Institut Fraser

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19 nov. 2007 06h00 HE

Institut Fraser: Le temps d'attente des Québécois pour les traitements psychiatriques en 2007 est le plus court au Canada mais excède encore ce qui est acceptable du point de vue médical

MONTREAL, QUEBEC--(Marketwire - 19 nov. 2007) - D'après une recherche complémentaire sur les temps d'attente dans les systèmes de soins de santé effectuée par un organisme indépendant de recherche, l'Institut Fraser, les Canadiens qui ont besoin de traitements psychiatriques font face à une attente aussi longue que les patients qui attendent des traitements chirurgicaux en 2007.

Le temps d'attente à l'échelle national pour les Canadiens qui ont besoin de traitement psychiatrique s'est prolongé à 18,5 semaines en 2007 en comparaison à 18,3 semaines pour les traitements chirurgicaux, lesquels était déjà considérés comme des temps d'attente très élevés. Les temps d'attente les plus courts ont été enregistrés au Québec (15,9 semaines), en Ontario (16,7 semaines) et en Colombie-Britannique (20,2 semaines). Les temps d'attente les plus longs ont été enregistrés en Nouvelle-Ecosse (39,2 semaines), sur l'Ile-du-Prince-Edouard (38,7 semaines), et en Alberta (26,7 semaines). Le temps d'attente total sur l'ensemble du Canada pour les traitements psychiatriques a augmenté à 18,5 semaines en 2007 en comparaison à 17,5 semaines en 2006.

"Nous avons trouvé que les temps d'attente pour les traitements psychiatriques sont tout aussi longs que ceux pour les traitements chirurgicaux; néanmoins, la situation de ces patients est souvent négligée dans les discussions concernant le rationnement des soins de santé au Canada," a déclaré Nadeem Esmail, directeur, Etudes sur la performance des systèmes de santé à l'Institut Fraser, et co-auteur de la 17e édition du rapport "Waiting Your Turn: Hospital Waiting Lists in Canada".

Le rapport relatif aux temps d'attente pour les traitements psychiatriques est inclus en annexe dans le rapport Waiting Your Turn: Hospital Waiting Lists in Canada, étude annuelle de l'Institut sur les temps d'attente dans les hôpitaux.

L'étude mesure le temps d'attente médian qu'un patient doit attendre avant de commencer un programme de traitement après avoir été référé par un médecin généraliste à un spécialiste en psychiatrie. Le lecteur peut consulter l'ensemble du rapport ainsi que les tableaux des temps d'attente dans toutes les provinces sur le site Web de l'Institut à l'adresse: www.fraserinstitute.org.

En tenant compte des temps d'attente divisés dans ces deux catégories, on peut voir une variation entre les provinces. Le temps d'attente pour voir un psychiatre dans des délais urgent était de deux semaines au Canada, variant d'une semaine en Nouvelle-Ecosse et sur l'Ile-du-Prince-Edouard, à trois semaines en Saskatchewan et en Nouvelle-Ecosse.

Le temps d'attente pour l'aiguillage vers d'autres services sur une base élective pour l'ensemble du Canada était de l'ordre de huit semaines. Le temps d'attente le plus long pour des interventions non urgentes était en Nouvelle-Ecosse (19 semaines), suivi par la Saskatchewan (13 semaines), et le Nouveau-Brunswick et l'Alberta (11 semaines). Le temps d'attente le plus court pour une intervention non urgente était au Manitoba, en Ontario et au Québec (sept semaines), suivi par la Nouvelle-Ecosse et l'Ile-du-Prince-Edouard (huit semaines) et la Colombie-Britannique (10 semaines).

En ce qui concerne les temps d'attente pour certains traitements psychiatriques après un rendez-vous avec un spécialiste, les temps d'attente les plus longs ont été enregistrés sur l'Ile-du-Prince-Edouard (30,7 semaines), la Nouvelle-Ecosse (20,2 semaines) et l'Alberta (15,7 semaines), tandis que les temps d'attente les plus courts ont été enregistrés au Québec (8,9 semaines), en Ontario (9,7 semaines) et en Colombie-Britannique (10,2 semaines). Le temps d'attente sur l'ensemble du Canada était de 10,5 semaines.

Parmi les traitements spécifiques étudiés, les patients ont attendu plus longtemps pour entrer dans une programme d'habitation (18,8 semaines) ou dans un programme pour les problèmes liés à l'insomnie (16,6 semaines), tandis que les temps d'attente pour la pharmacothérapie étaient plus courts (3,9 semaines), et l'admission à un programme d'une journée (7 semaines).

En complément de cette étude, il était également demandé aux médecins de fournir les temps d'attente en clinique pour des traitements psychiatriques variés. Généralement, ils ont indiqué des temps d'attente considérablement plus courts que ceux que les patients attendent en réalité. Dans 96 pour cent des cas, le temps d'attente actuel pour les traitements est plus long que le temps d'attente moyen raisonnable en clinique. A l'échelle nationale, le temps d'attente actuel dépasse le temps d'attente raisonnable en clinique de 167 pour cent. Le Québec avait presque atteint le standard de "raisonnable," du fait que le temps d'attente médian actuel d'ensemble "du temps du spécialiste au temps du traitement," excédait seulement la valeur correspondante "raisonnable," de 133 pour cent, un écart plus petit que dans les autres provinces.

"Bien que les patients du Québec ont obtenu le temps d'attente le plus court pour les traitements psychiatriques au Canada, ils attendent encore plus longtemps que ce qui est acceptable du point de vue médical avant de recevoir des soins", a déclaré Tasha Kheiriddin, directrice de l'Institut Fraser pour le Québec et la Francophonie.

"Avec des temps d'attente qui sont de plus de 133 pour cent plus longs que les spécialistes recommandent comme étant appropriés, il est clair qu'un grand nombre de Québecois qui ont besoin d'attention psychiatrique doivent faire face aux effets de rationnement dans notre système de soins de santé et qu'ils expérimentent une détérioration de leurs conditions avant qu'ils ne puissent recevoir les soins dont ils ont besoin."

L'Institut Fraser est un organisme indépendant de recherche et d'éducation dont les bureaux se trouvent à Calgary, Montréal, Tampa, Toronto et Vancouver. Sa mission est de mesurer, d'étudier et de faire part de l'incidence des marchés concurrentiels et des interventions gouvernementales sur le bien-être des personnes. Afin de préserver son indépendance, l'Institut refuse toute subvention de l'Etat et tout contrat de recherche. Pour de plus amples informations, consultez le site www.fraserinstitute.org.

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