L'Association pulmonaire

L'Association pulmonaire

13 déc. 2010 14h00 HE

Association pulmonaire du Canada : Des Canadiens fument encore en présence d'enfants

Une nouvelle étude révèle que plusieurs Canadien-nes ne comprennent pas l'impact du tabagisme sur le développement de la maladie pulmonaire, chez eux ou chez les personnes exposées à la fumée secondaire

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwire - 13 déc. 2010) - Une nouvelle étude de l'Association pulmonaire du Canada révèle que 35 % des fumeurs fument encore dans la maison en présence d'un non-fumeur et que 18 % le font en présence d'un enfant.

« Il est troublant d'apprendre que des personnes fument encore en présence d'enfants, à la maison ou en voiture », affirme la Dre Shannon Walker, pneumologue associée à l'University of British Columbia et coauteure de l'étude. « Les enfants sont plus vulnérables à la fumée secondaire, car ils respirent plus vite et leurs poumons absorbent plus de polluants que ceux des adultes. »

L'étude, publiée aujourd'hui dans la Revue canadienne de pneumologie, signale aussi que 8 % des fumeurs déclarent fumer en présence d'enfants en voiture, où l'exposition aux effets néfastes est encore plus marquée.

Plus du tiers des non-fumeurs interrogés ont déclaré être exposés à la fumée du tabac à la maison ou en voiture. Il est estimé que plus de 1 000 Canadien-nes par année décèdent de la MPOC, du cancer du poumon et d'autres maladies pulmonaires et cardiaques découlant d'une exposition prolongée à la fumée secondaire.(i)

Au Canada, le cancer du poumon est la principale cause de décès lié au cancer parmi les hommes et les femmes; il a coûté la vie à 20 500 Canadien-nes en 2009.(ii) Il est fortement associé à l'exposition à la fumée du tabac.

« Les gens semblent comprendre le lien entre la cigarette et le cancer du poumon, mais ils sont moins sensibilisés au risque d'autres affections comme la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) », note la Dre Walker, également membre de la Société canadienne de thoracologie.

L'étude révèle que jusqu'à 60 % des personnes vulnérables à la MPOC ont une connaissance faible, voire nulle, de cette maladie ou de ses facteurs de risque. « De fait, 27 % des personnes susceptibles de développer la MPOC ne savaient pas, ou n'étaient pas d'accord avec l'affirmation, que la principale cause de la MPOC est l'exposition à la fumée du tabac », précise la Dre Walker. « La MPOC constitue un lourd fardeau pour la santé au Canada. Le manque important de connaissances sur la MPOC et ses facteurs de risque entrave les efforts nécessaires à reconnaître, à réduire ou à enrayer cette maladie parmi la population. Environ 20 % des fumeurs ou ex-fumeurs de plus de 40 ans pourraient avoir la MPOC – mais il faut un test respiratoire simple, nommé spirométrie, pour en confirmer le diagnostic. »

Risques de santé liés à l'usage de cigarillos et de marijuana

« Selon l'étude, les gens sont très sensibilisés au fait que fumer un paquet de cigarettes par jour pendant 10 ans ou plus entraîne un risque élevé de cancer du poumon, mais ils connaissent moins les risques associés à l'exposition au radon et à l'usage de cigarillos et de marijuana », signale le Dr David Saltman, oncologiste au Memorial University of Newfoundland et coauteur de l'étude. 

De fait, les cigarillos contiennent les mêmes substances chimiques que les cigarettes ordinaires, au Canada, et ils contribuent à la maladie pulmonaire et au cancer.(iii) La fumée de marijuana contient certaines des mêmes substances toxiques cancérigènes que la fumée du tabac.(iv)

Le véritable fardeau de la maladie pulmonaire est méconnu

« L'étude démontre que les Canadien-nes ne comprennent pas leur risque de maladie pulmonaire », explique Brian Graham, président du Groupe de travail sur les maladies chroniques de l'Association pulmonaire du Canada. « Une partie du problème est que certaines maladies pulmonaires ont des noms inusités et complexes, comme la maladie pulmonaire obstructive chronique – que certaines personnes pourraient connaître sous le nom de MPOC; et d'autres, sous le nom de bronchite chronique ou d'emphysème », poursuit-il. « Si elles ne reconnaissent pas le nom d'une maladie, comment peut-on s'attendre à ce qu'elles connaissent leur risque? ».

