Institut Fraser

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01 déc. 2008 06h00 HE

Institut Fraser: Le Canada doit suivre l'exemple de l'Europe et accroître la participation du secteur privé dans le système de soins de santé

VANCOUVER, COLOMBIE-BRITANNIQUE--(Marketwire - 1 déc. 2008) - Le refus du Canada de considérer un accroissement de la participation du secteur privé et de la concurrence dans le domaine des soins de santé a laissé le pays aux prises avec un système qui souffre de longues listes d'attente et de technologies médicales vieillissantes et ce, malgré le fait qu'il soit l'un des systèmes les plus coûteux parmi les pays industrialisés, selon une nouvelle étude publiée aujourd'hui par l'Institut Fraser, un organisme de recherche indépendant.

"Le Canada doit réorganiser son système de soins de santé pour être en mesure de respecter sa promesse d'une approche empreinte de compassion dans le domaine de la santé," a affirmé Nadeem Esmail, directeur des études sur la performance des systèmes de santé à l'Institut Fraser et coauteur de l'étude How Good is Canadian Health Care? 2008 Report.

"Une participation supplémentaire du secteur privé ne signifie pas l'adoption d'un système de santé à l'américaine, mais plutôt une évolution vers l'adoption d'un système plus semblable à celui de plusieurs pays européens qui obtiennent de meilleurs résultats."

L'étude How Good is Canadian Health Care?, qui a été révisée par des pairs, compare le Canada à d'autres pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui garantissent l'accès à l'assurance maladie sans égard à la capacité de payer. Douze indicateurs de l'accès aux soins de santé et des résultats du système sont examinés, y compris l'accès à des médecins, l'accès à de l'équipement médical de haute technologie et les résultats dans des domaines clés. Les Etats-Unis et le Mexique ne sont pas inclus dans l'étude parce qu'ils n'ont pas de régime universel. L'intégralité de l'étude peut être consultée sur le site web www.institutfraser.org.

M. Esmail souligne que le Canada dépense davantage en santé, si on ajuste les montants en fonction de l'âge de la population, que tout autre pays industrialisé avec un régime universel sauf l'Islande et la Suisse, pourtant le Canada se classe parmi les derniers sur le plan de l'accès à des médecins et à de nouvelles technologies médicales.

"Le Canada est le seul pays de l'OCDE qui interdit le financement privé des soins de santé de base. De plus, près de 85 % des autres pays de l'OCDE imposent des frais aux usagers pour recevoir des services de santé comme des visites de médecins à domicile et des soins hospitaliers," a déclaré M. Esmail.

"Tous les pays ayant les systèmes les plus efficaces de l'OCDE ont une forme de frais aux usagers et de prestation privée des soins de santé. Les faits montrent clairement que ces systèmes mènent à de meilleurs résultats pour les citoyens. Pourquoi donc les Canadiens sont-ils réticents à examiner ces modèles?"

Frais aux usagers et fournisseurs privés

L'étude de M. Esmail arrive à la conclusion que les coûts des soins de santé peuvent être réduits considérablement si les patients sont appelés à contribuer financièrement au paiement d'une partie de ces soins par l'entremise d'une forme quelconque de frais aux usagers. Plus des trois quarts des pays de l'OCDE ayant un régime universel (catégorie qui comprend le Canada) imposent des frais aux usagers pour recevoir des soins d'hôpitaux, de médecins généralistes ou de spécialistes - fréquemment dans les trois cas. Les citoyens à faible revenu sont souvent exemptés du paiement de ces frais.

Et bien que plusieurs pays de l'OCDE comptent principalement sur des hôpitaux publics pour offrir des services d'assurance maladie, plus de la moitié de ces pays autorise également à des fournisseurs privés d'offrir des soins financés publiquement.

Comparer les résultats en santé

L'étude montre que le Canada, même s'il dépense davantage en santé (si on ajuste les dépenses en fonction de l'âge de la population) que tout autre pays industrialisé sauf l'Islande et la Suisse, se classe 17e pour la proportion de l'espérance de vie totale pendant laquelle les individus peuvent s'attendre à vivre en pleine santé, 24e pour la mortalité infantile, 17e pour la mortalité périnatale, 6e pour la mortalité évitable liée au système de soins, 10e pour le nombre potentiel d'années de vie perdues à cause de la maladie, 10e pour l'incidence de la mortalité due au cancer du sein et 2e pour l'incidence de la mortalité due au cancer colorectal.

Ce qui est le plus frappant dans cette comparaison internationale des résultats des systèmes de soins de santé est que tous les pays où le nombre d'années de vie perdues à cause de la maladie et où la mortalité évitable liée au système de soins sont moindres qu'au Canada ont aussi des solutions de rechange privées au système de santé public et tous sauf un imposent des frais aux usagers pour recevoir des soins.

Le nombre de médecins

Sur une base comparable (ajustée en fonction de l'âge de la population), le Canada a peu de médecins par rapport aux pays de l'OCDE : il est à égalité avec la Corée du Sud, la Pologne et le Royaume-Uni au 23e rang sur 28 pays avec 2,3 médecins par 1000 habitants, pour un total de 69 108 médecins au pays. Pour se classer aussi bien que l'Islande par exemple, qui est en première place, le Canada aurait besoin de 65 817 médecins de plus que ce qu'il avait en 2005. Il faut noter que le Canada avait le deuxième taux le plus élevé de médecins par rapport à la population parmi 20 pays de l'OCDE pour lesquels des données étaient disponibles en 1970.

Accès à la technologie

En ce qui concerne l'accès à des appareils de haute technologie (toujours ajusté en fonction de l'âge de la population), le Canada obtient des résultats lamentables par rapport aux autres pays de l'OCDE : 14e sur 25 pour l'accès à l'imagerie par résonance magnétique, 19e sur 26 pour l'accès à des tomodensitomètres, 8e sur 21 pour l'accès à des mammographes et à égalité avec la Nouvelle-Zélande au 19e rang sur 21 pour l'accès à des lithotripteurs. Un accès insuffisant à des appareils signifie aussi de plus longues périodes d'attente pour établir un diagnostic. Cela reflète une plus longue attente pour consulter des spécialistes et recevoir un traitement, comme le révèle cette étude comparative.

"Les groupes qui s'opposent à des réformes de la santé au pays propagent souvent la crainte que le Canada se retrouve avec un système de santé à l'américaine. Ces groupes sont en retard sur leur époque. Ils ne semblent pas se rendre compte que partout en Europe, en Asie et ailleurs dans le monde développé, les pays ont mis sur pied des systèmes de santé efficaces en mélangeant des soins de santé publics et privés," a affirmé M. Esmail.

"Il est temps pour le Canada d'en faire autant."

L'Institut Fraser est un organisme de recherche indépendant avec des bureaux dans toute l'Amérique du Nord et des partenaires dans plus de 70 pays. Son objectif est d'effectuer et de diffuser des recherches à propos de l'impact des marchés concurrentiels et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des individus. Afin de protéger son indépendance, il n'accepte pas de subventions de la part de gouvernements, ni de contrats de recherche. Consultez le site Web www.institutfraser.org

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