Agriculture et Agroalimentaire Canada

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15 oct. 2005 12h12 HE

Agriculture et Agroalimentaire Canada: Dévoilement des profils des régions rurales des provinces de l'Atlantique

TWILLINGATE, TERRE-NEUVE ET LABRADOR--(CCNMatthews - 15 oct. 2005) - Un peu moins de 45 p. 100 des Canadiens des provinces de l'Atlantique vivent dans des régions rurales. En quoi leur situation en matière d'économie, d'éducation, de services sociaux et de santé diffère-t-elle de celle de leurs homologues des centres urbains, et en quoi diffère-t-elle d'une région rurale à l'autre? Une série de nouveaux rapports porte sur les tendances observées dans les régions rurales et urbaines du Canada atlantique.

"Le gouvernement du Canada reconnaît que pour exploiter son plein potentiel, le pays doit pouvoir compter sur des régions urbaines et rurales fortes, a déclaré l'honorable Wayne Easter, secrétaire parlementaire du ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire du Canada, particulièrement chargé du développement rural. L'étude des données de recensement de Statistique Canada met clairement en évidence l'influence qu'exercent les régions urbaines sur les régions rurales. Les gouvernements doivent comprendre ce type d'interdépendance s'ils veulent mettre au point des programmes, des services et des activités qui se révéleront vraiment utiles aux régions rurales."

L'étude révèle quelques données intéressantes dans chaque province. Terre Neuve et Labrador se distingue de toutes les autres provinces canadiennes, puisque la majorité de ses résidents considèrent les régions rurales comme leur foyer. En Nouvelle Ecosse, les résidents du milieu rural sont plus susceptibles d'être des travailleurs autonomes que leurs voisins des centres urbains. Les résidents des régions rurales du Nouveau Brunswick sont deux fois plus susceptibles de parler le français à la maison que ceux des régions urbaines de la province. L'Ile du Prince Edouard est la province qui réussit le mieux à maintenir sa population rurale au Canada.

Une méthode de recherche de Statistique Canada divise les régions rurales des provinces de l'Atlantique en quatre catégories selon l'influence économique et sociale plus ou moins forte qu'exercent sur elles les centres urbains. Les catégories sont les suivantes : zone d'influence métropolitaine (ZIM) forte, ZIM modérée, ZIM faible et ZIM nulle. Elles correspondent à l'influence forte, modérée, faible ou nulle exercée par les centres urbains. En général, les ZIM forte sont celles qui ressemblent le plus aux centres urbains les plus avantagés.

Les auteurs du rapport ont analysé les données des recensements de Statistique Canada de 1991, 1996 et 2001 et examiné 20 indicateurs reflétant les conditions de diverses régions. Ils ont constaté que la variation était plus grande entre les quatre types de région rurale qu'entre les régions rurales et urbaines.

Les quatre profils ruraux font partie de 14 profils en cours d'élaboration - un pour chaque province et territoire du Canada et un pour l'ensemble du pays. Le résumé des rapports a été diffusé à l'occasion du forum "Big Lessons from Small Places", à Twillingate (Terre Neuve et Labrador), le 15 octobre 2005.

L'analyse a été réalisée par le Secrétariat rural du Partenariat rural canadien avec le concours de Statistique Canada. Le Secrétariat rural est un organisme du gouvernement du Canada qui s'intéresse aux questions rurales. Pour de plus amples renseignements sur le Partenariat rural canadien et sur le Secrétariat rural, veuillez consulter le site Web http://www.rural.gc.ca.

(Dévoilement des profils des régions rurales des provinces de l'Atlantique)


Résumé

Introduction

Le Secrétariat rural du gouvernement du Canada a entrepris cette étude conformément à son objectif visant à mieux faire comprendre aux gouvernements et aux citoyens les conditions rurales dans la province du Nouveau-Brunswick. Ce rapport fournit des données de référence sur les principales structures et tendances socio-économiques du Nouveau-Brunswick rural. L'objectif global consiste à rehausser la pertinence des politiques gouvernementales à la lumière des conditions sociales et économiques que l'on retrouve dans ce secteur de la province.

Méthodes de recherche

Deux grands systèmes de classification forment l'assise du présent rapport. Premièrement, le système des zones d'influence métropolitaine (ZIM), mis au point par McNiven et coll. (2000), sert à faire des distinctions à l'intérieur des régions rurales et des petites villes du Nouveau-Brunswick. Les quatre catégories de ce système sont la ZIM forte, la ZIM modérée, la ZIM faible et la ZIM nulle, chacune correspondant à une ruralité croissante. Deuxièmement, le rapport compare sommairement les centres urbains et les régions rurales/petites villes afin d'illustrer les différences globales entre ces deux secteurs de la province. Au total, on a calculé et analysé 20 indicateurs des recensements de la population de 2001, 1996 et 1991 de Statistique Canada pour chacun des quatre degrés de ruralité, pour l'ensemble des régions rurales et des petites villes du Nouveau-Brunswick et pour les centres urbains.

PRINCIPALES CONSTATATIONS

Indicateurs démographiques

En 2001, les habitants des régions rurales et des petites villes comptaient pour presque la moitié (47,7 %) de la population totale du Nouveau-Brunswick. Les régions rurales les plus peuplées étaient les ZIM modérées et faibles, où vivait respectivement 20 % et 18,6 % de la population de la province. Entre 1996 et 2001, la population néo-brunswickoise a connu un déclin de 1,2 %. Bien que la population urbaine ait légèrement augmenté (0,3 %), la population des régions rurales et des petites villes a diminué de 2,7 %; de fait, on constate une baisse de 3,5 %, 2,9 % et 1,6 % dans les ZIM modérées, faibles et fortes, respectivement. Seules les ZIM nulles, qui comptent la plus faible proportion de la population de la province à chaque recensement, avaient une population plus élevée en 2001 qu'en 1996 (3 %).

