Association canadienne de gastroentérologie

Association canadienne de gastroentérologie

12 sept. 2005 11h00 HE

ACG : Les patients de gastroentérologie sont laissés pour compte par le système de santé

MONTREAL, QUEBEC--(CCNMatthews - 12 sept. 2005) - Les gastroentérologues canadiens ne sont pas en mesure de satisfaire les cibles des meilleures pratiques dans le traitement d'une majorité de patients qui leur sont référés. Une étude sur les listes d'attente au Canada démontre une proportion élevée et inacceptable de patients présentant des symptômes urgents qui sont en attente d'une consultation ou d'un examen; des temps d'attente excessifs pour plus de la moitié des cas référés; et des restrictions importantes en termes de soins de prévention. Ce ne sont là que quelques-unes des conclusions auxquelles l'Association canadienne de gastroentérologie (ACG) est arrivée à la suite de l'audit de la pratique Programme sur les temps d'attente en gastroentérologie, lequel a mis a contribution quelque 200 spécialistes des maladies gastro-intestinales qui ont saisi des données sur 5 500 visites de patients pendant une période de six mois.

"Nous nous attendions à découvrir que les Canadiens devaient attendre trop longtemps pour avoir accès à un spécialiste ou subir une intervention ou un examen. Cependant, jusqu'à présent, nous avions de beaucoup sous-estimé l'étendue et la gravité de la situation", explique le Dr Leddin, président de l'Association canadienne de gastroentérologie.

L'étude menée dans le cadre du Programme sur les temps d'attente en gastroentérologie illustre que deux patients sur quatre, dont le cas est classé urgent et qui devraient être vus dans les sept jours suivant la référence, ont dû attendre 14 jours alors qu'un patient sur quatre a dû attendre plus de cinq semaines. "Nous parlons ici de situations urgentes", poursuit le Dr Leddin. "Il est très frustrant de savoir que nos patients souffrent sans raison."

L'étude de l'ACG révèle également que plus d'un tiers des cas référés aux spécialistes éprouvent des symptômes alarmants, ce qui pourrait indiquer une maladie sous-jacente sérieuse tel que le cancer. 50% de ces patients attendent au moins deux mois avant de voir un spécialiste et subir un examen, et un patient sur quatre attend plus de quatre mois pour une consultation en gastroentérologie. "Nous mettons vraiment la vie des gens en danger", déplore le Dr Leddin.

L'ACG implore les gouvernements fédéral et provinciaux d'ajouter les maladies du système digestif comme priorité dans leurs initiatives visant à réduire les listes d'attente afin d'assurer que les patients canadiens obtiennent un accès approprié aux gastroentérologues. "Les maladies du système digestif devraient constituer une priorité pour nos gouvernements puisqu'elles sont responsables de 15% des coûts de santé totaux du Canada", insiste le Dr Leddin. Cette proportion dépasse les coûts liés aux maladies mentales, cardiovasculaires, respiratoires et du système nerveux central. Ces maladies ont tendance à toucher les patients à un moment de leur vie où ils ont des charges socioéconomiques élevées, c'est-à-dire lorsque les responsabilités familiales et de travail sont très nombreuses. Les maladies du système digestif causent des pertes à court terme de la productivité de l'ordre de 1,14 milliard de dollars par année et excèdent le coût des maladies mentales, cardiovasculaires, respiratoires et du système nerveux central. "Nous devrions vraiment réévaluer nos priorités", recommande le Dr Leddin.

L'ACG propose 24 recommandations sur les temps d'attente médicalement acceptables en gastroentérologie, lesquels devraient être considérés comme des objectifs à atteindre. Ces temps souhaités ont été établis par un groupe multidisciplinaire de 25 participants votants représentant les associations nationales et régionales de gastroentérologie, de chirurgie générale, de médecine interne, de pratique familiale et sont fondés sur l'opinion publique et l'abondante documentation existante.

"Les gastroentérologues canadiens devront travailler de concert avec les gouvernements fédéral et provinciaux pour remédier à la situation actuelle des temps d'attente. Les solutions devront outrepasser l'ajout significatif de ressources humaines et techniques pour atteindre une bonification globale de l'utilisation desdites ressources. Nous espérons que d'ici 2008, les patients éprouvant des symptômes de malaises digestifs ne devraient pas avoir à attendre plus de 8 semaines avant de consulter un gastroentérologue", conclut le Dr Leddin.

Au sujet de l'Association canadienne de gastroentérologie

L'Association canadienne de gastroentérologie (ACG) a été fondée en 1962 pour promouvoir l'étude du tube digestif dans les soins de santé et des maladies. L'Association a été constituée suivant des principes larges et regroupe des spécialistes de différentes disciplines (médecins, chirurgiens, pédiatres, radiologistes, scientifiques). Aujourd'hui, l'Association compte plus de 1 000 membres. Ceux-ci sont activement engagés dans la recherche, l'éducation et le soin des patients dans tous les secteurs de la santé et des maladies du système digestif, et contribuent à la santé économique et sociale de tous les Canadiens.

Renseignements

  • Source:
    Pierre Bouchard
    INDICO Communication
    (514) 951-7516 (cell.)
    pb@agccom.com
    ou
    Pour plus de renseignements :
    Association canadienne de gastroentérologie
    Desmond J. Leddin, MB, FRCPC, MRCPI, MSc, Président
    (902) 473-7484
    president@cag-acg.org
    ou
    Association canadienne de gastroentérologie
    Paul Sinclair, M.Sc.
    Directeur exécutif
    (905) 829-2504
    cagoffice@cag-acg.org