Selon des estimations de l'Association pulmonaire du Canada, jusqu'à 3 millions de Canadien-nes pourraient avoir la MPOC, mais quelque 1,6 million de cas ne seraient pas diagnostiqués.(v) « Il est difficile de brosser un portrait représentatif du fardeau de la maladie pulmonaire, avec tant de cas non diagnostiqués », conclut M. Graham.

L'étude sur la sensibilisation au risque et la maladie pulmonaire a aussi révélé que :

  • 50 % des personnes vulnérables à l'apnée du sommeil, un problème respiratoire sérieux caractérisé par des pauses respiratoires pendant le sommeil, ne savent pas que la perte de poids est bénéfique aux personnes qui font de l'embonpoint.

  • 50% des Canadien-nes déclarent ronfler fort mais plusieurs ne sont pas au courant qu'ils ont un risque accru d'apnée du sommeil.

  • Seulement un-e Canadien-ne sur cinq, vulnérable au cancer du poumon, à la MPOC ou à l'apnée du sommeil, croit qu'il devrait mieux prendre soin de lui.

Au sujet de cette étude

Cette étude a été financée par l'Agence de la santé publique du Canada, par le biais du Cadre de travail national sur la santé pulmonaire, afin d'examiner les facteurs de risque d'importantes maladies pulmonaires dans une population canadienne parmi les plus vulnérables. L'enquête a été réalisée par Léger Marketing pour le compte de l'Association pulmonaire du Canada, entre le 12 et le 16 avril 2010, par le biais d'entrevues téléphoniques et de sondages Internet, auprès d'un échantillon représentatif de 3 036 Canadien-nes (de 18 ans et plus). Un échantillon aléatoire de la même taille aurait généré une marge d'erreur de ±1,8 %, 19 fois sur 20. Le comité consultatif du sondage était composé de membres de l'Association pulmonaire du Canada, de Lung Cancer Canada, de l'Organisation nationale de la santé autochtone, du Memorial University, de la Société canadienne de thoracologie, du COPD Patient Network et de Léger Marketing.

Au sujet de l'Association pulmonaire

Fondée en 1900, l'Association pulmonaire est l'un des organismes de bienfaisance les mieux respectés et des plus anciens au Canada, et un chef de file national en matière d'information scientifique, de recherche, d'éducation, de soutien et de plaidoyer sur les enjeux liés à la santé pulmonaire. www.poumon.ca

La Société canadienne de thoracologie (SCT) est une société spécialisée et la section médicale de l'Association pulmonaire du Canada. Elle promeut la santé pulmonaire en appuyant le milieu des soins respiratoires par le leadership, la collaboration, la recherche, la formation et le plaidoyer, et en favorisant des pratiques exemplaires dans ce domaine, au Canada. Elle conseille aussi l'Association pulmonaire du Canada sur des enjeux scientifiques et collabore avec elle à réaliser sa vision d'« un monde sans maladie pulmonaire ».

(i) Vzoris N, Lougheed MD, « Secondhand smoke exposure in Canada: prevalence, risk factors, as association with respiratory and cardiovascular diseases », Revue canadienne de pneumologie 2008; 15(5) : 263-69.

(ii) Comité directeur de la Société canadienne du cancer, Statistiques canadiennes sur le cancer 2009, Toronto, Société canadienne du cancer, 2009.

(iii) http://www.hc-sc.gc.ca/hc-ps/pubs/tobac-tabac/little-cig-petits/index-fra.php

(iv) Santé Canada : http://www.hc-sc.gc.ca/hc-ps/drugs-drogues/learn-renseigne/cannabis-fra.php

(v) « La maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) au Canada », http://www.lung.ca/media-medias/news-nouvelles_f.php?id-98

Renseignements

  • Association pulmonaire du Canada
    Lucy Charron
    613-569-6411 (poste 221)
    lcharron@lung.ca