Même si au Nouveau-Brunswick la population rurale constitue une proportion beaucoup plus grande de la population totale qu'ailleurs au Canada (47,7 %, contre 20,6 %), la province a connu un déclin beaucoup plus important de sa population rurale après 1996 (2,7 %, par rapport à 0,4 % pour l'ensemble du pays).

Les habitants des régions rurales et des petites villes du Nouveau-Brunswick ont une structure d'âge différente de celle des citadins, avec des proportions légèrement plus fortes de la population entrant dans les catégories d'âge inférieure (enfants) et supérieure (personnes âgées). De 1991 à 2001, l'âge moyen de la population des régions rurales et des petites villes s'est accru plus rapidement que celui de la population urbaine, même si la population des ZIM nulles vieillissait à un rythme plus lent que celle du reste de la province.

La proportion de la population qui est autochtone s'accroît à mesure que le niveau d'intégration urbaine diminue. La représentation autochtone a augmenté dans toutes les zones géographiques entre 1996 et 2001; c'est dans les ZIM nulles qu'on observe l'augmentation la plus importante (3,8 %).

Indicateurs des conditions économiques, de l'éducation, des conditions sociales et des soins de santé

La plupart des résultats font ressortir de nombreuses variations à l'intérieur des régions rurales et des petites villes du Nouveau-Brunswick au chapitre des conditions économiques, de l'éducation, des conditions sociales et des soins de santé. Si les différences entre les populations urbaines et rurales sont manifestes, l'écart est souvent plus prononcé entre les quatre catégories de ZIM. Les ZIM fortes sont en général les plus favorisées, alors que les ZIM nulles se classent toujours parmi les régions les plus défavorisées de la province.

L'analyse des données de trois recensements consécutifs permet de suivre l'évolution du Nouveau-Brunswick rural au cours de la décennie 1990. L'observation des indicateurs sur une certaine période fait nettement ressortir le caractère relativement défavorisé des régions rurales par rapport aux centres urbains du Nouveau-Brunswick, de même que la situation avantageuse des ZIM fortes par rapport aux ZIM nulles. Les analyses entre les recensements révèlent également que la relative prospérité économique de la fin des années 1990 ne se manifeste pas de manière égale dans toutes les zones géographiques de la province. Ainsi, certains indicateurs relevés durant la dernière période inter recensement montrent que les ZIM nulles chroniquement défavorisées continuent d'afficher un recul sur le plan économique. Ces résultats révèlent un écart considérable entre les centres urbains plus favorisés, et les régions rurales et les petites villes qui le sont moins, en plus de souligner l'écart grandissant entre la situation socioéconomique toujours plus favorable des habitants des ZIM fortes et celle des habitants des ZIM nulles, qui se détériore.

Voici quelques illustrations de ces tendances :

Indicateurs économiques

- En 2001, le taux d'activité sur le marché du travail dans les centres urbains dépassait celui des régions rurales (65,5 %, contre 60,4 %). Dans le Nouveau-Brunswick rural, les ZIM fortes affichent un taux d'activité supérieur à celui des ZIM nulles; même si le taux a augmenté dans les ZIM fortes entre 1996 et 2001, on a constaté en 2001 dans les ZIM nulles un taux pratiquement inchangé depuis dix ans.

- Les taux de chômage sont à leur plus bas dans les centres urbains de la province (9,1 %) et à leur plus haut dans les ZIM nulles (19,7 %). Alors qu'on constate une diminution du taux de chômage sur une période de dix ans dans toutes les autres zones géographiques, les ZIM nulles affichaient le même taux de chômage en 2001 qu'en 1991.

- Le revenu personnel médian est beaucoup plus élevé dans les centres urbains que dans les régions rurales du Nouveau-Brunswick (20 665 $, contre 16 742 $ en 2001). Dans les régions rurales et les petites villes, on trouve les revenus les plus élevés dans les ZIM fortes, alors que les ZIM nulles affichent les revenus les plus faibles. Les ZIM faibles et nulles sont les seules zones de la province où les revenus ont diminué entre 1996 et 2001, et des deux, c'est dans les ZIM nulles que l'on observe le recul le plus prononcé.

- Même si la proportion de citoyens ayant un faible revenu est pratiquement la même (15 %) en milieu urbain que rural, les ZIM fortes du Nouveau-Brunswick affichent une proportion aussi faible que 11,8 %, alors que dans les ZIM nulles, cette proportion peut atteindre jusqu'à 17,6 %. Les ZIM nulles sont les seules zones où l'incidence de faible revenu a augmenté entre 1991 et 2001.

- En 2001, la proportion du revenu provenant de transferts sociaux était deux fois plus grande dans les régions rurales que dans les centres urbains du Nouveau-Brunswick (21,9 %, contre 10,4 %). Les résidents des ZIM fortes affichaient la plus faible proportion du revenu provenant de transferts sociaux, la proportion la plus élevée se trouvant chez les citoyens des ZIM nulles. Ces dernières sont les seules où la proportion du revenu provenant de transferts sociaux en 2001 est supérieure à ce qu'elle était en 1991.

Indicateurs de l'éducation

- En 2001, la proportion de citoyens âgés de plus de vingt ans n'ayant pas de diplôme d'études secondaires était toujours plus élevée en milieu rural qu'en milieu urbain (41,9 % contre 27,1 %).

- Les habitants des centres urbains sont deux fois plus susceptibles que les habitants des régions rurales de détenir un diplôme universitaire (16,2 %, contre 8,1 %). De tous les habitants de la province, ceux des ZIM nulles sont les moins susceptibles d'avoir terminé leurs études secondaires ou d'être titulaires d'un diplôme universitaire.

- En 2001, on comptait 21,1 enseignants par millier d'habitants en ville, contre seulement 15,8 dans les régions rurales du Nouveau-Brunswick.

