Arnold August

16 juil. 2009 13h49 HE

E.U. : Les 5 Cubains et droit de visite pour Adriana Pérez

MONTREAL, QUEBEC--(Marketwire - 16 juillet 2009) - Hier, nous avons été informés que le département d'Etat étasunien a de nouveau refusé un visa pour Adriana Pérez pour rendre visite à son mari, Gerardo Hernández. Il est l'un des cinq Cubains, lui-même injustement condamnés à deux peines d'emprisonnement à perpétuité plus quinze ans. Gerardo, comme les quatre autres Cubains, est incarcéré dans une prison étasunienne depuis près de onze ans dans les conditions les plus difficiles. Leur seul "crime" a été d'infiltrer de façon pacifique des organisations terroristes anti-cubaines du sud de la Floride pour dénoncer aux autorités étasuniennes les activités terroristes de ces groupes dans le but unique de mettre fin à des attaques contre le peuple cubain. Leur arrestation arbitraire et leur procès ont été condamnés par tous ceux qui sont épris de justice dans le monde, de tous les horizons, à mesure que les faits leur ont été révélés. Effectivement, ce cas a été déclaré frauduleux et constituant une parodie de la justice, non seulement selon la législation des Etats-Unis, mais également des normes internationales. Le refus d'autoriser un droit de visite tout ce temps pour Adriana constitue une violation des normes internationales et celles des Etats-Unis, qui interdisent un double châtiment, tel que ce refus répété cruel, inutile, inhumain et injustifié d'accorder un visa à Adriana qui n'a pas vu son mari depuis qu'il a été arrêté il y a près de 11 ans. Son droit de visite lui a toujours été refusé par le département d'Etat sous le prétexte qu'elle est une "menace pour la stabilité et la sécurité des Etats-Unis!" Il s'agit de la même excuse utilisée par le département d'Etat, autant sous l'administration Bush que celle d'Obama.

Il s'agit d'une affaire politique. Les cinq Cubains sont des prisonniers politiques. Si la transparence et l'ouverture étaient préconisées dans cette affaire, pourquoi la décision de la Cour suprême du 15 juin, de refuser la révision de l'affaire (malgré le nombre record de pétitions des amis de la Cour), n'a pas été rendue publique ainsi que la raison de ce refus dévoilée aux yeux du monde ? De la même manière, pourquoi ce refus du département d'Etat de dire la vérité concernant le visa non consenti à Adriana, au lieu de se cacher derrière la rhétorique de l'ère Bush, en invoquant une "menace pour la sécurité et la stabilité"?

Le président Obama a fait beaucoup de capital politique avec le slogan du "changement". Hillary Clinton, entre autres caractéristiques, a récemment fait sa marque en tant que candidate, et espérait ainsi devenir la première femme présidente des Etats-Unis. Comment peut-elle, en tant que femme, s'attribuer un rôle déterminant dans un châtiment aussi cruel envers Adriana et Gerardo? Le cas des cinq Cubains, comme pour d'autres situations actuelles au niveau national et international, sont autant de tests décisifs pour établir la véritable nature de l'administration Obama.

La chute de la hauteur de la "popularité" qui planait sur les vents du changement peut être facilement convertie en une magnifique chute aussi rapide que son ascension à la célébrité en tant que l'apôtre du changement.

La balle est maintenant dans le camp de l'administration Obama. Changement ou statu quo? Il doit immédiatement libérer les cinq Cubains, puisque la Constitution américaine l'y autorise en son titre de Président. Hillary Clinton, avec l'aide et la compréhension éventuelles de la Première Dame Michelle Obama, doit accorder un visa à Adriana. Ce serait une façon de prouver au monde que le changement était effectivement un objectif réel.

- Arnold August, de Montréal, est un auteur, journaliste et conférencier spécialisé en démocratie cubaine. Il est membre du Comité International pour la Liberté des Cinq et du Comité Fabio Di Celmo pour les 5 de la Table de concertation de solidarité Québec-Cuba.

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