Bibliothèque et Archives Canada

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24 sept. 2007 13h32 HE

Bibliothèque et Archives Canada/L'esprit et l'intention : Que recèlent les traités autochtones? Une nouvelle exposition fascinante à Bibliothèque et Archives Canada

Aux : Rédacteurs-affectations

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwire - 24 sept. 2007) - Bibliothèque et Archives Canada (BAC) est fier d'inaugurer, le 24 septembre 2007, l'exposition intitulée L'esprit et l'intention. Que recèlent les traités autochtones? On pourra y voir une vaste sélection de documents relatifs aux traités conclus depuis le début du 17e siècle jusqu'à la fin du 20e siècle. En plus des documents tirés de la collection de Bibliothèque et Archives Canada, les visiteurs pourront découvrir d'intéressantes pièces provenant d'autres institutions culturelles canadiennes.

L'esprit et l'intention. Que recèlent les traités autochtones? illustre la portée des ententes ratifiées dans les traités de même que les idéaux et les valeurs des divers protagonistes. Les traités et les artéfacts témoignent de décisions qui ont façonné le Canada et son peuple, et comptent parmi les documents historiques canadiens les plus précieux.

"Cette exposition exprime notre engagement continu à préserver et à faire connaître l'histoire des Premières Nations du Canada, a déclaré Ian E Wilson, bibliothécaire et archiviste du Canada. Elle contient des trésors de notre passé commun, des biens rares, précieux, et d'une extrême importance historique et culturelle."

Les deux conservateurs de l'exposition sont M. John Burrows, professeur et titulaire de la chaire de la Fondation du droit en justice et en gouvernance autochtones, à l'Université de Victoria, et M. Jim Miller, professeur d'histoire et titulaire de la chaire de recherche du Canada sur les relations entre les Autochtones et les nouveaux arrivants, à l'Université de la Saskatchewan.

"L'exposition explore les hypothèses et motifs sous-jacents aux ententes entre les peuples autochtones et la Couronne, a déclaré M. Jim Miller. Ce processus est une importante construction du Canada moderne."

Le conservateur John Borrows, anishinabe et membre de la Première Nation des Chippewas de Nawash, affirme que l'exposition prouve que la paix, l'amitié et le respect sont l'assise de la création du Canada. "Le père de mon bisaïeul a signé un traité dans les années 1850, dans le sud de l'Ontario, au nom de ma Première Nation, a déclaré M. Burrows. Il fait bon savoir que cinq générations plus tard, nous nous rappelons encore l'importance que revêt cette entente pour notre avenir collectif."

Au nombre des documents les plus précieux se trouve l'original du Traité 9, signé en 1906, connu également sous le nom de Traité de la baie James. Celui-ci fait foi des premières négociations menées par un gouvernement provincial avec des Autochtones. Sont également exposés une carte de la Nouvelle-France, ouvre du prêtre jésuite Francesco Giuseppe Bressani, considérée comme l'une des cartes majeures du XVIIe siècle, et une veste telle celles offertes par les représentants du gouvernement aux chefs autochtones pendant les négociations.

On peut aussi y voir des publications, des peintures, des ceintures wampums, des objets ayant servi aux échanges commerciaux, des totems, des journaux intimes, ainsi que des documents relatifs aux revendications territoriales et aux ententes modernes.

Présentée en parallèle, l'exposition Etude, examen et analyse de documents relatifs aux traités montre des techniques utilisées au cours d'une étude visant à comprendre comment ces documents ont été fabriqués, comment ils se détériorent et comment en assurer la préservation à perpétuité. L'étude a été réalisée en collaboration par BAC, l'Institut canadien de conservation et le Centre for Scientific and Curatorial Analysis of Painting Elements.

Travaillant en partenariat avec les Premières Nations ainsi qu'avec des associations et collectivités inuites et métis, BAC a fourni l'assise d'une importante relation qui a favorisé, au sein de ces groupes, la compréhension culturelle. BAC remercie le comité de lecture dont les membres, représentants des Premières Nations et de collectivités inuites et métis, ont, par leurs conseils et commentaires, participé à l'élaboration des textes de l'exposition.

BAC remercie pour le prêt de documents pour cette exposition : le Musée canadien des civilisations, le Musée canadien de la guerre, le Musée de la monnaie, Affaires indiennes et du Nord Canada, la collectivité de Kitigan Zibi Anishinabeg et le Bureau du commissaire aux traités de la Saskatchewan.

L'esprit et l'intention. Que recèlent les traités autochtones? est présentée tous les jours du 24 septembre 2007 au 24 mars 2008, à Bibliothèque et Archives Canada, 395, rue Wellington, Ottawa. L'entrée est libre.

DOCUMENT D'INFORMATION

L'esprit et l'intention. Que recèlent les traités autochtones?