Indicateurs sociaux

- Les ZIM fortes affichent le plus faible pourcentage de familles monoparentales dans les régions rurales du Nouveau-Brunswick (12,5 %). En revanche, dans les ZIM nulles, près du cinquième des familles (19,6 %) sont monoparentales.

- Les valeurs des maisons sont systématiquement plus élevées dans les centres urbains que dans les régions rurales de la province, et légèrement supérieures dans les ZIM fortes que dans les ZIM nulles.

- C'est dans les ZIM fortes de la province que les logements sont les plus abordables; en 2001, seulement 12,2 % des propriétaires résidentiels consacraient plus de 30 % de leur revenu au logement.

Indicateurs des soins de santé

- Au Nouveau-Brunswick, on dénombre moins de fournisseurs de soins de santé par millier d'habitants dans les régions rurales et les petites villes que dans les centres urbains. En dehors des zones métropolitaines, cet indicateur est le plus élevé dans les ZIM fortes (26,2 par millier d'habitants), mais on y trouve la plus faible proportion de professionnels de la santé (p. ex., médecins) de la province (1,7 professionnel de la santé par millier d'habitants).

Au chapitre de la prospérité économique, du bien-être social, du niveau de scolarité et de l'accès aux soins de santé, il est clair que les habitants des régions rurales et des petites villes du Nouveau-Brunswick tirent de l'arrière en regard des habitants des centres urbains. Les différences qui existent au sein même des régions rurales et des petites villes du Nouveau-Brunswick sont tout aussi apparentes. Malgré de modestes améliorations dans les zones les plus défavorisées, les habitants des ZIM nulles demeuraient encore en 2001 relativement défavorisés par rapport aux autres habitants des régions rurales. Le système de classification des ZIM fait constamment ressortir le besoin croissant de ressources et de soutien à mesure que diminue le degré d'intégration sociale et économique avec les centres urbains. Les besoins à cet égard sont donc relativement plus grands dans les ZIM nulles que dans les ZIM fortes, où le degré d'intégration avec les villes est plus élevé.


Résumé

Introduction
Le Secrétariat rural du gouvernement du Canada a entrepris cette étude conformément à son objectif visant à mieux faire comprendre aux gouvernements et aux citoyens les conditions rurales dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador. Ce rapport fournit des données de référence sur les principales structures et tendances socio-économiques des régions rurales de Terre-Neuve-et-Labrador rurale. L'objectif global consiste à rehausser la pertinence des politiques gouvernementales à la lumière des conditions sociales et économiques que l'on retrouve dans ce secteur de la province.

Méthodes de recherche

Deux grands systèmes de classification forment l'assise de ce rapport. Premièrement, le système des zones d'influence métropolitaine (ou ZIM), mis au point par McNiven et coll. (2000), sert à faire des distinctions à l'intérieur des régions rurales et petites villes de Terre-Neuve-et-Labrador. Les quatre catégories de ce système sont la ZIM forte, la ZIM modérée, la ZIM faible et la ZIM nulle, chacune correspondant à une ruralité croissante. Deuxièmement, le rapport compare sommairement les centres urbains et les régions rurales et petites villes afin de démontrer les différences globales entre ces deux secteurs de la province. Au total, on a calculé et analysé 20 indicateurs des recensements de la population de 2001, 1996 et 1991 de Statistique Canada pour chacun des quatre degrés de ruralité, pour l'ensemble des régions rurales et petites villes de Terre-Neuve-et-Labrador et pour les centres urbains.

PRINCIPALES CONSTATATIONS

Indicateurs démographiques

En 2001, les régions rurales et petites villes regroupaient 53,5 % de la population totale de Terre-Neuve-et-Labrador, soit une baisse par rapport à 55,4 % en 1991. De 1991 à 1996, la totalité, ou presque, du repli démographique provincial de 2,9 % représentait la baisse de population dans les régions rurales et petites villes (5,1 %). Même si la baisse de la population urbaine a contribué à la diminution de la population provinciale de 1996 à 2001, la perte démographique des régions rurales a dépassé de beaucoup celle des centres urbains pendant la deuxième moitié de la décennie. Pour l'essentiel, le recul démographique de 1996 à 2001 a été réparti uniformément dans les régions rurales et petites villes, chaque ZIM affichant une perte de 10,0 % ou de 11,0 %.

La proportion de la population habitant en milieu rural était beaucoup plus forte à Terre-Neuve-et-Labrador qu'au Canada en 2001 (53,5 % par rapport à 20,6 %), le gros de l'écart étant attribuable à la taille relativement plus élevée de la population habitant les ZIM modérées et faibles de Terre-Neuve-et-Labrador que celle du Canada (collectivement de 45,3 % par rapport à 14,2 %). La baisse de la population entre1996 et 2001 dans les régions rurales de Terre-Neuve-et-Labrador a été beaucoup plus marquée qu'au Canada rural (10,6 par rapport à 0,4 %).

Par rapport à sa population urbaine, la population rurale de Terre-Neuve-et-Labrador est moins jeune, comptant relativement moins d'enfants, de jeunes et de jeunes adultes et relativement plus d'adultes et d'aînés. L'âge moyen de la population provinciale a augmenté de 1991 à 2001, la tendance à la décroissance de la population relative d'enfants, de jeunes et de jeunes adultes ainsi que la croissance de la population relative d'adultes et d'aînés étant légèrement plus marquée dans les régions rurales que dans les centres urbains.

Les régions rurales et petites villes comptaient une proportion plus élevée d'Autochtones que les centres urbains de la province (5,6 % dans les régions rurales et petites villes par rapport à 1,5 % dans les centres urbains en 2001). Les ZIM faibles comptaient, en chiffres absolus, le plus grand nombre d'Autochtones en 2001, tandis que les ZIM nulles comptaient la plus forte proportion de personnes se déclarant Autochtones à la même année de recensement.

