Jobboom

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09 janv. 2007 11h00 HE

Bilan des perspectives du marché du travail pour les jeunes diplômés en 2007

Les offres d'emploi se multiplient auprès des diplômés La relève manque à l'appel dans au moins 40 programmes

MONTREAL, QUEBEC--(CCNMatthews - 9 jan. 2007) - "Alors qu'au Québec, un jeune sur trois quitte le système scolaire sans formation menant à un métier ou à une profession sur le marché du travail, on dénombre une quarantaine de programmes d'études spécialisées pour lesquels il n'y a pas suffisamment de diplômés pour répondre aux demandes des employeurs. Il y a donc de très belles perspectives, souvent méconnues, pour ceux et celles qui veulent s'inscrire à une formation professionnelle, collégiale technique ou universitaire."

C'est ce qu'a affirmé Mme Patricia Richard, directrice générale des contenus aux Editions Jobboom, à l'occasion du lancement de la 10e édition de l'ouvrage Les carrières d'avenir. La conférence de presse s'est tenue à l'Ecole des métiers des Faubourgs-de-Montréal, en présence de madame Francine Gaudet, adjointe parlementaire de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Mme Michelle Courchesne, de monsieur André Caron, président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, monsieur Gaëtan Boucher, président-directeur général de la Fédération des cégeps, monsieur Claude Champagne, commissaire de Mercier à la Commission scolaire de Montréal, monsieur Claude Robichaud, directeur général du Centre local de développement économique des Moulins, monsieur Frédéric Corbeil, directeur de l'Ecole des métiers des Faubourgs-de-Montréal, et madame Julie Phaneuf, vice-présidente de Canoë et directrice générale de Jobboom.

Le guide Les carrières d'avenir 2007 découle d'une importante enquête menée entre août et novembre 2006 auprès de quelque 400 intervenants des milieux industriel, professionnel et scolaire. Il recense chaque année les meilleures perspectives d'emploi pour les diplômés de la formation secondaire professionnelle, des techniques collégiales et de la formation universitaire. L'ouvrage fait également un bilan de la situation du marché du travail dans les 17 régions administratives du Québec et dans 39 secteurs d'emploi.

Jusqu'à 100 offres d'emploi pour 20 diplômés

"Année après année, nous constatons l'écart entre le nombre d'offres d'emploi et la jeune relève formée dans plusieurs programmes menant au marché du travail en formation professionnelle, collégiale et universitaire", a rappelé Madame Richard.

Voici quelques cas flagrants, recensés lors de la plus récente enquête des Editions Jobboom auprès de services de placement dans tout le Québec.

- Au CFP Lac-Abitibi, on reçoit une trentaine d'offres d'emploi par an pour à peine 10 finissants au DEP en soudage-montage.

- Le Bureau d'emploi en formation professionnelle de la Mauricie a recensé 54 offres d'emploi pour 25 diplômés du DEP en techniques d'usinage au cours de la dernière année.

- Au DEC en Conseil en assurance et services financiers, on recense seulement 6 diplômés au Collège Montmorency. Ces derniers ont pourtant reçu 10 offres d'emploi chacun en 2006.

- Au campus de La Pocatière de l'Institut de technologie agroalimentaire, une trentaine d'offres d'emploi se sont présentées pour les 6 diplômés de 2006 en technologie de la transformation des aliments.

- Le Cégep John-Abbott reçoit une centaine d'offres d'emploi par an pour une vingtaine de finissantes en Techniques d'hygiène dentaire.

- En génie des mines, l'Université Laval n'avait aucun diplômé en 2006. L'établissement reçoit pourtant une cinquantaine d'offres par année pour cette spécialisation.

- En pharmacie, l'Université de Montréal rapporte chaque année de deux à trois offres d'emploi pour chacun de ses 150 diplômés.

Signalons au passage que ces programmes ont aussi figuré de façon récurrente dans la sélection des formations gagnantes des Carrières d'avenir au cours des dix dernières années.

"C'est pourquoi le gouvernement du Québec a mis en oeuvre depuis trois ans, une série de mesures en vue de créer des conditions favorables à l'investissement et à l'amélioration de la productivité, tout en incitant plus de personnes à joindre le marché du travail afin de contrer les effets du vieillissement de la main-d'oeuvre. Cette année encore, nous allons continuer de prendre des mesures pour aider toujours davantage les entreprises à disposer d'une main-d'oeuvre compétente et combattre les effets du vieillissement de la main-d'oeuvre sur notre économie, notamment en faisant la promotion des métiers et professions en demande et pour lesquels l'offre de formation est présente", a déclaré Mme Francine Gaudet, au nom de la ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Mme Michelle Courchesne.

