Comité pour un meilleur accès aux soins spécialisés (CMASS) Hôpital Charles LeMoyne

18 janv. 2007 14h00 HE

CMASS, Hôpital Charles LeMoyne : L'unique centre tertiaire en traumatologie de la rive-sud de Montréal n'arrive plus à remplir son mandat

LONGUEUIL, QUEBEC--(CCNMatthews - 18 jan. 2007) - Les médecins spécialistes qui participent au programme de traumatologie de l'hôpital Charles LeMoyne à Longueuil, estiment qu'ils ne sont plus en mesure d'assurer cette vocation cruciale, alors que seulement quatre centres hospitaliers au Québec s'acquittent d'une telle mission. De plus, ils craignent que la population de la Montérégie ne souffre inévitablement de la présente situation qui risque dans certains cas de priver des patients polytraumatisés d'une coordination efficace de soins multiples, complexes et surspécialisés.

Lors d'un point de presse, cet après-midi, les porte-parole des médecins concernés ont rappelé que la crise avait atteint son point culminant le 8 janvier dernier alors que les quatre chirurgiens généraux et les sept urgentologues impliqués dans le programme ont conclu qu'un manque important et chronique de ressources médicales rendait désormais problématique la prise en charge de plusieurs patients traumatisés. Pour cette raison, ils ont décidé de suspendre leurs interventions. Il n'y a donc plus, pour l'instant du moins, d'équipe de coordination en traumatologie.

Comme l'a expliqué le docteur Eric Bergeron, président du Conseil des médecins, chirurgiens et traumatologues, les victimes de traumatisme subissent des blessures qui provoquent potentiellement de nombreuses séquelles, souvent permanentes et qui requièrent des soins tant au niveau physique, psychologique que social. "La situation que nous vivons à l'Hôpital Charles LeMoyne, qui reçoit et traite plus de mille traumatisés annuellement, nous préoccupe au plus haut point surtout lorsque l'on constate que l'incidence des traumatismes de la route est en croissance en Montérégie et représente plus de 25 % de toutes les hospitalisations pour traumatisme dans cette région du Québec qui compte un million quatre cent mille habitants. De plus, une population vieillissante entraîne inévitablement une hausse des fractures de toutes sortes et des traumatismes crâniens, causés par des chutes. Ainsi, à Charles LeMoyne, depuis la mise sur pied du programme de traumatologie, en 1992, le nombre d'admission pour traumatismes a augmenté de 600 % et les projections vont en augmentant.

Après avoir déploré le fait qu'il faille souvent une crise aiguë pour que la direction de l'hôpital se penche sur un problème, les membres de ce département s'inquiètent aujourd'hui de l'immobilisme des autorités. "Nous avons eu mille et une rencontre pour discuter de l'urgence du dossier et rien ne bouge, de souligner le docteur Bergeron. Le 12 janvier 2005, nous avons fait parvenir une lettre au Président du groupe conseil ministériel en traumatologie de la Société de l'assurance automobile du Québec dans laquelle nous demandions notamment que Charles-LeMoyne reçoive toute l'attention et les ressources indispensables à l'accomplissement de sa mission. Deux ans plus tard, la situation est toujours la même de telle sorte que nul ne peut prétendre que le centre hospitalier soit en mesure de prodiguer aux patients polytraumatisés la coordination efficace et sécuritaire des soins qui leur revient. Si la situation perdure, des effectifs primordiaux pourraient quitter.

En conclusion, les traumatologues sont convaincus que cette situation engendrée par la négligence de l'administration de l'hôpital de remplir de façon adéquate une mission unique et essentielle sur la rive-sud de Montréal, est clairement inacceptable. Leur initiative a donc pour but de forcer les autorités ainsi que l'Agence régionale de la Santé, à prendre leurs responsabilités et d'écouter le personnel sur le terrain ainsi que de fournir les ressources nécessaires à des soins de qualité pour la population de la rive-sud. Faudra-t-il qu'un patient fasse les frais de la présente crise pour agir ?

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