Les traités autochtones sont des documents vivants de première importance au pays. L'exposition L'esprit et l'intention. Que recèlent les traités autochtones? met en valeur une sélection de traités originaux ainsi que des pièces provenant de la collection de Bibliothèque et Archives Canada et de d'autres collections canadiennes, le tout couvrant la période datant du XVIIe siècle jusqu'aux années 2000. Cette sélection de documents exposés permettra de présenter diverses perspectives provenant de personnes ou de communautés ayant un lien avec les traités, ainsi qu'une réflexion sur les valeurs et les visions que ces documents incarnent. Les documents et les pièces qui seront en montre lors de l'exposition ont été spécialement choisis afin d'insuffler vie aux voix et visions qui ont guidés la création des traités.

L'histoire des traités autochtones peut être généralement structurée à l'intérieur de cinq périodes thématiques. Ces périodes peuvent être classées thématiquement de la façon suivante : Pré-contact, Commerciale, Paix et amitié, Territoriale, Moderne.

Voici quelques-uns des éléments vedettes qu'il vous sera possible d'admirer lors de votre visite à Bibliothèque et Archives Canada.

Veuillez prendre note qu'il s'agit seulement de quelques exemples de documents et pièces qui seront en montre. L'exposition elle-même vous offre la chance d'admirer plus d'une centaine de documents et de pièces tous plus uniques les uns que les autres.

1. Pré - Contact

Documents en montre:

i) Globe terrestre datant d'environ 1695

Inspiré de l'oeuvre de Matthäus Greuter (c. 1566-1638), ce globe fut produit par Domenico de Rossi (actif 1691 - 1720). Le globe lui-même est un monument vivant aux territoires autochtones et à la façon dont ils étaient représentés par les Européens au XVIIe siècle. Il est exceptionnel de voir ce globe, il s'agit du plus ancien globe conservé par Bibliothèque et Archives Canada.

ii) Carte de la Nouvelle-France datant de 1657

Par le Père jésuite Francesco Giuseppe Bressani: Sur cette carte on retrouve des illustrations de l'Huronie qui dépeignent les activités, les maisons et objets faisant partie de la vie courante des autochtones, incluant l'habillement d'hiver et d'été des hommes, femmes et enfants. Il existe seulement trois exemplaires de cette carte qui est reconnue comme étant l'une des plus significative de son époque.

2. Commerciale

Les traités qui furent conclus pendant la période de commerce intensif qui marqua les XVIIIe et XIXe siècles, virent apparaîtrent en même temps qu'eux toute une gamme de rituels qui avaient comme fonction sociale de sceller les nouvelles alliances. Plusieurs objets symboliques étaient associés à ces traditions.

Pièces en montre :

i) Calumets et perles de traite

Lorsqu'un traité était négocié, on assistait à des discours et on se réunissait pour la cérémonie du calumet de paix. Ces coutumes étaient pratiques courantes et les Autochtones, aussi bien que les nouveaux arrivants européens s'y soumettaient de bon gré.

D'autre part, l'exposition vous plonge dans le contexte historique des traités commerciaux à l'aide de magnifiques peintures qui illustrent brillamment l'atmosphère qui régnait lorsqu'une entente était conclue.

Documents en montre :

ii) Deux lithographies du peintre Peter Rindisbacher

Le chef de Red Lake s'adressant au gouverneur de la rivière Rouge, au fort Douglas, en 1825

Le chef de Red Lake et quelques-uns de ses sujets arrivant à la rivière Rouge pour rencontrer le gouverneur

3. Paix et amitié

3.1 Période de 1603 à 1701

Documents en montre:

i) Colliers de wampum

Selon la tradition orale des Autochtones, certains traités de paix et d'amitié n'étaient que de simples ententes verbales. D'autres traités, verbaux et écrits, étaient retranscrits sur des colliers wampum qui étaient offerts dans des contextes diplomatiques avec les nations impliquées.

A ce jour, on estime qu'il reste entre 300 et 400 objets sur lesquels on retrouve de véritables perles wampum, ces artefacts sont extrêmement rares et convoités pour leur grande beauté.

ii) Chefs iroquois de la réserve des Six-Nations lisant des colliers de wampum

Chefs iroquois de la réserve des Six Nations en train de relire des colliers wampums en 1871. Cette photo nous donne un aperçu de la façon dont les événements d'importance, tels les traités, étaient remémorés chez les Iroquois. Supports de la tradition orale, les colliers wampums devaient être relus et réinterprétés périodiquement devant les membres du groupe de sorte que l'on se souvienne des engagements pris par les siens. C'est ainsi que leur message pouvait être transmis d'une génération à l'autre.