Indicateurs des conditions économiques, de l'éducation, des conditions sociales et des soins de santé

Les habitants des régions rurales de Terre-Neuve-et-Labrador étaient, de loin, les plus désavantagés du point de vue des conditions économiques, de la scolarité et de l'accès aux soins de santé. Au sein des régions rurales et petites villes de Terre-Neuve-et-Labrador, les ZIM fortes et les ZIM faibles étaient souvent les régions rurales les plus avantagées, et les ZIM modérées et les ZIM nulles les moins avantagées de la province.

L'analyse des données de trois recensements consécutifs permet de suivre l'évolution de Terre-Neuve-et-Labrador rurale au cours de la décennie 1990. Cette analyse au fil du temps fait surtout ressortir la situation de désavantage relatif persistant qui prévaut dans les zones rurales, par rapport aux centres urbains de Terre-Neuve-et-Labrador. Toutefois, le profil de l'évolution au fil du temps en milieu rural est plus complexe, du moins en ce qui touche les conditions économiques. Même si les ZIM nulles ont déjà figuré au nombre des zones rurales les plus favorisées, les conditions économiques s'y étaient dégradées à un point tel qu'elles se classaient parmi les moins avantagées en 2001. Les ZIM fortes, par opposition, ont affiché une amélioration beaucoup plus marquée au fil du temps et, de ce fait, ont remplacé en 2001 les ZIM nulles au titre des régions les plus prospères. Au même moment, la plupart des zones ont affiché une certaine amélioration à la deuxième moitié des années 1990, bien que la conjoncture en 2001 y ait rarement été sensiblement plus favorable qu'en 1991.

Les exemples suivants illustrent ces tendances :

Indicateurs économiques

- La participation au marché du travail était beaucoup plus forte dans les centres urbains que dans les régions rurales de la province (62,9 % par rapport à 53,1 % en 2001, respectivement). Même si les taux d'activité ont augmenté dans l'ensemble de la province de 1996 à 2001, ils étaient toujours plus faibles en 2001 qu'en 1991.

- Les taux de chômage en milieu rural ont dépassé ceux des centres urbains à chaque année de recensement. Les ZIM nulles ont non seulement affiché le plus fort taux de chômage de la province (41,3 % en 2001), mais elles ont été les seules zones de la province où il avait augmenté en 2001 par rapport à 1991.

- Les populations des régions rurales et petites villes travaillaient surtout dans les industries primaires et secondaires, tandis que les habitants des centres urbains avaient beaucoup plus tendance à travailler dans les industries de services, à chaque année de recensement.

- Le revenu personnel médian a été plus élevé dans les centres urbains que dans les régions rurales à chaque année de recensement, mais les ZIM modérées et les ZIM nulles ont été les seules zones de la province à afficher un plus haut revenu médian en 2001 qu'en 1996.

- Une proportion plus élevée d'habitants des régions rurales que d'habitants des centres urbains étaient considérés comme ayant un faible revenu en 2001 (20,5 % par rapport à 17,2 %), les ZIM fortes et les centres urbains affichant à peu près la même proportion d'habitants à faible revenu (17,1 %).

- Une plus forte proportion du revenu dans les régions rurales, par rapport aux centres urbains, provenait de transferts sociaux en 2001 (29,6 % par rapport à 14,2 %), et, au sein des régions rurales de Terre-Neuve-et-Labrador, les habitants des ZIM modérées et des ZIM nulles avaient davantage tendance à tirer leur revenu de cette même source (32,6 % et 32,0 %, respectivement).
Indicateurs de l'éducation

- Les niveaux de scolarité les plus faibles se retrouvent dans les ZIM modérées et les ZIM nulles où, respectivement, encore en 2001, 52,8 % et 53,3 % de la population âgée d'au moins vingt ans n'avait pas terminé d'études secondaires.

- Dans toutes les régions rurales, le taux d'enseignants et de professeurs par millier d'habitants a été plus faible que dans les centres urbains, à toutes les années de recensement. Les ZIM modérées ont affiché le plus faible taux d'enseignants de la province en 2001 (14,7 enseignants par 1 000 habitants).
Indicateurs sociaux

- La valeur des maisons (logement) des ZIM fortes a dépassé de 38 % celle des ZIM nulles. Cependant, la proportion des ménages ayant consacré 30 % ou plus de leur revenu au logement en 2001 était, d'une façon générale, seulement un peu plus faible dans les ZIM nulles que dans les ZIM fortes (11,1 % par rapport à 13,4 %).
Indicateurs des soins de santé

- En 1996, l'écart entre le nombre de fournisseurs de soins de santé dans les centres urbains et celui dans les régions rurales était de 18,5 fournisseurs par 1 000 habitants. En 2001, cet écart s'était creusé, passant à 21,2 fournisseurs par 1 000 habitants.

- Les ZIM nulles ont affiché le plus faible nombre de fournisseurs de soins de santé de la province (11,9 par 1 000 habitants en 2001), le nombre de professionnels de la santé (p. ex., les médecins) dépassant à peine 0,8 par 1 000 habitants.

Une exception digne de mention à cet égard touche la proportion de familles monoparentales. Cette proportion était plus élevée dans les centres urbains que dans les régions rurales de la province (16,8 % par rapport à 13,4 % en 2001), les ZIM nulles étant celles où elle était la plus faible (10,4 %).

