Institut Fraser

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03 sept. 2009 06h00 HE

Institut Fraser: Le marché du travail québécois se classe avant-dernier à l'échelle canadienne

La province doit revoir certaines de ses politiques telles que son salaire minimum élevé, son secteur public imposant et sa législation du travail déséquilibrée

VANCOUVER, COLOMBIE-BRITANNIQUE--(Marketwire - 3 sept. 2009) - Le Québec se classe à l'avant-dernière place à l'échelle canadienne sur le plan des résultats de son marché du travail, qui sont parmi les pires en Amérique du Nord pour la période allant de 2004 à 2008 (les plus récentes années pour lesquelles des données sont disponibles). C'est la conclusion d'une nouvelle étude publiée aujourd'hui par l'Institut Fraser, un organisme de recherche indépendant.

"Pendant la période étudiée, le Québec affichait l'un des taux de chômage les plus élevés en Amérique du Nord, les travailleurs devant subir de longues périodes de chômage, et il se classe parmi les derniers en matière de productivité du travail," selon Niels Veldhuis, coauteur de l'étude et économiste senior à l'Institut Fraser.

Parmi les provinces canadiennes, seul le classement de Terre-Neuve-et-Labrador est moins élevé que celui du Québec.

Cette étude, intitulée Measuring Labour Markets in Canada and the United States: 2009 Edition, évalue les résultats des différents marchés du travail et examine les caractéristiques qui ont un effet sur leurs résultats. L'étude comprend une mesure globale des résultats du marché du travail fondée sur cinq indicateurs, à savoir la croissance totale de l'emploi, la croissance de l'emploi dans le secteur privé, le taux de chômage, la durée des périodes de chômage et la productivité du travail sur une période s'étalant de 2004 à 2008. L'étude intégrale peut être consultée au www.institutfraser.org.

La période étudiée en est une pendant laquelle une grande partie de l'Amérique du Nord a vécu une forte croissance économique, mais M. Veldhuis note que les données sur l'emploi et le chômage des douze derniers mois montrent une détérioration des résultats du marché du travail dans la plupart des provinces et des Etats américains. Cependant, il souligne que même dans un contexte de déclin économique, les provinces et Etats les mieux classés continuent d'obtenir de meilleurs résultats que les endroits qui se trouvent plus bas dans le classement.

"Les provinces qui ont obtenu de bons résultats dans les cinq dernières années ont, en moyenne, aussi bien fait dans les douze derniers mois. Par exemple, on observe généralement parmi les 30 provinces et Etats les mieux classés dans l'étude une croissance de l'emploi bien plus élevée et un taux de chômage plus bas que dans les endroits se trouvant dans la moitié la plus basse du classement," d'après M. Veldhuis.

"Toutefois, des données à jour sont seulement disponibles pour deux indicateurs : la croissance de l'emploi et le chômage. Une évaluation globale des conséquences de la récession sur les différents marchés du travail ne pourra se faire que quand toutes les données seront disponibles."

Globalement, le marché du travail de l'Alberta est celui qui a obtenu les meilleurs résultats de toute l'Amérique du Nord de 2004 à 2008, alors que la Saskatchewan se classe deuxième parmi les provinces canadiennes et huitième en Amérique du Nord.

La Colombie-Britannique, quant à elle, se classe troisième au Canada et neuvième parmi l'ensemble des 10 provinces canadiennes et des 50 Etats américains. L'Ontario se classe 35e en Amérique du Nord.

"Le gouvernement du Québec devrait être préoccupé par l'écart entre les résultats de cette province et ceux des autres provinces et des Etats américains," selon M. Veldhuis.

"Le taux de chômage du Québec s'établissait à près du double de celui de l'Alberta et de la Saskatchewan, et son taux de croissance totale de l'emploi se situait environ à la moitié de celui de l'Alberta et de la Colombie-Britannique."

L'étude examine également quatre aspects du marché du travail qui ont un effet direct sur ses résultats : la syndicalisation, la proportion des emplois dans le secteur public, le salaire minimum et la législation du travail.

"Malheureusement, le Québec possède des caractéristiques et une réglementation du marché du travail défavorables qui mènent à des résultats médiocres. Cette situation se traduit par un nombre d'emplois plus faible, un taux de chômage plus élevé et une productivité réduite," a affirmé M. Veldhuis.

"Le Québec doit revoir certaines de ses politiques comme celle d'augmenter le salaire minimum, d'établir des règles déséquilibrées qui favorisent la syndicalisation et de maintenir une forte proportion de ses emplois dans le secteur public."

Le Québec possède l'un des salaires minimums les plus élevés en Amérique du Nord, se classant en 59e place sur 60. Il a pourtant été démontré qu'un salaire minimum élevé a tendance à réduire le taux d'emploi ainsi que la formation en milieu de travail, surtout chez les jeunes qui tentent d'intégrer le marché du travail.

"Le Québec a augmenté son salaire minimum en 2009, ce qui aura des effets pervers sur l'emploi alors que le pays semble être sur le point de sortir de la récession."

Le Québec arrive aussi bon dernier en Amérique du Nord en raison de son taux élevé de syndicalisation (39,9 % de sa main-d'oeuvre).

Une raison expliquant ce taux de syndicalisation élevé est la législation du travail québécoise qui est favorable aux syndicats. Or, des recherches démontrent que les lois qui régissent les rapports entre employeurs et employés nuisent aux résultats du marché du travail lorsqu'elles favorisent un groupe au détriment d'un autre ou qu'elles sont trop rigides. Sur ce point, le Québec est de nouveau arrivé dernier en Amérique du Nord à cause de sa législation du travail trop rigide.

"Le Québec devrait considérer la possibilité de modifier les caractéristiques et la réglementation de son marché du travail afin de favoriser la croissance économique et de stimuler le dynamisme de son marché du travail, d'autant plus que nous sommes en période de récession," conclut M. Veldhuis.

L'Institut Fraser est un organisme de recherche indépendant avec des bureaux dans toute l'Amérique du Nord et des partenaires dans plus de 70 pays. Son objectif est d'effectuer et de diffuser des recherches à propos de l'impact des marchés concurrentiels et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des individus. Afin de protéger son indépendance, il n'accepte pas de subventions de la part de gouvernements, ni de contrats de recherche. Consultez le site Web www.institutfraser.org.

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