Des besoins en région

"Le besoin de main-d'oeuvre spécialisée ressort particulièrement dans les régions dont l'économie s'appuie sur l'exploitation des ressources naturelles ou le secteur manufacturier", ajoute la directrice générale. Ainsi, le boum de l'industrie minière génère beaucoup d'activité en Abitibi-Témiscamingue, sur la Côte-Nord et dans le Nord-du-Québec. Dans cette industrie toutefois, une personne sur six est âgée de 55 ans et plus. Les besoins de relève seront donc importants au cours des prochaines années, que ce soit pour les géologues, les ingénieurs miniers, les foreurs-dynamiteurs ou les mineurs. Mentionnons que ces derniers doivent être dûment formés car leur travail implique de plus en plus l'utilisation d'équipement informatisé.

"C'est une nuance importante : la demande des employeurs va vers la relève qui détient les qualifications recherchées. Il y a de moins en moins de bons emplois pour les personnes qui ne sont pas formées spécifiquement pour le domaine qui les intéresse", précise madame Richard.

Dans les régions à forte présence manufacturière - Chaudière-Appalaches, Centre-du-Québec, Estrie, Mauricie et Montérégie -, les économistes interrogés insistent sur l'importance, pour les entreprises, d'investir dans des créneaux à valeur ajoutée et d'améliorer leur productivité afin de contrer la concurrence asiatique et de maintenir les emplois. On pense par exemple au meuble sur mesure, aux textiles techniques (destinés à des domaines comme la médecine ou la voirie par exemple) et à la fabrication de machines pour l'usinage. Les économistes incluent aussi la relève dans l'équation : en misant sur la technologie de pointe et les emplois qualifiés, les entreprises de ces régions pourraient arriver à freiner l'exode des jeunes.

Dans les grands centres urbains - Québec, Montréal, Gatineau - la demande de main-d'oeuvre provient surtout de secteurs qui bénéficient d'investissements massifs tels la construction, le commerce et le tourisme, ainsi que d'industries en croissance comme l'aéronautique (quasi exclusive au Grand Montréal), la pharmaceutique ou encore les technologies de l'information et des communications. Les établissements d'enseignement que nous avons contactés signalent d'ailleurs d'excellentes perspectives pour les programmes de DEC en Avionique, en Technique de maintenance d'aéronefs, en Construction aéronautique, en Technologie de la mécanique du bâtiment, en Technologie de l'architecture, en Technologie de l'estimation et de l'évaluation en bâtiment et dans 22 programmes de DEP menant aux métiers de la construction.

Il va sans dire que partout au Québec, le secteur de la santé continue de recruter massivement afin de répondre aux besoins de la population vieillissante et de remplacer le personnel qui part à la retraite. Entre 2005 et 2010, environ 6 000 personnes devront être remplacées dans le réseau. La profession d'infirmière sera la plus touchée par les pénuries de personnel. En 2010, il en manquera près de 4 500. Parmi notre sélection des 150 formations gagnantes, plus de 30 programmes d'études sont liés au domaine de la santé.

"Le renouvellement de la main-d'oeuvre dans le secteur de la santé et des services sociaux constitue un puissant défi pour le gouvernement du Québec. Au cours des dernières années, nous avons multiplié les gestes concrets pour y faire face. Des moyens ont été mis en place ou sont en train de l'être afin de retenir dans le réseau de la santé les jeunes infirmières et les infirmières d'expérience. Des efforts de promotion substantiels ont également permis d'accroître, depuis quelques années, le nombre d'inscriptions dans plusieurs disciplines liées au secteur de la santé. Enfin, nous travaillons très fort pour lever les obstacles à l'intégration professionnelle des personnes immigrantes et nous menons d'importantes missions à l'étranger pour attirer des infirmières et d'autres professionnels de la santé", a précisé Mme Gaudet.

Des cohortes de diplômés qui diminuent... jusqu'à 50 %

"Lors de sa première publication, il y a 10 ans, Les carrières d'avenir cherchait à débusquer les formations peu connues où les perspectives d'emploi demeuraient bonnes, malgré une conjoncture économique difficile. Aujourd'hui, nous continuons de faire connaître des formations moins populaires, mais nous constatons que l'écart ne cesse de s'élargir entre les besoins des employeurs et les diplômés disponibles", a indiqué Mme Richard.

La dénatalité et la vague de départs à la retraite des babyboomers y sont pour beaucoup. Au Québec, la population des 15-24 ans a diminué d'environ 25 % depuis 20 ans. Certains programmes d'études s'en ressentent. Par exemple, en production laitière, les diplômés sont passés de 206 à 150 entre 2003 et 2005 à l'échelle de la province. En techniques d'usinage, on parle d'une baisse de 692 à 354 diplômés, en fabrication de moules et en soudage-montage, de 908 à 706, et en techniques de laboratoire (spécialisation en chimie analytique), de 108 à 52.

Hausse d'inscriptions souhaitée : de 10 à 15 %

"Depuis ses débuts, Les carrières d'avenir a toujours fait ressortir les perspectives trop souvent sous-estimées en formation professionnelle et technique", a rappelé Mme Richard. L'édition 2007 ne fait pas exception : sur 150 programmes d'études sélectionnés, on en compte 71 en formation professionnelle et 59 en formation technique. Une hausse de 10 à 15 % des inscriptions en formation professionnelle et technique pourrait permettre de répondre aux besoins du marché de l'emploi pour ces niveaux de compétence. Il est donc important de faire connaître ces formations aux jeunes, mais aussi aux adultes qui voudraient améliorer leur situation d'emploi.

