Société canadienne de l'hémophilie

Société canadienne de l'hémophilie

01 oct. 2007 17h10 HE

La Société canadienne de l'hémophilie s'est dite surprise et déçue du verdict rendu au terme du procès sur le sang contaminé

MONTREAL, QUEBEC--(Marketwire - 1 oct. 2007) - La Société canadienne de l'hémophilie s'est dite surprise et déçue que les accusations portées par la Cour supérieure de l'Ontario contre une société et quatre individus impliqués dans la fabrication, l'autorisation de mise en marché et la distribution du produit thermotraité Factorate de Armour n'aient donné lieu à aucune inculpation.

"La Société canadienne de l'hémophilie se bat depuis 20 ans au nom de ses membres", déclare Pam Wilton, présidente de la SCH. "Nous nous sommes battus pour avoir un système d'approvisionnement sanguin plus sécuritaire, pour qu'une enquête publique soit menée, pour que les victimes soient indemnisées et pour qu'une enquête judiciaire soit déclenchée. Nos objectifs ont été de veiller à ce que ce genre de situation ne se produise plus jamais. Ce verdict envoie un message équivoque aux instances responsables de la santé des Canadiens : de graves erreurs peuvent être commises lors de la fabrication, de l'autorisation de mise en marché et de la distribution de ces indispensables produits thérapeutiques; ces erreurs peuvent entraîner l'invalidité et la mort et pourtant ni les sociétés ni les individus n'en seront tenus responsables."

Les événements en question concernent la VIH-séroconversion de huit Canadiens en 1986 et en 1987. A cette époque, les personnes atteintes d'hémophilie et leurs médecins avaient été incités à croire que les concentrés de facteur utilisés pour enrayer les saignements typiques de l'hémophilie avaient été rendus inoffensifs grâce au traitement par la chaleur. On croyait que la tragédie de la contamination du système sanguine par le VIH au début des années 80 était chose du passé. Malheureusement, ce n'était pas le cas.

Le chapitre 16, Innocuité des concentrés de facteurs chauffés, du Rapport final de la Commission d'enquête sur le système d'approvisionnement en sang au Canada (la Commission Krever) relate éloquemment comment les graves inquiétudes suscitées par le procédé de traitement par la chaleur de Armour en 1986 en 1987 n'ont donné lieu à aucune mesure pour protéger les patients. Armour n'a apporté aucun changement à son procédé de fabrication; Santé Canada n'a demandé aucun rappel; la Croix-Rouge n'a suspendu aucun contrat. Ni les patients ni les médecins n'ont été avisés. Une enquête d'une durée de cinq ans menée ensuite par la GRC a donné lieu à des accusations en 2005 contre Armour Pharmaceutical, le Dr Michael Rodell de Armour, les Drs John Furesz et Wark Boucher du Bureau des produits biologiques de Santé Canada et le Dr Roger Perrault de la Croix-Rouge canadienne.

Un autre procès au criminel débutera en octobre à la Cour supérieure de l'Ontario, dans le cadre duquel le Dr Roger Perrault doit répondre à des chefs d'accusation pour avoir notamment négligé de vérifier adéquatement l'approvisionnement sanguin afin de détecter le VIH et l'hépatite C au cours des années 1980 et prendre alors les mesures de sécurité appropriées.

Au moins 1100 Canadiens ont contracté le VIH par l'entremise des produits sanguins, dont 700 personnes atteintes d'hémophilie, et dans la plus part des cas, avant le milieu de l'année 1985. Plus des deux tiers sont décédées. On estime que 20 000 autres personnes ont contracté l'hépatite C, aussi par le biais du sang contaminé; on ignore combien de personnes en sont mortes, mais on estime que pas moins de 1000 décès lui seraient attribuables.

Profil de la SCH

La Société canadienne de l'hémophilie est un organisme à but non lucratif qui travaille à améliorer l'état de santé et la qualité de vie des personnes atteintes de troubles héréditaires de la coagulation et à trouver une cure définitive à ces maladies. Sa vision est d'éradiquer la souffrance et la douleur causées par les troubles héréditaires de la coagulation.

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