Agriculture et Agroalimentaire Canada

Agriculture et Agroalimentaire Canada

23 sept. 2005 18h20 HE

AAC : Allocution prononcée par le ministre Mitchell, à l'occasion du lancement des séances de consultation sur la science et l'innovation en agriculture, au Centre de recherche de l'Atlantique...

OTTAWA, ONTARIO--(CCNMatthews - 23 sept. 2005) -

...sur les aliments et l'horticulture

Kentville, Nouvelle-Ecosse

Le 22 Septembre, 2005

Aujourd'hui, je vais vous parler de la science. En tant que ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire du Canada, je constate que notre industrie est extrêmement complexe. Qu'il s'agisse de la complexité des recherches scientifiques, de celle rattachée au fait d'être un producteur ou de la complexité des échanges commerciaux au sein d'un marché mondial, notre industrie de l'agriculture et de l'agroalimentaire est très complexe.

Pour aller à l'essentiel, disons que mon travail de ministre à l'Agriculture se résume assez simplement et est plutôt indispensable. Ce que je tente de faire c'est de créer un environnement qui aidera les producteurs à gagner leur vie. Si un agriculteur ne peut gagner sa vie en agriculture, il ou elle ne pratiquera pas l'agriculture, pas plus que la génération suivante.

Ce n'est pas un problème uniquement pour les producteurs. Ce n'est pas un problème uniquement pour les collectivités rurales qui appuient notre agriculture. C'est un problème pour le pays car si nous ne pouvons produire les aliments que nous consommons, si nous ne pouvons continuer de créer la prospérité que la collectivité agricole crée dans ce pays, nous affaiblissons non seulement l'industrie, non seulement le Canada rural, mais l'ensemble du pays.

L'agriculture est un enjeu national et c'est pourquoi il est absolument primordial que nous redevenions rentables pour faire en sorte que notre industrie agroalimentaire et que l'ensemble de l'industrie agricole le soient. Il est absolument crucial que nous disposions de collectivités rurales durables, qui appuient notre industrie agricole et, par le fait même, nos autres industries fondées sur les ressources naturelles. Que l'on parle des mines, des forêts, des pêcheries ou de notre industrie pétrolière et gazière, si nous voulons que notre pays continue de prospérer, tant le Canada urbain que le Canada rural doivent être forts.

On ne peut avoir une économie urbaine très dynamique et en expansion entourée d'une économie rurale plus faible et en déclin. C'est un modèle qui ne peut fonctionner dans notre pays. Les deux secteurs doivent être forts et l'agriculture en constitue une part importante. Le travail que vous accomplissez dans le cadre de notre programme scientifique contribue à assurer la vigueur de notre industrie agricole.

Lorsque vous tentez d'assurer la rentabilité de nos producteurs, il y a un certain nombre de choses que vous devez faire et que je diviserai en trois grands secteurs. Tout d'abord, il faudra faire en sorte que nos producteurs puissent obtenir un revenu pour le travail qu'ils effectuent. Nous devons nous assurer que la répartition des richesses tout au long de la chaîne de valeur se fasse de manière à ce que le producteur primaire en retire un montant suffisant. L'une des priorités de tous les gouvernements consiste à créer l'environnement qui permettra à cette prospérité d'atteindre le producteur. C'est grâce à la collaboration entre les gouvernements, l'industrie et les producteurs que nous y parviendrons.

Mon collègue et secrétaire parlementaire, M. Wayne Easter, a publié un rapport dans lequel il s'attaque directement à ce défi et fait un certain nombre de suggestions. Nous, les ministres du fédéral et des provinces, nous en sommes inspirés lors de notre réunion provinciale en juillet dernier.

Deuxièmement, nous devons nous assurer que les règles du jeu sont les mêmes pour les producteurs canadiens et pour leurs homologues internationaux. C'est environ le quart des exportations que nous produisons qui génère de la richesse. Notre capacité de créer cette richesse est tributaire de la capacité de nos industries agricoles de commercer et elles ont besoin pour ce faire d'un système commercial fondé sur des règles.

C'est pourquoi nos négociations dans le cadre du cycle de Doha de l'Organisation mondiale du commerce revêtent une si grande importance. Elles nous permettront de régler la question des subventions à l'exportation qui ont un impact sur les producteurs canadiens, de diminuer le soutien interne accordé par d'autres pays industrialisés, qui font qu'il est très difficile d'avoir des règles du jeu uniformes. Nous voulons également accroître notre accès aux marchés de manière à donner aux producteurs canadiens le choix de leur régime de commercialisation intérieur et le choix de la façon dont ils veulent vendre leurs produits au Canada.

Voilà donc le deuxième volet de ce que nous devons faire.

Cela m'amène à mon troisième point qui porte sur toute la question de l'innovation. Lorsque nous sommes en concurrence avec d'autres pays, nous constatons que certains possèdent des avantages concurrentiels que nous n'avons pas. Pensons par exemple au climat, certains pays du monde jouissent d'une saison culturale de 10, 11 ou 12 mois. Les coûts de leurs facteurs de production sont largement inférieurs aux nôtres.

Mais le Canada dispose d'un immense avantage. Et vous savez quoi? Cet avantage se trouve en grande partie ici même dans cette pièce. Il s'agit de notre capacité d'innovation, de notre capacité de commercialiser notre recherche, de notre capacité de devancer nos concurrents. Ces qualités qui ont caractérisé notre industrie agricole au cours des dernières décennies nous permettront d'être concurrentiels dans l'avenir.

