Deloitte

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24 nov. 2009 06h00 HE

Deloitte: Près des deux tiers des Canadiens ne sont pas prêts financièrement à assumer les coûts des soins de santé futurs: Plus de 50% ouverts aux soins de santé privés...

Une enquête exhaustive menée par Deloitte dresse le plus récent portrait des besoins, des comportements et des intérêts en matière de santé au Canada

MONTREAL, QUEBEC--(Marketwire - 24 nov. 2009) - Selon un sondage mené par Deloitte, les Canadiens souhaitent de plus en plus être traités comme des consommateurs plutôt que des patients. Ils veulent des services améliorés, des programmes personnalisés et un meilleur accès à leur dossier médical. Ils veulent être mieux éduqués et avoir des choix d'autogestion en matière de santé. De plus, ils désirent également collaborer avec les intervenants de l'industrie vers l'atteinte de ces objectifs, et ce, tout en contrôlant les coûts et en utilisant les ressources existantes.

"Cette transition d'une conception axée sur le patient vers une démarche centrée sur le client aura des répercussions importantes pour tous les intervenants de l'industrie. Elle imposera de nouvelles exigences sur le système de santé et suscitera de nouveaux défis", souligne Jean-Luc Ostiguy, associé délégué chez Deloitte et leader au Québec du secteur de Santé et services sociaux. "Pourtant, elle offre aussi aux intervenants de l'industrie des soins de santé la possibilité d'expérimenter, d'innover et de s'adapter de manière à aider les Canadiens à améliorer leur santé et leur mieux-être."

Ces résultats proviennent du Rapport d'enquête 2009 sur les soins de santé des consommateurs canadiens de Deloitte, à la suite du sondage effectué auprès de 2 304 adultes (dont 384 au Québec) pour mieux comprendre les points de vue des Canadiens en tant que consommateurs de soins de santé. L'enquête a été menée auprès de consommateurs des dix provinces. Grâce à un examen exhaustif des comportements, des motivations, des attitudes et des besoins non satisfaits liés à la santé et aux soins de santé, cette étude mesure les conséquences de la croissance du consommateurisme en matière de santé pour les intervenants et les décideurs. Bien que la plupart des Canadiens basent leurs croyances en fonction de leurs expériences personnelles plutôt qu'à travers une opinion éclairée du système, cette enquête prend en compte leurs expériences au sein du système, dont les interactions avec les médecins, les hôpitaux, l'accès aux médicaments sur ordonnance, les compagnies d'assurances et le gouvernement.

"Ce n'est pas que le système des soins de santé du Canada présente des lacunes exceptionnelles, mais plutôt que les besoins des Québécois et Canadiens continuent d'évoluer et le système actuel n'arrive pas à suivre le rythme et à satisfaire leurs attentes", explique M. Ostiguy.

Afin de saisir toute la portée des besoins des consommateurs, l'enquête portait sur six volets importants des activités liées aux soins de santé des consommateurs, soit la politique en matière de santé, l'assurance-maladie, les services de santé traditionnels, les ressources d'information, les services de santé alternatifs et le mieux-être et la vie saine. Les résultats clés ainsi obtenus sont les suivants:

- Les Canadiens ne se sont pas prêts financièrement à assumer les coûts des soins de santé futurs. Même si 75 % de ces derniers disent détenir une assurance maladie privée (principalement par l'entremise de leur employeur), seuls 25 % jugent être couverts adéquatement par leurs régimes d'assurance public et privé et 39 % s'estiment bien préparés pour faire face aux coûts des soins de santé futurs.

- Une majorité de Canadiens est favorable à une expansion des soins privés, si le système public n'en souffre pas et si cela favorise une réduction des temps d'attente. Plus de 56 % des répondants affirment appuyer une hausse des services de soins privés pourvu que le système de santé public n'en souffre pas, et 50 % des Canadiens sont pour un accroissement des services des soins privés si cela peut entraîner une réduction globale des temps d'attente dans le système public.

- L'amélioration de la réponse aux pandémies est au coeur des priorités du système de santé pour les Canadiens. Les principales priorités des Canadiens quant à la distribution des fonds en matière de santé par le gouvernement vont comme suit : 85 % sont pour l'expansion des programmes d'enseignement des médecins, 68 % pour l'élargissement des services de soins communautaires, 61 % pour une amélioration de la surveillance de la santé publique et de l'intervention en cas d'épidémie ou de pandémie, et 59 % pour la mise en place de dossiers de santé électroniques par les gouvernements. De plus, l'appui des Canadiens envers les politiciens repose sur l'engagement de ces derniers à accroître l'accès aux services, aux médecins et aux médicaments (69 %), sur une meilleure qualité des soins (68 %) et sur une réduction des dépenses en santé (51 %).