Mais pour l'heure, dans certains établissements, on ne parvient pas à offrir des programmes car le nombre d'inscriptions est insuffisant. Par exemple, une autorisation de programme sur cinq n'a pas d'élèves en formation professionnelle. Au collégial, une sur trois est vulnérable en raison d'un trop petit nombre d'inscriptions. En plasturgie par exemple certains programmes d'études n'accueillent qu'une douzaine d'élèves par an alors qu'ils pourraient en compter 40. Dans des régions comme la Beauce, où l'industrie est très présente, le besoin de diplômés est donc important dans ce domaine. Le programme de DEC en Technique de transformation des matières plastiques a d'ailleurs figuré à plusieurs reprises dans notre sélection des formations gagnantes.

Des solutions

Des solutions sont en marche afin d'améliorer l'adéquation entre les besoins des employeurs et les diplômés disponibles, notamment une meilleure collaboration entre les employeurs et les établissements d'enseignement. "Lors de notre enquête, nous avons pu constater qu'une vingtaine de programmes d'études offraient un excellent taux de placement grâce à l'organisation de stages", a fait valoir Patricia Richard.

C'est le cas, entre autres, aux DEP en Assistance technique en pharmacie et en Santé, assistance et soins infirmiers, aux DEC en Techniques de thanatologie, en Techniques d'éducation à l'enfance et en Technologie de l'architecture. "Des responsables de services de placement nous ont confié que la grande majorité des diplômés de ces programmes étaient embauchés par les entreprises qui les avaient accueillis durant leur apprentissage. Plusieurs employeurs nous ont aussi souligné que ces formations, combinées avec un stage, répondent à leurs exigences."

Plus que le diplôme

"De nos observations, il ressort aussi que les seuls diplômes ne suffisent pas aux employeurs. Ceux-ci exigent également un certain savoir-être de la part des candidats", a dit Mme Richard. Ainsi, les diplômés de la formation professionnelle doivent généralement faire preuve de fiabilité, de ponctualité, en plus d'être débrouillards et autonomes. Ils doivent être en mesure de régler eux-mêmes certains problèmes, sans attendre l'aide de leur superviseur.

De la part des diplômés du collégial, on exigera généralement une bonne capacité à travailler en équipe et à communiquer ses idées clairement. On leur demandera aussi une bonne dose de rigueur, de jugement, de maturité et de polyvalence, car ils auront à remplir différents rôles, selon l'avancement des projets ou les besoins d'affaires de leur employeur. Les diplômés universitaires, quant à eux, devrons exceller dans l'art de communiquer, surtout s'ils doivent susciter la confiance de clients dans des domaines complexes comme le génie, la comptabilité ou l'architecture, ou de patients dans le domaine de la santé. Le jugement, le sens de l'organisation et l'esprit d'analyse sont aussi essentiels dans plusieurs domaines.

"S'il est vrai que les jeunes commencent à se faire rares sur le marché de l'emploi, ils ne doivent pas pour autant s'attendre à se faire offrir des emplois de façon systématique. Ils doivent être conscients que les employeurs ont des attentes précises en ce qui a trait à leur qualification et à leur savoir-être. D'où l'importance de bien se renseigner sur les possibilités en matière de formation spécialisée et de prendre le pouls du marché du travail", a conclu la directrice générale.

Pour en savoir plus

Le guide Les carrières d'avenir 2007 découle d'une importante enquête menée entre août et novembre 2006 auprès de quelque 400 intervenants des milieux industriel, professionnel et scolaire. L'ouvrage de 300 pages regroupe les statistiques les plus récentes, les analyses et l'information essentielles à la compréhension du marché du travail québécois. Le guide comprend également des coordonnées et des ressources indispensables.

Un bilan complet

- Une sélection de 150 formations gagnantes

- L'emploi dans les 17 régions du Québec

- Une tournée de 39 secteurs d'activité importants


Des dossiers éclairants

Bilan d'une décennie d'observations par les Carrières d'avenir

Comment former plus de travailleurs qualifiés?

Orientation professionnelle : quoi considérer?

Les occasions d'emploi dans l'industrie des mines

La relève est attendue dans les métiers du transport

Jobboom, membre du réseau Canoë, est une filiale de Canoë inc. et de Quebecor Média.

Renseignements

  • Source :
    Jobboom
    ou
    Renseignements : Andrée Pelletier
    Relations publiques Andrée Pelletier
    514-846-0003
    ou
    Pauline Fillion, attachée de presse
    Bureau de comté de la députée de Maskinongé et adjointe
    parlementaire à la ministre de l'Emploi et
    de la Solidarité sociale
    819-228-9722