Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies

Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies

17 nov. 2009 07h03 HE

Pleins feux sur la neuroscience, la santé mentale et la toxicomanie à Questions de substance 2009

HALIFAX, NOUVELLE-ECOSSE--(Marketwire - 17 nov. 2009) - Le Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies (CCLAT) a annoncé aujourd'hui que Questions de substance 2009, conférence nationale biennale sur l'abus de substances, se penchera sur le rôle de la neuroscience, de la santé mentale et de la toxicomanie et la façon dont la recherche, le traitement et les systèmes d'éducation doivent se développer pour prendre efficacement en charge les troubles concomitants.

Le secteur des troubles concomitants, soit la présence de deux troubles ou maladies chez une même personne, prend une place de plus en plus importante en matière de toxicomanie. On estime que jusqu'à 50 pour cent des toxicomanes souffriront aussi de problèmes de santé mentale. Et pourtant, de nombreuses personnes traitées pour des troubles mentaux n'ont pas accès à des services contre l'abus de substances, et bon nombre des personnes traitées pour abus de substances n'ont pas accès à des services en santé mentale. Les deux troubles partagent souvent des antécédents biologiques, psychologiques et sociaux difficilement dissociables, mais les personnes qui en souffrent sont rarement traitées au moyen d'une intervention intégrée et unifiée.

Franco J. Vaccarino, Ph.D., professeur de psychologie et de psychiatrie, recteur de l'Université de Toronto (Scarborough) et vice-président de l'Université de Toronto, parlera aujourd'hui des troubles concomitants à l'occasion d'une plénière intitulée Neuroscience, recherche de découverte et implications thérapeutiques.

"Nous considérons souvent la maladie mentale et la consommation de substances comme deux troubles distincts et, dans de nombreux cas, ils le sont, a déclaré Franco J. Vaccarino. Pourtant, lorsque deux troubles surviennent simultanément et sont liés par des mécanismes neurologiques, traiter un seul trouble ou les traiter les deux mais séparément n'est pas suffisant, même si c'est souvent ce qui se produit. Même les directives d'agrément actuelles en soins cliniques permettent aux établissements de choisir entre les normes en toxicomanie et celles en santé mentale, perpétuant ainsi le cloisonnement."

Il existe d'importantes interactions entre la santé mentale et la consommation de substances :

- Les troubles de contrôle des impulsions constituent le prédicteur le plus fort d'un futur abus de substances

- Les personnes souffrant de troubles anxieux risquent de deux à cinq fois plus d'avoir des problèmes d'alcool ou de drogues

- Le risque de consommation est au moins doublé chez les personnes aux prises avec un trouble dépressif majeur

- Plus de 50 pour cent des adolescents en clinique psychiatrique consomment des substances

- Les schizophrènes sont près de cinq fois plus susceptibles d'avoir des problèmes de consommation que les personnes sans troubles mentaux

- Les grands consommateurs de cannabis risquent six fois plus de développer une schizophrénie que les non-consommateurs

En plus de son travail de neuroscientifique, Franco J. Vaccarino siège au Conseil consultatif scientifique du CCLAT formé en 2008 pour donner une optique biomédicale et neuroscientifique aux travaux du CCLAT sur l'abus de substances. En janvier 2010, le Conseil publiera un rapport Toxicomanie au Canada sur les troubles concomitants explorant le rôle du stress et des traumatismes, des troubles anxieux, de l'impulsivité, des troubles de l'humeur et de la psychose dans la consommation de substances.

Outre la plénière, cette journée de la conférence propose quatre autres séances sur la santé mentale et la toxicomanie et 11 séances sur des sujets allant du rôle de la stigmatisation et de l'identité dans la guérison des femmes autochtones criminalisées à une séance interactive sur l'engagement des jeunes dans la prévention de la consommation et la promotion de la santé.

Au sujet du CCLAT

Titulaire d'un mandat législatif visant à réduire les méfaits liés à l'alcool et aux autres drogues, le Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies assure un leadership quant aux priorités nationales, favorise l'application des connaissances dans le domaine et crée des partenariats durables qui optimisent les efforts collectifs. Le CCLAT reçoit l'appui financier de Santé Canada.

Renseignements

  • CCLAT
    Rob Mclean
    Spécialiste principal des relations avec les médias
    613-882-4048