Mouvement PHAS

Mouvement PHAS

01 avr. 2010 17h27 HE

Budget 2010-2011 en santé et services sociaux : vers une paupérisation grandissante des personnes handicapées !

MONTREAL, QUEBEC--(Marketwire - 1 avril 2010) - Le Mouvement Personnes handicapées pour l'accès aux services (PHAS) accueille avec beaucoup de réserve les mesures budgétaires annoncées le 30 mars par le ministre des Finances.

Alors qu'au cours des dernières années, un certain nombre d'avancées ont été acquises à grand peine pour améliorer l'accès des personnes handicapées (notamment le Plan d'accès aux services pour les personnes ayant une déficience), voilà que le gouvernement semble faire volte-face lorsqu'il s'agit d'allouer les fonds correspondant à ses promesses…

Rappelons qu'il y a à l'heure actuelle pas moins de 6 050 personnes en attente d'un service spécialisé ou surspécialisé de réadaptation physique et qu'environ 2500 personnes attendent des services d'un centre de réadaptation en déficience intellectuelle et trouble envahissant du développement. Et l'on sait qu'il y a également beaucoup d'attente pour recevoir des services de première ligne dans les CSSS pour ces personnes.

Tout le budget est axé sur le renflouement immédiat du déficit. Ainsi, sans aucun investissement, il est impossible de répondre à des personnes en attente depuis longtemps et l'on vient augmenter à long terme les coûts de services de personnes, qui faute de se développer, couteront plus cher à l'ensemble du système d'ici quelques années.

En juin dernier le gouvernement a adopté un nouvelle politique intitulée « À part entière », qui vise, selon les propres mots de monsieur Charest, à prendre en compte « la participation sociale des personnes handicapées, laquelle contribue indéniablement, à l'enrichissement de notre société ». Mais de quel enrichissement parle t-on ici ?

Car la série de mesures annoncée hier (ex : ticket modérateur sans égard au revenu des personnes, obligation de payer un montant après un certain nombre de visites chez le médecin) ne semble en rien aller vers une amélioration de la participation des personnes handicapées dans la société québécoise. Bien au contraire ! En imposant de nouvelles taxes reliées aux soins de santé, c'est plutôt l'inverse qui se produira. En ponctionnant sur les budgets des personnes handicapées, lesquelles, vivent souvent déjà dans des situations financières fragiles, et alors quelles ont, par la force des choses, un besoin essentiel de recourir aux services de santé et services sociaux, on ne risque pas de faciliter leur participation à la vie en société.

Il ne faut pas non plus oublier les familles de ces personnes, sur lesquelles rejailliront indéniablement les contraintes financières de leur proche parent handicapé. Ces familles seront alors doublement pénalisées : à titre personnel et à titre de proche aidant…

Si l'on veut véritablement permettre aux personnes handicapées d'occuper toute la place qui est la leur dans notre société, ne les mettons pas encore plus lourdement sous pression financière en les obligeant à payer plus cher l'accès aux soins de santé et services sociaux. Il y a là une contradiction flagrante dans les intentions annoncées du gouvernement !

D'autant que l'on sait qu'il existe bien d'autres moyens pour ce dernier de rééquilibrer son budget, sans avoir à aller piocher dans le portefeuille des personnes déjà fragilisées de par leur état.

Le Mouvement PHAS est une coalition nationale qui défend l'accès à des services sociaux et de santé qui répondent aux besoins des personnes handicapées et à ceux de leur famille. Pour ces personnes, la difficulté d'accès aux services est un problème majeur qui date de plusieurs années.

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