active est vieillissante, des pénuries de talents sont à craindre dans pratiquement tous les secteurs, mais cette menace est particulièrement sérieuse pour le secteur de l'énergie et des services publics. Dans ce secteur, les employeurs doivent réfléchir à la façon d'attirer et de fidéliser des personnes possédant des compétences spécialisées, sinon ils seront pris au dépourvu lorsque l'économie aura retrouvé sa stabilité.

9. La modernisation des infrastructures - Des milliards seront nécessaires pour financer la croissance future. Des études récentes montrent que rien qu'aux Etats-Unis, il faudrait 1 000 milliards de dollars américains en capitaux supplémentaires au cours des cinq prochaines années pour refinancer des infrastructures existantes de production et de distribution d'électricité ainsi que pour investir à la fois dans des éléments d'actif existants et dans de nouveaux actifs. Qui plus est, on demande aux entreprises du secteur de l'énergie et des services publics ainsi qu'aux gouvernements dont elles relèvent d'engager ces fonds dans un contexte marqué par une grande incertitude réglementaire et technologique. A défaut d'avoir une idée exacte des sources et des technologies vraiment viables sur le plan économique, les entreprises vont devoir intégrer une flexibilité stratégique dans la planification de la production.

10. La gestion de la demande - La conservation et la répartition de la production ont chacune un rôle à jouer. Alors que le secteur de l'énergie et des services publics s'efforce d'assurer l'approvisionnement en énergie, il ne faut pas oublier qu'il y a un revers à la médaille. En clair, les entreprises doivent à la fois réduire la demande et trouver des façons d'y répondre autrement qu'en augmentant la production. La gestion efficace de la demande n'est possible que si tous les acteurs de l'industrie s'entendent pour dire que la sécurité de l'approvisionnement énergétique exige plus que l'augmentation de la capacité existante. Il faut aussi équilibrer la demande en améliorant l'efficacité énergétique et en encourageant l'intégration multinationale des réseaux.

Réussir en dépit des difficultés

Selon Deloitte, le problème le plus important demeure le besoin d'investissements additionnels dans les infrastructures énergétiques. "Pour réussir dans le contexte actuel, il est important pour les entreprises du secteur de l'énergie et des services publics d'évaluer avec soin les besoins et les possibilités en matière d'investissement en tenant compte des technologies émergentes et des nouvelles réglementations, et d'établir les priorités en s'appuyant sur une analyse méticuleuse des risques", explique Mme Allen.

"Quelle que soit la décision qui est prise - investir dans les énergies renouvelables, mettre en oeuvre une première vague de technologies de réseau intelligent ou produire les 100 prochains mégawatts - il est essentiel pour les entreprises de bien comprendre les coûts et les risques que comporte chaque décision et de justifier leurs investissements auprès de tous leurs actionnaires et parties intéressées."

Pour obtenir un exemplaire du rapport

Pour en savoir plus sur les dix principaux problèmes émergents du secteur de l'énergie et des services publics, et sur les voies de solution proposées, le rapport complet (La puissance des idées - Aperçu des dix problèmes émergents les plus importants du secteur de l'énergie et des services publics) est accessible à l'adresse www.deloitte.com/ca/ideesstimulantes.

A propos de Deloitte

Deloitte, l'une des firmes de services professionnels les plus importantes au Canada, offre des services dans les domaines de la vérification comptable, de la fiscalité, de la consultation et des conseils financiers grâce à un effectif de plus de 7 700 personnes réparties dans 57 bureaux. Au Québec, Deloitte exerce ses activités sous l'appellation Samson Bélair/Deloitte & Touche s.e.n.c.r.l. Deloitte et Touche s.r.l., société à responsabilité limitée constituée en vertu des lois de l'Ontario, est le cabinet membre canadien de Deloitte Touche Tohmatsu. La marque Deloitte représente une ou plusieurs entités de Deloitte Touche Tohmatsu, une Verein suisse, ainsi que son réseau de cabinets membres. Chaque cabinet membre constitue une entité juridique distincte et indépendante. Veuillez consulter le site www.deloitte.com/about pour obtenir une description détaillée de la structure juridique de Deloitte Touche Tohmatsu et de ses cabinets membres.

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