Comité régional des associations pour la déficience intellectuelle (CRADI)

Comité régional des associations pour la déficience intellectuelle (CRADI)

31 mars 2010 17h27 HE

CRADI/Budget Bachand : La froideur des lucides

MONTREAL, QUEBEC--(Marketwire - 31 mars 2010) - Dans un budget qui constitue une attaque en règle contre les classes moyenne et pauvre, le ministre Bachand fait fi de bien des personnes démunies. Parmi ces personnes, celles qui ont une déficience intellectuelle ou un trouble envahissant du développement, personnes vulnérables qui sans l'aide des deniers de l'État auront bien de la difficulté à vivre et à s'intégrer dans la société.

Pour le Comité régional des associations pour la déficience intellectuelle (CRADI), le Ministre a l'air d'oublier qu'en 2008, son collègue du ministère de la Santé et des Services sociaux sortait le plan d'accès pour les personnes ayant une déficience, un plan dont l'objectif est l'accès aux services dans des délais raisonnables à l'aide de niveaux de priorité permettant une meilleure gestion des demandes de services. Mais voilà, ce plan qui aurait donné certains résultats depuis sa mise en œuvre en novembre 2008, risque, sans financement adéquat, d'être mis en péril. « Chaque fois qu'une mesure ou qu'un plan nous donnent à croire qu'on va s'en sortir, on nous retape dessus » dit Danielle Gaudet, mère de deux adultes multihandicapés et présidente du CRADI. 

Dans la seule région de Montréal, sans investissement budgétaire, des centaines de personnes ayant une déficience intellectuelle ou un trouble envahissant du développement continueront d'attendre des services dispensés par les établissements montréalais. Pour les personnes concernées, l'absence de services peut vouloir dire impossibilité de fonctionner dans la société. Est-on entrain d'abandonner ces personnes dans la communauté, s'imaginant que la dite communauté va les prendre en charge?

De plus, un tel budget fragilise la situation des enfants de 0-5 ans qui ont un retard global de développement et chez qui, chaque semaine d'attente hypothèque l'avenir. Tous les paliers du réseau de la santé considèrent pourtant les services aux 0-5 ans comme une priorité.

Le budget de monsieur Bachand veut s'allier les milieux économiques et pour ce faire, il se permet une brèche claire et nette dans le système public de santé : contribution des individus à un fonds de financement des établissements, ticket modérateur déguisé basé sur la fréquence des visites médicales. Ajoutez à cela la hausse des frais d'électricité et de la TVQ et vaudra mieux être « riche et en santé que pauvre et malade ».

À Montréal, lors du forum des partenaires, le 29 mars, l'Agence de la santé et des services sociaux a fait de la lutte à la pauvreté l'une de ses cinq priorités. Il est connu que la pauvreté fragilise la santé et entraîne des coûts sociaux. Le gouvernement du Québec s'apprête à faire un nouveau plan de lutte à la pauvreté, il a tenu des forums régionaux sur ce sujet. Alors que cela semblait évident pour tous les participants à ces forums que la lutte à la pauvreté était urgente, le gouvernement du Québec, avec son budget 2010, semble plutôt vouloir faire la lutte aux pauvres! Pourquoi le gouvernement du Québec devrait-il se presser plus que les autres gouvernements provinciaux pour régler son déficit? N'y a-t-il pas d'autres moyens connus pour renflouer l'État?

Le CRADI regroupe 29 associations qui oeuvrent auprès des personnes ayant une déficience intellectuelle ou un trouble envahissant du développement et des familles de ces personnes. 

Renseignements

  • Source : Hélène Morin, responsable des communications
    CRADI - Tél. : 514-255-8111
    Courriel : helene.morin@cradi.com