Institut Fraser

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21 sept. 2009 06h30 HE

Institut Fraser : La Suisse et les Pays-Bas offrent un modèle pour réformer le système de santé canadien et assurer sa pérennité

TORONTO, ONTARIO--(Marketwire - 21 sept. 2009) - Le coût du système de santé monte en flèche et les patients canadiens devront continuer de subir de longs temps d'attente et un accès limité aux nouveaux médicaments et aux nouvelles technologies médicales, à moins que les gouvernements libéralisent le système de santé et adoptent des réformes similaires à celles de la Suisse et des Pays-Bas. C'est la conclusion d'un nouveau livre publié aujourd'hui par l'Institut Fraser, le chef de file des laboratoires de recherche économique au Canada.

"Le système de santé canadien est un cas typique d'échec gouvernemental en matière d'assurance maladie et de services médicaux. Tous les indicateurs disponibles montrent que les Canadiens paient davantage, mais obtiennent moins de leur régime public d'assurance maladie," a affirmé Brett Skinner, directeur de la recherche en politiques sur la santé et les produits pharmaceutiques à l'Institut Fraser et auteur du livre Canadian Health Policy Failures: What's wrong? Who gets hurt? Why nothing changes.

L'ouvrage, qui a fait l'objet d'une révision par des pairs, brosse un portrait troublant d'un pays dont les dépenses publiques en santé ont continuellement augmenté à un rythme insoutenable, alors que le régime d'assurance maladie n'a pas réussi à fournir les normes d'accessibilité et de qualité des services médicaux que l'on retrouve ailleurs dans le monde.

"Aucun autre pays développé dans le monde n'a adopté l'approche canadienne envers les soins de santé, en vertu de laquelle les gouvernements interdisent en pratique le financement privé des services des hôpitaux et des médecins et empêchent la prestation concurrentielle des services financés avec des fonds publics," selon M. Skinner.

"La plupart des autres pays développés ont choisi un système de santé pluraliste qui comprend un mélange de participation des secteurs public et privé dans l'assurance maladie et la prestation de services médicaux."

Dans son livre, M. Skinner explique que le Canada tend à être parmi les derniers de classe des 30 pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en ce qui a trait à la disponibilité des ressources médicales, y compris pour le nombre de médecins, les technologies diagnostiques et les nouveaux médicaments, malgré le fait que son système de santé soit l'un des plus coûteux.

Il expose les coûts cachés importants du système de santé canadien, qui prennent les formes suivantes :

- D'importants passifs non capitalisés et une crise de viabilité financière qui menace les gouvernements en raison de la croissance non maîtrisée des dépenses publiques en santé;

- Un grand nombre de gens n'ont pas accès de manière efficace aux soins de santé assurés par le régime public et médicalement requis;

- Des pénuries de ressources médicales, particulièrement pour les technologies de pointe et les traitements les plus avancés;

- Un accès substantiellement retardé aux biens et services médicalement requis et une disponibilité relative moindre de ceux-ci;

- Des restrictions imposées par le gouvernement au revenu et à l'offre des professionnels de la santé; et

- De graves contre-incitations à l'innovation médicale.

Malgré ces tendances alarmantes, les décideurs politiques canadiens ont résisté à l'adoption de solutions de politiques libérales sur le plan économique qui sont communément utilisées par les systèmes de santé d'autres pays.

"D'autres pays qui partagent les objectifs sociaux fondamentaux du Canada en matière de soins de santé ont des meilleurs systèmes que le nôtre," a déclaré M. Skinner. "En ce qui concerne l'accessibilité réelle des biens et services médicaux, le système canadien n'est pas plus efficace que le système américain pour ce qui est d'offrir une couverture d'assurance maladie universelle. Avoir accès à une liste d'attente n'est pas la même chose qu'avoir accès à des soins médicaux."

M. Skinner fait porter le blâme pour le refus de considérer la possibilité d'adopter de véritables réformes à un manque de volonté politique, à des incitations internes au système qui encouragent les groupes d'intérêts particuliers à s'opposer aux réformes et à un manque d'information objective quant aux options de santé en vigueur à l'étranger, particulièrement hors de l'Amérique du Nord.

"Les décideurs courent moins de risques sur le plan politique en haussant les impôts pour financer les soins de santé qu'en mettant en place des mécanismes de prix qui sont payés par tous. De plus, des groupes d'intérêts dans le milieu de la santé profitent économiquement de l'intervention de l'Etat dans les soins de santé. Par conséquent, ils appuient des politiques publiques interventionnistes et s'opposent à la libéralisation."

M. Skinner conclut que les gouvernements devraient mettre en place une exigence universelle afin que les Canadiens se procurent une assurance maladie offerte par le secteur privé, tout en offrant des subventions publiques pour garantir que les personnes à faible revenu puissent assumer le coût d'une telle couverture médicale.

"Un marché privé et concurrentiel pour l'assurance maladie et les services médicaux, combiné à un rôle de réglementation et d'assistance financière pour l'Etat, garantirait que chacun a accès aux soins médicalement requis, tout en conférant aux Canadiens les avantages découlant du choix qu'offre le statut de consommateur et de la concurrence parmi les assureurs et les prestataires de services."

"Cette approche est semblable dans ses principes aux régimes d'assurance maladie de la Suisse et des Pays-Bas. Elle maximiserait les choix offerts aux consommateurs tout en procurant des avantages économiques sur le plan des prix et de la concurrence."

Le livre Canadian Health Policy Failures: What's wrong? Who gets hurt? Why nothing changes peut être téléchargé gratuitement en format PDF ou acheté en version imprimée au www.institutfraser.org.

L'Institut Fraser est un organisme de recherche indépendant avec des bureaux dans toute l'Amérique du Nord et des partenaires dans plus de 70 pays. Son objectif est d'effectuer et de diffuser des recherches à propos de l'impact des marchés concurrentiels et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des individus. Afin de protéger son indépendance, il n'accepte pas de subventions de la part de gouvernements, ni de contrats de recherche. Consultez le site Web www.institutfraser.org.

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