3.2 Période de 1701-1764

Document en montre :

Totems Autochtones

Ces symboles représentent les signatures d'Autochtones sur le document de la Grande Paix de Montréal, signé le 4 août 1701. Chaque chef a signé en dessinant l'animal totem de son clan. Ce qui démontre bien que les Autochtones comme les Européens possédaient déjà leurs propres pratiques de formulation de traités.

Avant la signature du traité de la Grande Paix de Montréal, la guerre entre les Premières nations, qui étaient les alliées des Français, et la ligue iroquoise des Cinq-Nations perturbait grandement le commerce des fourrures.

4. Territoriale

4.1 Proclamation royale et traités du Haut-Canada

Document en montre :

Proclamation royale de 1763

Dans la Proclamation de 1763, le roi George III d'Angleterre exposait le régime d'administration britannique des territoires cédés par la France et déclarait que les Amérindiens et leurs terres seraient traités avec respect. En pratique, la Couronne britannique s'engagea à négocier avec les Autochtones pour conclure des traités mutuellement acceptables. Par conséquent, la Proclamation de 1763 jetait les bases des relations futures entre eux et le gouvernement.

4.2 Traités du Haut-Canada

Pièce en montre:

Manteau de traité

Lorsque le moment était venu de ratifier un traité, les autorités royales offraient aux chefs autochtones des manteaux rouges ornés de boutons en laiton pour démontrer leur importance. Une fois revêtus de ces manteaux de style européen, les leaders autochtones contrastaient vivement avec leur entourage. Un véritable manteau de traité sera en montre lors de l'exposition et il sera aussi possible de voir des peintures sur lesquelles on aperçoit des chefs autochtones revêtant fièrement ces manteaux.

4.3 Traités numérotés de l'Ouest

Documents en montre :

i) Certificats des Métis

Un ensemble complexe de mesures législatives, dont la première était la Loi de 1870 sur le Manitoba, ont été adoptées en réponse aux revendications territoriales des Autochtones dans l'Ouest canadien. Le certificat papier de Métis était une compensation financière pour l'abandon de tout titre foncier que les Métis possédaient sur l'ancienne terre de Rupert en raison de leur ascendance autochtone.

ii) Journal de la Baie James de Duncan Campbell Scott

Il s'agit du journal personnel de Duncan Campbell Scott qu'il aurait écrit lors de ses voyages à la Baie James du 30 juin au 6 septembre 1905 et du 22 mai au 6 août 1906. L'interprétation par Scott des évènements qui mèneront au traité de la Baie James est essentielle pour quiconque tente de comprendre la position du gouvernement canadien dans ce dossier. Scott se trouvait dans l'Ouest canadien en qualité d'un des deux commissaires du gouvernement fédéral chargés de négocier le Traité no 9.

iii) Traité de la Baie James

Il s'agit d'un document parchemin de grande taille sur lequel on retrouve l'entente légale du traité de la Baie James. Le Traité no 9 était unique. En effet, alors que la plupart des traités conclus en Ontario après la Confédération concernaient uniquement le Gouvernement du Canada et les Premières Nations, celui-ci a été le premier d'un petit nombre de traités auxquels le gouvernement de l'Ontario a participé à titre de tierce partie.

4.4 Traités numérotés du Nord

Documents en montre :

i) Traité no 8 : Le Grand Sceau du Canada

Le Traité no 8, dont les négociations initiales remontent à la fin du mois de juin 1899, englobait un territoire de quelque 840 000 kilomètres carrés, plus de trois fois et demie la taille de la Grande-Bretagne, dans le nord-ouest du Canada. Non seulement s'agissait-il du plus important règlement de revendications territoriales entre le Gouvernement du Canada et les Premières Nations, mais le Traité no 8 reconnaissait pour la première fois la coexistence des Indiens et des Métis sous l'appellation "titre autochtone".

ii) Médailles présentés aux chefs autochtones en commémoration du traité numéro 3, 4, 5, 6, 7 (Reine Victoria)

Tous les chefs autochtones signataires des Traités no 3 au no7 ont reçu une médaille d'argent dont un des côtés était frappé à l'effigie de la reine Victoria revêtant sa couronne et son voile. Sur l'autre côté on pouvait trouver un chef autochtone serrant la main à un officier d'état-major. Quelques exemplaires de médailles seront en montre.

5. Moderne

Documents en montre :

i) Document confidentiel de 1968 concernant la mise en place de la Commission sur les revendications des Indiens.

La Commission sur les revendications des Indiens est un tribunal qui permet aux groupes autochtones de rencontrer des fonctionnaires fédéraux et des juges afin de prendre des décisions sur les droits des peuples autochtones.

ii) Carte des traités

Carte détaillée des traités reconnus par la loi en 2004. On peut y voir entre autres la région du Nunavut. En outre, cette carte établit clairement les zones marines associées aux différents traités.

Renseignements

  • Bibliothèque et Archives Canada
    Louisa Coates
    Agente principale des relations avec les médias
    819-934-5721