Il est clair que les habitants des régions rurales et petites villes de Terre-Neuve-et-Labrador se trouvent désavantagés par rapport aux citadins des points de vue de la prospérité économique, de la scolarité, du logement et de l'accès aux soins de santé. L'écart entre les régions rurales et petites villes de Terre-Neuve-et-Labrador elles-mêmes est toutefois, lui aussi, tout aussi évident. Même si la conjoncture désavantageuse des ZIM nulles porte à croire que le manque d'intégration urbaine joue un rôle ici, les raisons pour lesquelles les ZIM modérées davantage intégrées affichent souvent la conjoncture la plus défavorable de la province ne sont pas claires. Toutefois, au moment de préparer des stratégies et de mettre en ouvre des programmes, les décideurs devraient tenir compte de la gamme des conditions qui prévalent dans les quatre ZIM de la province.


Résumé

Introduction

Le Secrétariat rural du gouvernement du Canada a entrepris cette étude conformément à son objectif visant à mieux faire comprendre aux gouvernements et aux citoyens les conditions rurales dans la province de la Nouvelle-Écosse. Ce rapport fournit des données de référence sur les principales structures et tendances socio-économiques de la ruralité néo-écossaise. L'objectif global consiste à rehausser la pertinence des politiques gouvernementales à la lumière des conditions sociales et économiques que l'on retrouve dans ce secteur de la province.

Méthodologie

Deux grands systèmes de classification forment l'assise de ce rapport. Premièrement, le système précité des zones d'influence métropolitaine (ou ZIM), mis au point par McNiven et coll. (2000), sert à établir des distinctions à l'intérieur des régions rurales et des petites villes de la Nouvelle-Écosse. Les quatre catégories de ce système sont la ZIM forte, la ZIM modérée, la ZIM faible et la ZIM nulle, chacune correspondant à une ruralité croissante. Deuxièmement, le rapport compare sommairement les centres urbains et les régions rurales ou petites villes afin d'illustrer les différences globales entre ces deux secteurs de la province. Au total, on a calculé et analysé 20 indicateurs tirés des recensements de la population de 2001, 1996 et 1991 de Statistique Canada pour chacun des quatre degrés de ruralité, pour l'ensemble des régions rurales et petites villes de la Nouvelle-Écosse et pour les centres urbains.

PRINCIPALES CONSTATATIONS

Indicateurs démographiques

En 2001, 36,7 % des habitants de la Nouvelle-Écosse vivaient dans des zones rurales ou des petites villes, contre 39.6 % en 1991. Entre 1996 et 2001, la population rurale de la Nouvelle-Écosse a diminué de 2,3 %, tandis que la population urbaine augmentait de 1,2 %. A l'intérieur des régions rurales et des petites villes de la Nouvelle-Écosse, les ZIM fortes, soit l'une des régions rurales les moins peuplées, ont enregistré une hausse de population de 4,9 %, tandis que s'opéraient des réductions de 2,1 %, 3,2 % et 1,3 % respectivement dans les zones d'influence métropolitaine modérées, faibles et nulles.

En 2001, la population rurale représentait une proportion plus élevée en Nouvelle-Écosse qu'ailleurs au Canada (36,7 % contre 20,6 %). Entre 1991 et 1996, la population canadienne a augmenté de 3,9 % alors que celle de la Nouvelle-Écosse a diminué de 0,6 %. Après 1996, aussi bien la population rurale de l'ensemble du Canada que celle de la Nouvelle-Écosse ont diminué, mais d'une façon plus marquée en Nouvelle-Écosse (2,3 %) que dans l'ensemble du Canada (0,4 %).

Les habitants des régions rurales et des petites villes de la Nouvelle-Écosse sont un peu plus âgés que les citadins, les proportions d'enfants, de jeunes et de jeunes adultes y étant plus petites que celles d'adultes et de personnes âgées. Si les ZIM faibles illustrent le mieux cette structure démographique plus âgée, ce sont les ZIM fortes qui affichent la structure démographique la plus jeune de la province. Toutefois, il y a eu vieillissement de la population dans toutes les zones géographiques entre 1991 et 2001, mais le phénomène a été plus marqué chez les habitants des ZIM faibles et moins marqué chez celui des ZIM fortes.

La population autochtone ne représente qu'une faible proportion de la population de la province, cette proportion fluctuant entre 1 % et 2 % dans toutes les zones géographiques sauf dans les ZIM nulles, où un habitant sur trois (32,3 %) se réclamait d'origine autochtone en 2001. La proportion d'Autochtones a crû dans presque toutes les zones géographiques de la province entre 1996 et 2001. A l'échelle provinciale, les ZIM nulles ont affiché la plus forte augmentation en pourcentage (de 3,3 %), tandis que les ZIM faibles affichaient la plus forte augmentation en nombres absolus d'habitants autochtones au cours de la seconde moitié des années 90 (augmentation de 2 450 contre 130 dans les ZIM nulles).

Indicateurs des conditions économiques, de l'éducation, des conditions sociales et des soins de santé

Au chapitre des conditions économiques, de l'éducation, des conditions sociales et des soins de santé, la plupart des résultats font ressortir beaucoup de variation à l'intérieur des régions rurales et des petites villes de la Nouvelle-Écosse. Si les différences entre les populations urbaines et rurales sont manifestes, l'écart est souvent plus prononcé entre les quatre catégories de ZIM. Les ZIM fortes sont très comparables aux centres urbains car, selon de nombreux indicateurs, elles sont considérablement plus favorisées que les autres zones rurales de la province. Certains indicateurs révèlent que les conditions y sont même meilleures que dans certains centres urbains. Quant aux ZIM nulles, elles se classent constamment au dernier rang, bien que les ZIM faibles, qui comptent le plus grand nombre d'habitants, figurent parmi les moins favorisées de la province. Les ZIM modérées se situent quelque part entre ces deux extrêmes.

