Institut Fraser

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29 oct. 2009 06h30 HE

Institut Fraser : Le temps d'attente pour obtenir une chirurgie diminue au Québec, mais reste plus élevé que la moyenne canadienne

MONTREAL, QUEBEC--(Marketwire - 29 oct. 2009) - Le temps d'attente médian pour les Québécois qui doivent obtenir une chirurgie ou recevoir un autre traitement thérapeutique est passé à 16,6 semaines en 2009 alors qu'il s'établissait à 18,7 semaines en 2008, selon une nouvelle étude de l'Institut Fraser, un chef de file parmi les organismes de recherche économique au Canada.

"Bien qu'il s'agisse d'une amélioration, plusieurs Québécois attendent encore 116 jours ou plus pour recevoir les traitements médicaux requis. Un temps d'attente de 16,6 semaines demeure inacceptable lorsque la santé et le bien-être physique et émotionnel des patients sont en jeu", a déclaré Nadeem Esmail, directeur des études sur la performance des systèmes de santé à l'Institut Fraser et auteur de la 19e édition annuelle de l'étude Waiting Your Turn: Hospital Waiting Lists in Canada.

"Malheureusement, afin de régler le problème du temps d'attente, les politiciens continuent d'injecter toujours plus d'argent dans notre système de santé, qui fondamentalement ne fonctionne pas. Pendant que les autorités dissimulent le faible rendement du système avec un discours bien-pensant, les Québécois doivent subir une attente excessive pour recevoir un traitement. Des changements majeurs dans les politiques en santé auraient dû être apportés depuis longtemps."

L'enquête mesure le temps d'attente médian dans les hôpitaux afin de documenter dans quelle mesure les listes d'attente pour consulter un spécialiste, pour recevoir un diagnostique ou pour obtenir une chirurgie sont employées dans le but de limiter les dépenses en santé. L'étude mesure le temps d'attente entre la visite chez un médecin généraliste et la consultation auprès d'un spécialiste, le temps d'attente entre la consultation auprès d'un spécialiste et le traitement ainsi que le temps d'attente total. L'étude intégrale, qui comprend des graphiques montrant le temps d'attente pour chaque province et pour chaque type de procédure médicale, peut être consultée au www.institutfraser.org.

Le temps d'attente médian total au Québec, obtenu en calculant la moyenne de douze spécialités, demeure plus élevé que le temps d'attente médian à l'échelle canadienne (16,1 semaines), qui est également en baisse par rapport à 2008 (17,3 semaines).

Le temps d'attente total

L'Ontario est l'endroit où le temps d'attente total (l'attente entre la visite chez un médecin généraliste et le traitement) est le plus court parmi l'ensemble des provinces (12,5 semaines), une baisse par rapport à 2008 (13,3 semaines). Le Manitoba obtient le deuxième temps d'attente total le plus court (14,3 semaines), également en baisse par rapport à 2008 (17,2 semaines). Le Québec arrive en troisième place (16,6 semaines), lui aussi en baisse par rapport à 2008 (18,7 semaines).

Inversement, certaines provinces ont subi une hausse de leur temps d'attente total. Terre-Neuve-et-Labrador présente le temps d'attente total le plus long (27,3 semaines), une hausse par rapport à 2008 (24,4 semaines). Le temps d'attente à l'Île-du-Prince-Edouard a bondi de 24,3 semaines en 2008 à 26,7 semaines en 2009 alors que le Nouveau-Brunswick affichait le troisième temps d'attente le plus long (25,8 semaines), en hausse par rapport à 2008 (23,1 semaines). Le temps d'attente en Alberta (19,6 semaines) a aussi augmenté par rapport à 2008 (18,5 semaines).

La première attente : de la visite chez un médecin généraliste à la consultation auprès d'un spécialiste

Au Québec, le temps d'attente entre le moment où un médecin généraliste recommande son patient à un spécialiste et la consultation auprès de ce dernier a diminué de 9,4 semaines en 2008 à 8,3 semaines en 2009.

Les provinces où le temps d'attente entre la visite chez un médecin généraliste et la consultation auprès d'un spécialiste est le plus court sont le Manitoba (6,3 semaines, en baisse par rapport à 7,7 semaines en 2008), l'Ontario (6,7 semaines, en baisse par rapport à 7,0 semaines en 2008) et la Colombie-Britannique (7,8 semaines, en hausse par rapport à 7,1 semaines en 2008).

L'attente la plus longue pour consulter un spécialiste a été observée à l'Île-du-Prince-Edouard (14,5 semaines, en hausse par rapport à 11,2 semaines en 2008), au Nouveau-Brunswick (14,3 semaines, en hausse par rapport à 12,0 semaines en 2008) et à Terre-Neuve-et-Labrador (14,0 semaines, en hausse par rapport à 13,3 semaines en 2008).

La deuxième attente : de la consultation auprès d'un médecin spécialiste au traitement

Au Québec, le temps d'attente entre la consultation auprès d'un médecin spécialiste et le traitement – la deuxième étape d'attente – a diminué de 9,3 semaines en 2008 à 8,2 semaines en 2009.

D'après l'étude, le temps d'attente entre la consultation auprès d'un médecin spécialiste et le traitement est le plus court en Ontario (5,8 semaines, en baisse par rapport à 6,3 semaines en 2008). Le Manitoba arrive en deuxième place (8,0 semaines, en baisse par rapport à 9,5 semaines en 2008) et le Québec en troisième.

Le temps d'attente le plus long se trouve en Saskatchewan (14,0 semaines, en baisse par rapport à 16,1 semaines en 2008), à Terre-Neuve-et-Labrador (13,2 semaines, en hausse par rapport à 11,1 semaines en 2008) et à l'Île-du-Prince-Edouard (12,2 semaines, en baisse par rapport à 13,2 semaines en 2008).

"Malgré une réduction du temps d'attente, les Québécois doivent toujours patienter longuement pour recevoir un traitement au sein de notre coûteux système de santé", a souligné M. Esmail.

"Malgré d'importantes hausses des dépenses en santé, les Canadiens attendent 73 % plus longtemps qu'en 1993 pour obtenir une chirurgie. Manifestement, le Canada doit adopter l'approche envers les soins de santé d'autres pays développés, comme la Suisse par exemple, où les gens ne tiennent pas pour acquis qu'il faille attendre afin de recevoir des soins de santé. Il est temps que les Canadiens cessent de payer des sommes exagérées pour un système qui ne fonctionne pas et puissent obtenir un accès en temps opportun aux soins de santé dont ils ont besoin, qu'ils méritent et pour lesquels ils paient déjà."

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