Institut professionnel de la fonction publique du Canada

Institut professionnel de la fonction publique du Canada

09 oct. 2007 09h19 HE

Selon l'Institut professionnel, John Baird minimise les problèmes d'Environnement Canada-il sape les droits des employés et leur capacité de produire des résultats pour les Canadiens

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwire - 9 oct. 2007) - Le syndicat qui représente les professionnels et les scientifiques qui travaillent au sein d'Environnement Canada affirme que les dits du ministre de l'Environnement et de ses hauts fonctionnaires au sujet de la récente couverture médiatique du budget réduisent l'ampleur des problèmes pourtant bien graves. Bien que John Baird et le sous-ministre aient confirmé l'augmentation du budget général du Ministère cette année, ils minimisent le fait voulant que les budgets de fonctionnement des programmes clés soient si restreints qu'ils ne soient inefficaces.

La semaine dernière, John Baird, le ministre de l'Environnement, faisait une déclaration publique pour rassurer les Canadiens affirmant le maintien des "programmes prioritaires relatifs à tous les aspects de l'environnement" et disant qu'il avait instruit son Ministère "d'assurer la flexibilité nécessaire aux programmes et services des secteurs critiques, comme le Service canadien de la faune et le Service météorologique du Canada afin qu'ils soient maintenus, et qu'il n'y ait aucune mise à pied de personnel embauché pour une durée indéterminée".

Toutefois, des messages internes à l'intention des employés, émis par la haute direction, y compris le sous-ministre et son associé, confirment expressément que les programmes et les priorités seront l'objet d'une évaluation et d'une réattribution de fonds. Au cours de cette évaluation, les budgets de voyage, de formation et de perfectionnement professionnel seront restreints. Malgré la hausse du budget du Ministère, les restrictions des opérations seront telles qu'elles entraîneront l'ajournement de certains programmes et l'arrêt de la plupart des autres programmes. Comment les employés du Ministère pourront-ils produire des résultats s'ils sont incapables de quitter leur bureau pour effectuer du travail sur le terrain, de voyager pour assister à des rencontres, d'acheter de l'équipement ou des fournitures ou même, dans certains cas, de payer les frais de téléconférence? Le message livré par le ministre ne parle pas de la portée de ces restrictions sur les autres programmes d'Environnement Canada, y compris la surveillance et la prévision météorologiques, la protection de l'environnement, la recherche sur les gaz à effet de serre, les initiatives en matière de qualité de l'air et toute autre obligation pertinente.

De plus, les dirigeants d'Environnement Canada semblent prêts à suspendre ou à différer les dispositions de formation et de perfectionnement professionnel qui font partie des conventions collectives signées en accord avec le Conseil du Trésor en leur nom. Sans les moyens nécessaires pour demeurer à la fine pointe dans les domaines prometteurs de la science de l'environnement, comment les employés pourront-ils fournir aux Canadiens la protection et le service qu'ils méritent?

L'Institut professionnel de la fonction publique du Canada s'inquiète aussi du fait que les dirigeants d'Environnement Canada examinent des solutions à court terme pour tenter de maintenir les niveaux de service aux dépens de leurs employés, soit, par exemple, en convertissant une partie du budget salarial en capitaux d'exploitation afin de combler le manque à gagner. Les dirigeants ne font preuve d'aucune initiative dans la résolution du problème de postes vacants qui mine le Ministère depuis de nombreuses années, une situation qui influe sur la motivation et la productivité des employés. Ils ne répondent en aucun cas aux problèmes démographiques qui touchent le Ministère et la fonction publique, ni ne respectent le besoin évident d'embaucher de jeunes professionnels et scientifiques pour servir l'intérêt collectif.

"Le bruit court que certaines divisions ont des fonds d'exploitation mais un budget salarial insuffisant pour conserver leur personnel, tandis que d'autres divisions ont des postes vacants et des salaires mais un budget opérationnel insuffisant. Tout ceci se produit dans un contexte de budget ministériel dit "à la hausse", une augmentation qui n'est en fait qu'une sortie de fonds du Ministère. Est-ce la raison qui explique pourquoi John Baird a instruit son Ministère de faire preuve de "flexibilité"?, demande Michèle Demers, présidente de l'Institut professionnel.

"N'est-ce là que la partie visible de l'iceberg en ce qui concerne les changements apportés au ministère de l'Environnement fédéral par le nouveau gouvernement du Canada? Au cours des 15 dernières années, Environnement Canada a défrayé les manchettes plus de cinq fois en raison d'examens et de coupures de programmes d'envergure; il est temps que ça cesse. Au moment où l'appui du public pour les programmes environnementaux est des plus importants, pourquoi John Baird minimise-t-il la production de résultats de son personnel professionnel et scientifique? Si la conservation de la biodiversité et le maintien des programmes pertinents sont toujours des priorités politiques, le ministre doit prouver son engagement véritable envers son Ministère, ses employés et les programmes qui importent aux Canadiens.

L'Institut professionnel demeure vigilant et espère que le ministre s'engagera à assurer tout le financement nécessaire au respect du programme environnemental", ajoute-t-elle.

L'Institut professionnel de la fonction publique du Canada est un syndicat national qui représente quelque 55 000 scientifiques et autres professionnels partout au Canada, des gens qui prennent à cour la protection du patrimoine naturel.

Renseignements

  • L'Institut professionnel de la fonction publique du Canada
    Francine Pressault
    Agente des relations médias et gouvernementales
    613-228-6310, poste 2228