- Les Canadiens sont moins satisfaits de leurs soins hospitaliers que les Américains. Les Canadiens sont moins satisfaits de leurs récentes expériences en milieux hospitaliers que les Américains (62 % des Canadiens par rapport à 74 % des Américains se sont dits satisfaits). De plus, les facteurs les plus importants du choix du dernier hôpital visité étaient la proximité du domicile pour les Canadiens et la couverture d'assurance pour les Américains.

- Les Canadiens veulent avoir davantage le contrôle des renseignements concernant leur propre santé. Près de 61 % des Canadiens souhaitent que leurs médecins, leurs hôpitaux et le gouvernement leur fournissent une fiche de santé individuelle (FSI) ou un dossier médical en ligne, et 66 % aimeraient pouvoir accéder à la FSI d'un membre de leur famille.

- La prestation de soins par les aidants naturels a des incidences financières importantes et est en hausse. Vingt-huit pour cent des Canadiens prodiguent de l'aide en soins de santé à un membre de leur famille, à un ami ou à d'autres, et 38 % de ces aidants naturels ont prodigué des soins constants pendant plus de deux années (ces données ne feront qu'augmenter à mesure que la population vieillit). De ce nombre, 20 % déclarent éprouver plus de difficultés à gagner un revenu.

- Les Canadiens élargissent leurs critères de choix d'un médecin. Vingt-cinq pour cent des répondants préfèrent un médecin affilié à un hôpital, 25 % un médecin qui pratique au sein d'une équipe interprofessionnelle et 25 % des médecins qui agissent comme accompagnateur de santé en les aidant à prendre leurs propres décisions. Cependant, 33 % des Canadiens préfèrent encore des médecins qui agissent en tant qu'autorité médicale et qui utilisent leur expertise pour recommander la meilleure solution possible en matière de soins de santé.

- Hausse de la demande pour des outils et des services en ligne. Cinquante et un pour cent des Canadiens voudraient avoir accès à un site Internet sécurisé qui leur permettrait de planifier des visites au cabinet, d'accéder aux dossiers médicaux, de visualiser des résultats de tests, de renouveler des ordonnances, de trouver des renseignements à propos de choix de traitement et de vérifier l'état de factures et de paiements. Dans le même ordre d'idée, 49 % des répondants souhaitent pouvoir communiquer avec leur médecin par courriel afin d'échanger de l'information sur leur santé et d'obtenir des réponses à leurs questions, et 40 % seraient intéressés à pouvoir utiliser une ligne info santé pour obtenir des conseils sur leurs problèmes de santé - tel que déjà implantée au Québec avec la Ligne Info-Santé - ou un avis sur le moment propice pour se rendre à l'urgence ou chez le médecin.

Des différences à l'échelle régionale au Québec, en Saskatchewan et en Colombie-Britannique

Les Canadiens sont en accord avec les questions présentées dans l'enquête. Certaines différences sont toutefois ressorties sur certains volets : du côté des soins de santé privés, plus de consommateurs du Québec (19 %) ont fait appel à ce genre de service au cours des 12 derniers mois que la moyenne canadienne (6 %). Pour le volet plus traditionnel de la santé, un plus petit nombre de résidants de la Saskatchewan (28 %) que de Canadiens en moyenne (42 %) jugent que la qualité varie énormément d'un hôpital à l'autre. Du côté de l'intégration des services de santé parallèles, 20 % des résidents de la Colombie-Britannique préfèrent des médecins qui intègrent une approche holistique à leur pratique, en comparaison à la moyenne canadienne de 14 %.

Satisfaire les demandes des consommateurs nécessitera des soins privés, une réforme des politiques et de nouveaux services

Les résultats et les conclusions de cette enquête démontrent que les attentes des consommateurs de soins de santé augmenteront au cours des prochaines années, entraînant plusieurs incidences d'importance pour les intervenants du système, soit les gouvernements, les hôpitaux, les médecins et les autres intervenants en matière de santé. Cette notion de soins axés sur le patient exige que les intervenants offrent un plus grand nombre de choix personnalisés, ce qui créera en parallèle un besoin en matière de stratégies convergentes comme suit:

- Faire preuve de prudence avec les choix de soins privés. Les consommateurs sont prêts à faire face à des coûts accrus pour des services spécialisés ou des soins privés améliorés si on maintient le système de santé public en place. Cela signifie que les efforts pour réformer le système de santé en vue d'élargir les choix de soins privés doivent continuer, mais sans équivoque. On se doit de procéder de manière à garantir l'intégrité du système de santé public.

