Institut professionnel de la fonction publique du Canada

Institut professionnel de la fonction publique du Canada

08 oct. 2009 17h31 HE

La science en prend encore pour son rhume au Conseil national de recherches. Jusqu'où ira-t-on?

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwire - 8 oct. 2009) - L'Institut professionnel de la fonction publique du Canada dénonce encore une fois le sort réservé à la science dans le secteur public au lendemain d'une annonce faite par le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) selon laquelle le réputé Institut canadien de l'information scientifique et technique (ICIST) se verra imposer des compressions, tandis que les activités des Presses scientifiques seront confiées à l'entreprise privée.

Environ 69 membres de l'Institut professionnel seront touchés par une réduction de financement de 35 millions de dollars au CNRC. Les scientifiques savent bien ce que signifie l'exercice d'examen des dépenses auquel le gouvernement se livre périodiquement. Chaque fois, ils doivent composer avec la baisse de 5 % que commande l'"examen stratégique" par rapport à l'exercice précédent. En 2007, plus de 100 emplois ont disparu au CNRC, et il semble que le gouvernement fédéral n'avait pas fini de soustraire à ceux qui font avancer le Canada sur le plan de la science et de la technologie des fonds dont ils ont le plus grand besoin.

La mise à pied de spécialistes de haut niveau à l'ICIST freinera considérablement les médecins et les scientifiques dans leurs recherches. Or la population canadienne dépend de ces derniers en matière de pandémies, de salubrité des aliments, de sécurité des produits, de prévisions atmosphériques, d'alertes météorologiques, d'énergie et de sécurité nationale. Ils ont pour rôle de faire de la recherche fondamentale et appliquée en vue de la santé, du bien-être et de la prospérité des Canadiens.

La privatisation des Presses scientifiques, éditeur de nos publications scientifiques nationales, met fin à près d'un siècle de publication impartiale de travaux de recherche qui a déjà valu des honneurs à notre pays.

Le président de l'Institut, Gary Corbett, met en doute la décision du CNRC. "Est-ce vraiment sage de s'en remettre à l'entreprise privée quand il s'agit de nos publications scientifiques? A l'heure actuelle, tous les citoyens, universitaires y compris, peuvent consulter ces publications gratuitement. Les universités canadiennes auront-elles les moyens de s'y abonner après toutes les compressions dont elles ont elles-mêmes été victimes?"

Le gouvernement canadien continue de se dissocier de la science publique sans que le secteur privé, durement touché par la situation économique, ne soit en mesure d'assurer la relève. "Nous courons véritablement le risque de voir nos chercheurs, nos scientifiques et nos ingénieurs se tourner vers les Etats-Unis pour poursuivre leur carrière vu le ferme engagement du gouvernement de Barack Obama à l'égard de la science", a déclaré M. Corbett.

Le Canada s'est fait distancer par d'autres pays sur le plan de la recherche-développement et perd rapidement ses moyens en matière d'innovation. Le gouvernement doit attirer dans ses rangs et maintenir en poste les meilleurs scientifiques s'il veut rattraper le temps perdu et redevenir un chef de file mondial à cet égard.

Des décisions qui manquent invariablement de vision, telles que les compressions exigées au CNRC, ne font qu'aggraver la situation. Il sera de plus en plus difficile pour le Canada de rivaliser avec les autres pays. Depuis des années, le volet scientifique des activités gouvernementales est largement sous-financé. Il est urgent que le gouvernement investisse dans ses ministères et organismes à vocation scientifique et qu'il augmente leurs moyens plutôt que de les réduire graduellement à rien. Sans cela, en plus de mettre notre bien-être en jeu, le gouvernement ne sera plus vraiment en mesure d'élaborer des politiques publiques ni de veiller à l'intérêt général. Les Canadiens le savent d'ailleurs parfaitement, et ils s'attendent de leur gouvernement qu'il laisse de côté les considérations politiques et idéologiques pour s'attaquer au problème.

L'Institut encourage les Canadiens à faire pression auprès de leurs élus pour qu'ils mettent un terme aux compressions budgétaires et aux réductions de personnel dans les ministères et organismes à vocation scientifique. "Le bien collectif ne passe-t-il pas par la science?", a fait remarquer M. Corbett.

L'Institut professionnel de la fonction publique du Canada représente 57 000 professionnels et scientifiques dans l'ensemble du secteur public canadien.

Renseignements

  • Institut professionnel de la fonction publique du Canada
    Laureen Allan
    613-228-6310, poste 2230
    613-864-6700 (tél. cell.)