Les données de trois recensements consécutifs permettent de suivre l'évolution de la Nouvelle-Écosse rurale au cours de la décennie 1990. Ce que les indicateurs font ressortir le plus clairement, c'est que les zones rurales sont restées relativement défavorisées par rapport aux zones urbaines de la province, et que la conjoncture favorable des ZIM fortes s'est maintenue. Selon certains indicateurs, les ZIM faibles et nulles ont vu leur bien-être économique se détériorer entre 1996 et 2001, tandis que d'autres indicateurs font état de légères améliorations, mais des améliorations insuffisantes pour réduire l'écart entre ces zones, les ZIM fortes et les centres urbains plus favorisés.

Les exemples suivants illustrent cette tendance.

Indicateurs économiques

- Les ZIM fortes affichent constamment une forte activité sur le marché du travail et de faibles taux de chômage, alors que l'inverse est la norme dans les ZIM nulles.

- Les habitants des ZIM fortes détiennent une forte proportion des emplois des industries de services à la production (30,3 % contre 24,9 % à l'échelle provinciale en 2001). En revanche, les habitants des ZIM nulles sont les moins susceptibles de travailler dans ces industries.

- En 2001, le revenu personnel médian culminait dans les ZIM fortes de la Nouvelle-Écosse rurale, tandis qu'il était à son plus bas dans les ZIM nulles.

- Malgré la baisse la plus accentuée de la fréquence de faible revenu entre 1996 et 2001, les ZIM nulles ont continué d'afficher en 2001 le pourcentage le plus élevé de travailleurs à faible revenu de la province (22,8 %) tandis que le pourcentage le plus faible a été observé dans les ZIM fortes (11,5 %). Les ZIM faibles les plus peuplées se sont classées deuxièmes à l'échelle provinciale quant au pourcentage d'habitants des régions rurales à faible revenu pour cette année de recensement (16,1 %).

- Le pourcentage le plus élevé d'habitants comptant sur les transferts sociaux se trouve dans les ZIM faibles et nulles (21,2 % et 29,4 % de leur revenu total en 2001, respectivement). Les habitants des centres urbains et des ZIM fortes étaient ceux qui en dépendaient le moins (14,1 % et 14,8 %, respectivement).

Indicateurs de l'éducation

- C'est dans les ZIM nulles qu'on a observé le niveau de scolarité le plus faible, 45,3 % des membres de la population âgés d'au moins 20 ans n'ayant pas terminé leurs études secondaires en 2001. Les habitants des ZIM fortes étaient les plus susceptibles de détenir un certificat ou un diplôme d'études postsecondaires (35,8 % contre 31,2 % à l'échelle de la province en 2001) et les moins susceptibles, au sein des populations rurales, de ne pas avoir terminé des études secondaires (36,0 % par rapport à la moyenne rurale de 38,8 %).

Indicateurs sociaux

- Les ZIM nulles affichent la plus importante proportion de familles monoparentales et la plus forte croissance de ce segment au fil du temps (passant de 21,3 % en 1991 à 26,4 % en 2001). La proportion la plus faible de familles monoparentales se retrouve dans les ZIM fortes (12,2 % en 2001).

- C'est dans les ZIM fortes que se trouvent les habitations les plus récentes, 12,2 % des habitations ayant été construites entre 1996 et 2001 contre seulement 6,5 % à l'échelle provinciale. C'est dans les ZIM faibles et nulles que l'on a observé la plus petite proportion de nouvelles constructions domiciliaires durant la même période (4,5 % et 5,7 %, respectivement).

- Le logement est légèrement moins abordable dans les centres urbains que dans les régions rurales. En milieu rural, le logement dans les ZIM modérées est le moins abordable tandis qu'il est le plus abordable dans les ZIM nulles.

Indicateurs des soins de santé

- En 2001, on dénombrait un moins grand nombre de fournisseurs de soins de santé par millier d'habitants dans les régions rurales et les petites villes de la Nouvelle-Écosse que dans les régions urbaines (24,5 contre 33,0 fournisseurs par millier d'habitants). A l'instar des régions non métropolitaines, les ZIM nulles comptaient de loin le plus petit nombre de fournisseurs de soins de santé (14,4 par millier d'habitants).

Les régions rurales et les petites villes de la Nouvelle-Écosse sont de toute évidence défavorisées par rapport aux zones urbaines aux plans de la prospérité économique, du bien-être social, de la scolarisation et de l'accès aux services de santé. Cependant, les différences entre les zones rurales et les petites villes de la Nouvelle-Écosse sont tout autant sinon plus apparentes. Malgré une légère amélioration de la conjoncture dans les ZIM nulles, leurs habitants demeuraient défavorisés par rapport au reste des habitants de la province. Il importe toutefois de souligner que cette zone ne renferme que huit subdivisions de recensement, dont six sont des Premières Nations et l'une des deux autres a subi des répercussions néfastes de la fermeture de la pêche à la morue en 1992. Le système de classification des ZIM fait constamment état de la nécessité croissante de fournir des ressources et de l'aide à ces zones à mesure que diminue leur intégration économique et sociale aux centres urbains. Les besoins au chapitre de la politique et des programmes d'aide sont relativement plus grands dans les ZIM nulles (et, dans certains cas, les ZIM faibles) que dans les ZIM fortes où le degré d'intégration aux villes est plus élevé.


Résumé

Introduction

Le Secrétariat rural du gouvernement du Canada a entrepris cette étude conformément à son objectif visant à mieux faire comprendre aux gouvernements et aux citoyens les conditions rurales dans la province de
l'Ile-du-Prince-Édouard. Ce rapport fournit des données de référence sur les principales structures et tendances socio-économiques de l'Ile-du-Prince-Édouard rurale. L'objectif global consiste à rehausser la pertinence des politiques gouvernementales à la lumière des conditions sociales et économiques que l'on retrouve dans ce secteur de la province.