- Mettre l'accent sur l'amélioration de l'accès aux médecins et aux services communautaires. Une réforme des politiques nationales et fédérales axée sur un meilleur accès aux médecins et aux services communautaires suscitera d'excellentes réactions chez les consommateurs.

- Mettre en place des outils en ligne, des dossiers médicaux personnels et assurer l'accès des consommateurs à leurs médecins. Les intervenants doivent consolider les relations entre les patients et leurs fournisseurs de soins en améliorant l'accès à des outils Internet personnalisables et poursuivre leurs efforts de manière à produire des fiches de santé personnalisées dans un modèle de coûts durable.

- Cibler des améliorations sur le plan de la qualité, de la sécurité et du côté pratique. Cet élément est essentiel puisque les consommateurs établissent de plus en plus une distinction en fonction de la qualité, du service, de la satisfaction et de la proposition de valeur pour leur cas précis, et qu'il y a augmentation de la documentation publique et de l'exploration des services privés ou hors frontière.

Des changements fondamentaux au système de soins de santé du Canada se dessinent

Le consommateurisme en santé n'est pas une lubie, c'est une tendance. Il continue de croître et, ce faisant, sont en train de devenir un important moteur économique qui changera fondamentalement le système de soins de santé au Canada. De nouveaux défis et de nouvelles possibilités surgissent déjà alors que les intervenants de l'industrie commencent à peine à prendre conscience des demandes que le consommateurisme imposera sur le système. C'est uniquement par un changement d'ordre général que les avantages possibles pourront être obtenus. Heureusement, ce type de changement s'inscrit très bien dans le cadre des compétences des intervenants du système de santé du Canada. Il ouvre la voie à des transformations prometteuses qui ne peuvent qu'aider à améliorer la santé individuelle et celle du système.

A propos du sondage

Le Rapport d'enquête 2009 sur les soins de santé des consommateurs canadiens se fonde sur le sondage national réalisé auprès de 2 304 adultes canadiens (âgés de 18 ans et plus) en novembre 2008, dont 384 au Québec. Il représente le sondage le plus récent et le plus complet de cette nature. Les répondants ont rempli un questionnaire qui comportait 74 questions, dont 46 qui menaient à un suivi éventuel. Les consommateurs des dix provinces ont été sondés, toutefois les territoires ne faisaient pas partie de l'étude. Cette enquête a été menée par le Centre Deloitte pour solutions en matière de santé dans le cadre d'une série mondiale sur le consommateurisme de santé auprès de consommateurs au Canada, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en France, en Allemagne et en Suisse. Pour télécharger un exemplaire de ce sondage, visitez le site www.deloitte.com/ca/patients-consommateurs

A propos du Deloitte Center for Health Solutions

Le Deloitte Center for Health Solutions (le Centre) a pour mandat de mener des recherches approfondies sur certains des plus grands enjeux du secteur de la santé qui se dessinent pour les gouvernements et les fournisseurs de soins dans le monde, et de concevoir des solutions à ces enjeux. Le Centre se consacre également à l'élaboration de solutions communes pour remédier à des problèmes courants dans le secteur des soins de la santé. De concert avec ses partenaires et ses parties prenantes, le Centre formule des idées et des programmes novateurs afin de rendre les soins de santé plus efficients, plus abordables et plus accessibles. Pour de plus amples renseignements, visitez le site du Centre à www.deloitte.com/centerforhealthsolutions.

A propos de Deloitte

Deloitte, l'un des cabinets de services professionnels les plus importants au Canada, offre des services dans les domaines de la certification, de la fiscalité, de la consultation et des conseils financiers grâce à un effectif de plus de 7 700 personnes réparties dans 57 bureaux. Au Québec, Deloitte exerce ses activités sous l'appellation Samson Bélair/Deloitte & Touche s.e.n.c.r.l. Deloitte et Touche s.r.l., société à responsabilité limitée constituée en vertu des lois de l'Ontario, est le cabinet membre canadien de Deloitte Touche Tohmatsu.

La marque Deloitte désigne une ou plusieurs entités de Deloitte Touche Tohmatsu, une Verein (association) suisse, ainsi que son réseau de cabinets membres dont chacun constitue une entité juridique distincte et indépendante. Pour obtenir une description détaillée de la structure juridique de Deloitte Touche Tohmatsu et de ses cabinets membres, voir www.deloitte.com/about.

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