Notre programme scientifique, le travail accompli par les hommes et les femmes de cette station de recherche et le travail réalisé par les hommes et les femmes du pays sont absolument essentiels à la durabilité à long terme de l'industrie de l'agriculture et de l'agroalimentaire en lui permettant de continuer de contribuer à l'économie canadienne.

Bien des gens ne se rendent pas compte qu'aujourd'hui, l'agriculture représente 8 p. 100 de notre produit intérieur brut. Près d'un emploi sur huit au Canada repose sur l'agriculture et l'agroalimentaire. Cela représente une contribution importante à la prospérité du Canada et des Canadiens et les gens ici présents aujourd'hui y ont grandement contribué.

Nous devons nous assurer que tout en innovant au sein de l'industrie nous pouvons être innovateurs en ce qui concerne notre programme scientifique. Je suis ici aujourd'hui pour annoncer, comme je l'ai mentionné en juin, que j'ai demandé au Ministère d'entreprendre un examen exhaustif de l'ensemble de son programme scientifique.

Dans le cadre de cet examen, nous organiserons un débat élargi avec toutes les parties intéressées et les Canadiens au sujet de l'orientation que nous devrions prendre dans l'avenir.

L'examen prendra différentes formes. Sa principale composante ou son aboutissement, si je puis dire, sera le symposium national qui se tiendra dans la région de la capitale nationale vers la fin de novembre. Il réunira des représentants de tous les secteurs, du ministère de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire et d'autres ministères fédéraux, des gouvernements provinciaux, de l'industrie, des producteurs, des universitaires, afin que nous puissions avoir ensemble un débat constructif sur ce que nous avons accompli et sur l'orientation que nous voulons adopter.

Nous ne nous limiterons pas à un débat national car la recherche ne se résume pas uniquement à nos objectifs nationaux. Elle concerne aussi les régions et les préoccupations régionales parce que l'agriculture est une industrie nationale, et qu'à ce titre elle ne fonctionne pas de la même façon dans toutes les régions du pays. En plus d'organiser le symposium national, nous tiendrons également 11 conférences régionales, dont une ici, en Nouvelle Ecosse, afin que vous puissiez nous faire part des préoccupations de cette région du pays et de vos priorités, ainsi que de la façon dont nous pouvons aider les producteurs de votre région du pays.

En plus de la perspective nationale, nous voulons aussi avoir une perspective régionale.

Nous mènerons également des consultations ciblées. J'ai des conseils consultatifs de recherche qui me fourniront une rétroaction. Certains d'entre vous connaissent nos tables rondes de la chaîne de valeur qui réunissent, dans un secteur donné, des intervenants de l'ensemble de la chaîne de valeur. Nous consulterons également toutes ces personnes pour connaître leur opinion sur le type de recherche que nous devrions mener.

Nous aurons ce débat élargi afin que les décisions que nous prendrons ne viennent pas simplement du neuvième étage de l'édifice Sir John Carling. Vous savez, tout le savoir ne vient pas de là. Il est difficile pour moi d'avouer une telle chose car, pour ceux qui ne le sauraient pas, c'est là que mes bureaux se trouvent.

Mais il est important que cet examen englobe tous les intervenants et toutes les personnes qui y participent.

Maintenant, en annonçant qu'un tel examen aurait lieu en juin, j'ai aussi énoncé un certain nombre de principes auxquels j'ai demandé que l'on adhère en ce qui concerne cet examen et j'aimerais les passer en revue ici parce qu'ils sont très importants.

Tout d'abord, notre investissement national en science se fera au moins à son niveau actuel sinon à un niveau supérieur. L'examen ne vise pas à réduire ce que nous faisons mais plutôt à le faire plus efficacement et à trouver des façons d'améliorer ce que nous faisons. Il n'est pas question de réduction.

Deuxièmement, l'un de nos principes consiste à maintenir notre investissement en recherche dans les provinces à son montant actuel, étant donné que nous devons continuer de faire de la recherche partout au pays, de donner suite aux préoccupations locales et de relever des défis régionaux.

Troisièmement, nous devons faire en sorte que les activités scientifiques et la recherche menées répondent aux besoins de l'industrie. Nous devons y arriver en tenant compte des écarts régionaux.

Nous devons nous assurer que notre recherche est menée de façon intégrée. Nous devons trouver les types de synergies qui existent entre les ministères, entre les gouvernements, entre les gouvernements et les universitaires, entre les gouvernements et les universités, les collèges et l'industrie. Nous devons trouver ces synergies et les faire travailler pour nous.

Nous nous assurerons d'offrir aux femmes et aux hommes qui travaillent à nos programmes les installations qui leur sont nécessaires pour mieux travailler et continuer d'apporter une contribution importante.

Cet examen des sciences me captive au plus haut point car, comme je l'ai dit, le travail que vous pouvez accomplir est absolument essentiel au bien être de l'industrie agricole du pays et par conséquent, au bien être de l'ensemble du pays.

Votre contribution est importante. Vous travaillez d'arrache pied, vous faites preuve d'esprit d'innovation, et bon nombre d'entre vous, sinon tous, ne connaissez pas le mot " non ". Vous fournissez cet effort supplémentaire.

Je tiens à vous dire personnellement et très directement, merci. Merci pour ce que vous faites. Merci pour ce que vous réalisez. Merci pour ce que vous allez faire dans l'avenir.

Il me tarde donc de collaborer avec vous dans le cadre de cet examen et j'ai hâte que nous élaborions un programme unique au monde qui fera de nous les plus innovateurs, les plus dynamiques et les meilleurs au monde.

Je vous remercie beaucoup.

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