Méthodes de recherche

Deux grands systèmes de classification forment l'assise de ce rapport. Premièrement, le système des zones d'influence métropolitaine (ou ZIM), mis au point par McNiven et coll. (2000), sert à établir des distinctions à l'intérieur des régions rurales et petites villes de l'Ile-du-Prince-Édouard. Les quatre catégories de ce système sont la ZIM forte, la ZIM modérée, la ZIM faible et la ZIM nulle, chacune correspondant à un degré différent de ruralité. Deuxièmement, le rapport compare sommairement les centres urbains et les régions rurales/petites villes afin d'illustrer les différences globales entre ces deux secteurs de la province. Au total, on a calculé et analysé 20 indicateurs tirés des recensements de la population de 2001, 1996 et 1991 de Statistique Canada pour chacun des quatre degrés de ruralité, pour l'ensemble des régions rurales et petites villes de l'Ile-du-Prince-Édouard et pour les centres urbains.

PRINCIPALES CONSTATATIONS

Indicateurs démographiques

En 2001, les habitants des régions rurales et des petites villes constituaient 44,9 p. 100 de la population totale de l'Ile-du-Prince-Édouard. Les ZIM modérées constituaient les zones rurales les plus populeuses (regroupant 21,7 p. 100 de la population totale), suivies des ZIM fortes (14,0 p. 100), des ZIM faibles (8,6 p. 100) et, finalement, des ZIM nulles (0,5 p. 100).

De 1991 à 1996, on a observé une hausse de population, tant dans les régions rurales que dans les centres urbains. Cependant, de 1996 à 2001, la population rurale de l'Ile-du-Prince-Édouard a diminué légèrement (de 1 p. 100), alors que la population urbaine a continué de croître (de 1,8 p. 100). Le profil de croissance de la population variait considérablement à l'échelle des régions rurales et des petites villes, allant d'une croissance constante dans les ZIM fortes (de 5,9 p. 100 et de 0,1 p. 100 pour chaque période intercensitaire, respectivement) à une baisse de population dans les ZIM nulles (de 10,2 p. 100 entre 1991 et 1996, et de 5,8 p. 100 entre 1996 et 2001).

La population rurale constitue une proportion beaucoup plus grande de la population totale de l'Ile-du-Prince-Édouard que de celle du Canada (44,9 p. 100, contre 20,6 p. 100). Les populations rurales de la province et du Canada ont augmenté de 1991 à 1996 (de 2,4 p. 100 et de 3,9 p. 100 respectivement). Mais après 1996, elles ont toutes deux diminué, quoique à un taux légèrement plus fort à l'Ile-du-Prince-Édouard (1 p. 100) que dans l'ensemble du Canada (0,4 p. 100).

Comparativement aux centres urbains, les régions rurales et les petites villes de
l'Ile-du-Prince-Édouard regroupent des proportions légèrement plus grandes d'enfants et de personnes âgées. A l'exception des ZIM nulles, toutes les zones affichent la même structure par catégories d'âge. Même si les ZIM nulles comptent la plus grande proportion d'enfants de la province (22,8 p. 100, contre 20,0 p. 100 à l'échelle provinciale), elles réunissaient aussi la plus petite proportion de personnes âgées (9,6 p. 100, contre 12,8 p. 100 pour l'ensemble de la province). Entre 1991 et 2001, la répartition des populations rurales et urbaines par catégories d'âge montre une plus grande concentration dans la catégorie d'âge correspondant aux adultes, les ZIM faibles constituant l'exemple le plus éloquent de cette tendance propre à toutes les zones rurales.

En 2001, la proportion d'Autochtones était légèrement supérieure dans les centres urbains que dans les régions rurales et les petites villes (1,2 p. 100, contre 0,8 p. 100). Dans les zones rurales, la proportion d'Autochtones variait, allant de 0,3 p. 100 dans les ZIM modérées à 2,5 p. 100 dans les ZIM faibles. Même si en chiffres absolus le nombre d'Autochtones dans les centres urbains a presque doublé entre 1996 et 2001, passant de 455 à 855 individus, le segment de la population urbaine constitué d'Autochtones n'a augmenté que de 0,6 p. 100 au cours de cette même période. Dans les régions rurales et les petites villes de
l'Ile-du-Prince-Édouard, la proportion d'Autochtones est restée stable dans toutes les zones, sauf dans les ZIM nulles, qui affichaient une hausse de 1,5 p. 100.

Indicateurs des conditions économiques, de l'éducation, des conditions sociales et des soins de santé

Au chapitre des conditions économiques, de l'éducation, des conditions sociales et des soins de santé, la plupart des résultats font ressortir plusieurs écarts à l'intérieur même des régions rurales et des petites villes. Si les différences entre les populations urbaines et rurales sont manifestes, l'écart est souvent plus prononcé entre les quatre catégories de zones géographiques. Les ZIM fortes se comparent mieux, en général, aux centres urbains, plusieurs indicateurs faisant état de conditions nettement avantageuses par rapport à la situation dans le reste de la province. En revanche, les ZIM faibles et, pour plusieurs indicateurs, les ZIM nulles font partie des zones les moins favorisées de la province, alors que les ZIM modérées se situent généralement quelque part entre ces deux extrêmes.

L'analyse des données de trois recensements consécutifs permet de suivre l'évolution de l'Ile-du-Prince-Édouard rurale au cours de la décennie 1990. Ce que les indicateurs font ressortir le plus clairement, c'est que la situation économique globale s'est améliorée à l'intérieur de la province entre les années de recensement 1996 et 2001. Cette croissance ne se fait toutefois pas sentir de façon uniforme dans toutes les zones géographiques de la province. Selon certains indicateurs, les ZIM faibles et les ZIM nulles chroniquement défavorisées ont vu leur situation économique se détériorer de 1996 à 2001. Ces résultats mettent en lumière une disparité croissante entre la situation socio-économique des habitants des ZIM fortes, qui va en s'améliorant, et celle des habitants des ZIM faibles et ZIM nulles, qui se dégrade.

