Société canadienne du sida

Société canadienne du sida

27 sept. 2009 23h00 HE

La Société canadienne du sida propose une solution pour moderniser le questionnaire de dépistage sanguin du Canada et renforcer l'innocuité du système

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwire - 27 sept. 2009) - La Société canadienne du sida (SCS) se posera en tant qu'intervenant désintéressé dans le procès Freeman, qui s'ouvre ce lundi 28 septembre et remet en cause la validité constitutionnelle de la politique d'exclusion à vie des hommes gais et des hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes (HRSH) imposée par la Société canadienne du sang. La SCS proposera à ce titre une modification visant à mettre à jour le questionnaire de dépistage de la Société canadienne du sang, guidée par une volonté de renforcer l'innocuité du système de collecte et de distribution du sang et d'accroître le soutien de la communauté envers ce système.

"Le questionnaire de dépistage, tel qu'il est actuellement formulé, est discriminatoire et a besoin d'être actualisé. Etant donné le haut degré de précision des nouveaux tests de dépistage du VIH, ce questionnaire n'est plus pertinent sur le plan scientifique, un fait que les banques de sang américaines ont reconnu concernant leurs propres politiques en la matière. Ce questionnaire discrédite le système de collecte et de distribution du sang, et décourage de nombreux jeunes et homosexuels qui ne sont pas exposés au VIH de donner leur sang, alors que les réserves du Canada ont besoin de donneurs", explique Douglas Elliott, avocat de la Société canadienne du sida. "Du point de vue scientifique, ce questionnaire n'est pas valide, ce qui compromet la sécurité du système, car certains sont incités à procéder à des autotests de dépistage ou à boycotter le don de sang au nom des principes des droits de la personne."

La SCS propose un changement qui s'impose depuis longtemps à l'une des questions du dossier s'adressant aux donneurs hommes et qui est actuellement formulée ainsi : "Depuis 1977, avez-vous eu une relation sexuelle avec un homme, même une seule fois ?" A l'heure actuelle, si un donneur potentiel répond oui à cette question, il est exclu à vie du système de don de sang. Cependant, une exclusion d'un an seulement est imposée aux femmes qui ont eu une relation sexuelle avec un homme bisexuel au cours des 12 derniers mois, et ce, même si ces femmes sont confrontées au même risque que les HRSH. La proposition de changement est la suivante : "Avez-vous eu une relation sexuelle avec un homme au cours des cinq dernières années ?" Si la réponse est non, la personne serait considérée comme n'importe quel autre donneur. Si la réponse est oui, la personne devrait répondre à une autre question : "Avez-vous pratiqué le coït anal sans protection (c.-à-d. sans préservatif) avec plus d'un partenaire masculin au cours des 12 derniers mois ?" Si la réponse est oui, une période d'exclusion de 12 mois serait imposée à la personne. Si la réponse est non, l'exclusion serait de 6 mois.

Monique Doolittle-Romas, directrice générale de la Société canadienne du sida, explique : "Ce que nous voulons, c'est garantir la sécurité du système de collecte et de distribution du sang. Le changement que nous proposons porte sur l'identification des comportements à risque, plutôt que sur celle des groupes à risque. Il s'agit d'un changement mineur qui modernise le processus de dépistage, tout en garantissant la sécurité des réserves de sang, et qui permet de regagner le soutien de la communauté. Un système de collecte et de distribution du sang sûr et fort est dans l'intérêt de tous les Canadiens, y compris la SCS et les personnes touchées par le VIH."

Depuis l'apparition du VIH dans les années 1980, les organismes de lutte contre le sida au Canada travaillent activement à garantir la sécurité des réserves de sang du Canada. Ils réalisent un travail de formation au sujet de la responsabilité sexuelle et de l'auto-exclusion du don de sang par les HRSH. Cette proposition témoigne de leur effort soutenu envers l'amélioration du système.

Les organismes chargés des services de transfusion sanguine en Australie, au Japon, en Argentine et en Hongrie ont tous mis en place une politique d'exclusion d'un an semblable à celle proposée par la SCS. Par ailleurs, une recommandation similaire est actuellement émise par trois organismes chargés des services de transfusion sanguine aux Etats-Unis. L'Espagne et l'Italie n'imposent pas de restrictions aux HRSH pour le don de sang. De plus, l'année dernière en Russie, l'interdiction pour ces derniers de donner leur sang a été supprimée car elle n'était pas corroborée scientifiquement. Depuis l'adoption de ces nouvelles mesures, aucune résurgence des cas de transmission du VIH par transfusion sanguine n'a été rapportée dans ces pays.

Société canadienne du sida

La Société canadienne du sida (SCS) est une coalition nationale de plus de 120 organismes communautaires de toutes les régions du Canada. La SCS s'est donné pour mission de renforcer la réaction au VIH/sida dans tous les secteurs de la société et d'enrichir la vie des personnes et des communautés touchées par cette maladie. Elle défend les droits et intérêts des individus et des communautés touchés par le VIH/sida, facilite le développement des programmes, services et ressources de ses organismes affiliés, et favorise la participation communautaire aux programmes de lutte contre le VIH/sida partout au pays.

Renseignements

  • Société canadienne du sida
    Tricia Diduch, Conseillère des communications
    613-230-3580 poste 130
    triciad@cdnaids.ca