Comité régional des associations pour la déficience intellectuelle (CRADI)

Comité régional des associations pour la déficience intellectuelle (CRADI)

09 févr. 2016 11h49 HE

Baisse des services dans les demeures des personnes déficientes intellectuelles ou autistes

MONTRÉAL, QUÉBEC--(Marketwired - 9 fév. 2016) - Le Comité régional des associations pour la déficience intellectuelle (CRADI) se joint à Autisme Montréal pour dénoncer la baisse des services dans les ressources résidentielles spécialisées. Les inquiétudes touchent autant les coupures dans les ressources intermédiaires (RI), mais également la qualité de l'encadrement auprès des résidents par les centres de réadaptation en déficience intellectuelle et du trouble envahissant du développement (CRDITED).

Les coupures, annoncées il y a quelques semaines, touchent plus particulièrement des résidences pour lesquelles des ressources supplémentaires ont été reconnues pour répondre à des besoins particuliers. Trois de ces ressources ont déjà fermé leur porte et un nombre encore plus important songe présentement à le faire. « L'ironie, note Marie-Noëlle Ducharme, directrice du Comité régional des associations pour la déficience intellectuelle de Montréal, est que plusieurs des résidences dont les budgets ou l'existence même sont menacées sont jugées comme exemplaires. Tout ce passe comme si on visait un nivellement par le bas ».

Plusieurs associations membres du CRADI témoignent également d'une détérioration dans la qualité de l'encadrement des ressources résidentielles destinées aux enfants ou aux adultes en situation de handicap. Des familles et des responsables de résidences se voient attribuer des évaluations à la baisse des besoins des personnes (grilles de classification), sans justification autre, selon eux, que la diminution des ressources et des subventions à allouer.

Alain Ouellette, responsable d'une ressource intermédiaire située à Lachine, témoigne : « L'une des Intervenantes du Centre de réadaptation qui venait régulièrement a été coupée. L'un de mes résidents a vu s'est vu attribuer un niveau de besoin beaucoup moindre, sans justification autre, selon moi, que des économies pour l'établissement qui alloue les budgets. Si on n'a pas plus d'argent pour travailler les objectifs d'intégration, qu'arrivera-t-il d'eux dans 5 ans, 10 ans? ».

De son côté, la responsable d'une autre résidence située dans l'Est de Montréal note un roulement accru du personnel d'encadrement du Centre de réadaptation en déficience intellectuelle de son secteur, « On voit beaucoup plus de départs à la retraite ou pour maladie chez les travailleurs sociaux et les éducateurs. Cela affecte évidemment la stabilité et la qualité des suivis auprès des personnes ».

Ces situations s'ajoutent à la fermeture de dizaines de places en résidences à assistance continue (RAC), en 2015-2016, alors que des coupures de plus de 2 millions de dollars sont annoncées encore cette année dans les centres de réadaptation de Montréal en déficience intellectuelle ou autisme. La fermeture de ces places en hébergement ne peut que décourager les familles en attente d'une place pour leur enfant. À Montréal, le nombre de familles en attente d'une place hébergement pour des enfants ou des adultes-personnes vivant avec une déficience intellectuelle ou l'autisme est de plus de 700. L'accès à une place en hébergement peut prendre jusqu'à 8 ans, une situation déjà jugée inacceptable, conclut la directrice du CRADI.

Le Comité régional des associations pour la déficience intellectuelle (CRADI) regroupe 33 organismes communautaires de la région de Montréal qui oeuvrent en déficience intellectuelle et en troubles du spectre de l'autisme.

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