Les exemples suivants illustrent cette tendance :

Indicateurs économiques

- Les faibles taux de chômage sont toujours associés aux régions des ZIM fortes, alors que les taux de chômage élevés sont toujours associés aux régions des ZIM nulles.

- Dans les régions rurales, les habitants des ZIM fortes sont les plus susceptibles de travailler dans les secteurs de l'industrie des services, de la production et des services gouvernementaux, en particulier, alors que les habitants des ZIM faibles et des ZIM nulles sont les moins susceptibles de travailler au sein de l'industrie des services.

- En général, pour l'année 2001, le revenu médian diminuait au fur et à mesure que l'influence métropolitaine faiblissait, le revenu des ZIM faibles représentant 80 p. 100 du revenu des ZIM fortes. En outre, les ZIM faibles étaient également les seules zones rurales de la province à afficher un revenu médian plus bas en 2001 qu'en1991.

- Les ZIM faibles et les ZIM nulles ont les plus fortes proportions d'habitants à faible revenu de la province (15,6 p. 100 et 17,9 p. 100 respectivement), alors que les ZIM fortes ont les plus faibles proportions (7,5 p. 100). Les ZIM faibles et les ZIM nulles étaient aussi les seules zones de la province à afficher une plus forte proportion d'habitants à faible revenu en 2001 qu'en 1991 (quoique les centres urbains avaient la même proportion en 2001 qu'en 1991).

- Les ZIM faibles hébergent la plus forte proportion d'habitants dont les revenus proviennent de programmes sociaux (26,5 p. 100), suivies des ZIM nulles (25,1 p. 100).

Indicateurs de l'éducation

- Les niveaux de scolarité les plus faibles se trouvent dans les ZIM faibles et les ZIM nulles où, encore en 2001, 53,3 et 51,5 p. 100 de la population âgée d'au moins 20 ans n'avaient pas terminé leurs études secondaires. Les habitants des ZIM faibles étaient aussi les moins susceptibles de tous les habitants de la province d'avoir terminé des études postsecondaires (8,2 p. 100) ou de détenir un diplôme universitaire (5,1 p. 100). Les habitants des ZIM nulles étaient les moins susceptibles d'avoir obtenu un certificat ou un diplôme d'études postsecondaires (17,2 p. 100) au cours de l'année de recensement. Par contre, dans les zones rurales, ce sont les ZIM fortes qui affichaient la plus grande proportion de personnes détenant un certificat ou diplôme postsecondaire (32,4 p. 100), ou un diplôme universitaire (10,2 p.100) en 2001.

- En 2001, les ZIM faibles comptaient le plus petit nombre d'enseignants par millier d'habitants, alors que les ZIM fortes en comptaient le plus grand nombre (11,7 contre 13,3 par millier d'habitants, respectivement).

Indicateurs sociaux

- La proportion de familles monoparentales augmentait au fur et à mesure que l'influence métropolitaine faiblissait. Le taux de familles monoparentales était le plus élevé et affichait la plus forte croissance dans les ZIM nulles (passant de 9,8 p. 100 en 1991 à 25 p. 100 en 2001), alors qu'il était le plus faible dans les ZIM fortes (10,6 p. 100 en 2001).

- Les ZIM fortes possédaient les maisons les plus récentes de la province, 16,0 p. 100 de leurs maisons ayant été construites entre 1991 et 2001 contre 14,9 p. 100 dans le reste de la province. C'est dans les ZIM faibles que le taux de construction des nouvelles maisons était le plus bas pendant cette période (12,5 p. 100).

- La valeur des maisons diminuait au fur et à mesure que l'influence urbaine faiblissait. Malgré un déclin entre 1996 et 2001, la valeur des maisons dans les ZIM fortes est demeurée la plus haute des régions rurales en 2001, surpassant de 20 200 $ en moyenne (12 p. 100) la valeur des maisons dans les ZIM nulles.

- Même si leurs maisons sont parmi les moins chères de la province, les habitants des ZIM faibles sont ceux qui ont le plus de difficulté à payer leur logement. De fait, en 2001, 13,5 p. 100 de ces ménages dépensaient plus de 30 p. 100 de leur revenu pour le logement.

Indicateurs des soins de santé

- Les ZIM nulles comptaient la moins grande proportion de fournisseurs de soins de santé de la province (14,8 par millier d'habitants) et, en 2001, on ne comptaient aucun professionnel des soins de santé (p. ex. un médecin). Même s'il y a beaucoup moins de professionnels des soins de santé dans les ZIM fortes que dans les centres urbains, ces zones géographiques comptaient la plus grande proportion de professionnels des régions rurales en 2001 (2,4 par millier d'habitants).

Il est clair que les habitants des régions rurales et des petites villes de la province se trouvent désavantagés par rapport aux citadins pour ce qui est de la prospérité économique, du bien-être social, du niveau de scolarité et de l'accès aux soins de santé. Les différences qui existent à l'intérieur des régions rurales et des petites villes de l'Ile-du-Prince-Édouard sont tout aussi marquées, sinon plus, que celles qui existent entre les régions rurales et urbaines. Malgré de modestes améliorations dans les zones les moins favorisées de la province, soit les ZIM faibles et les ZIM nulles, les habitants de ces zones demeuraient encore, en 2001, relativement défavorisés par rapport au reste de l'Ile-du-Prince-Édouard rurale. Le système de classification des ZIM fait constamment ressortir un besoin croissant de ressources et de soutien à mesure que diminue l'intégration sociale et économique avec les centres urbains. Les besoins à cet égard sont donc relativement plus grands dans les ZIM faibles et les ZIM nulles que dans les ZIM fortes, où le degré d'intégration aux villes est plus élevé.



Renseignements

  • Agriculture et Agroalimentaire Canada
    Valérie Roy, Conseillère principale en communications
    Secrétariat rural
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