SOURCE: Heart and Stroke Foundation

Heart and Stroke Foundation

04 juin 2015 00h01 HE

Bulletin sur l'AVC 2015 : Au pays, les gens qui subissent un AVC ne reçoivent pas les soins dont ils ont besoin assez rapidement au cours des premières heures critiques

Les failles du système de santé et les lacunes quant à la reconnaissance des signes de l'AVC exposent la population au risque de mourir ou de souffrir d'incapacités.

OTTAWA, ON--(Marketwired - 4 juin 2015) - Le Bulletin sur l'AVC 2015 de la Fondation des maladies du cœur et de l'AVC (la " Fondation ") met en évidence les défis à relever au cours des premières heures cruciales après un AVC pour permettre à la population du pays d'avoir accès aux meilleurs soins. Ces défis commencent avec le manque de connaissances des gens au sujet de l'AVC et comprennent aussi les délais dans les étapes importantes du diagnostic et du traitement.

L'AVC est une urgence médicale qui nécessite des mesures et des soins médicaux immédiats. La rapidité avec laquelle la personne victime d'un AVC arrive à un établissement hospitalier offrant des services de soins de l'AVC aigu est déterminante pour ses chances de survie, avec peu ou pas d'incapacités. Mais les choses ne se passent pas toujours ainsi.

" La population, le personnel paramédical, le personnel du service des urgences ainsi que les autres professionnels de la santé jouent tous un rôle essentiel dans la prise en charge précoce de l'AVC ", déclare le Dr Robert Côté, neurologue à l'Hôpital général de Montréal du Centre universitaire de santé McGill, et porte-parole de la Fondation. Un traitement rapide est la clé pour sauver des vies et réduire les possibilités d'incapacités de longue durée. Le travail d'équipe est vital pour agir rapidement. La rapidité et la coordination du travail de tous les membres du système de soins de l'AVC peuvent avoir une influence considérable sur les résultats des patients. "

La population est peu sensibilisée à l'AVC

Selon un sondage récent de la Fondation, les gens du pays ne comprennent pas bien ce qu'est un AVC, et à peine un tiers d'entre eux sont en mesure de décrire cette maladie. La connaissance des facteurs de risque de l'AVC est également faible. En effet, seulement un cinquième des personnes interrogées a su définir l'hypertension artérielle comme un facteur de risque prédominant de l'AVC, alors qu'il s'agit en fait du principal. Aussi, la plupart des gens ne savent pas que le tabagisme, une mauvaise alimentation, la sédentarité et l'obésité sont des facteurs de risque de l'AVC.

Trop peu de gens sont capables de reconnaître les signes de l'AVC et connaissent les mesures à prendre lorsqu'ils en sont témoins

La Fondation a lancé récemment une campagne pour promouvoir l'acronyme VITE, une façon simple d'aider la population à reconnaître les signes de l'AVC et à se rappeler d'agir immédiatement :

Visage -- Est-il affaissé?
Incapacité -- Pouvez-vous lever les deux bras normalement?
Troubles de la parole -- Trouble de prononciation?
Extrême urgence -- Composez le 9-1-1.

Les premières étapes critiques dans la prise en charge de l'AVC sont d'en reconnaître les signes et d'agir immédiatement. Malheureusement, les résultats du sondage ont révélé que trop peu de personnes sont capables de reconnaître ces signes et connaissent les mesures à prendre : près de la moitié des répondants ne connaissaient aucun des trois signes VITE de l'AVC et seul le cinquième d'entre eux pouvaient en nommer deux ou trois. Bien que les trois quarts des répondants (77 %) aient déclaré qu'ils composeraient le 9-1-1 s'ils étaient témoins d'un AVC, la réalité est bien différente. Les données de l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) révèlent qu'à peine 59 % des victimes de l'AVC arrivent au service des urgences en ambulance.

La connaissance des trois signes VITE de l'AVC varie selon la province

 
Signes VITE*  Can.  C.-B.  Alb.  Sask.  Man.  Ont.**  Qc  N.-B.  N.-É.  Î.-P.-É.  T.-N.-L.
VISAGE (Est-il affaissé?)  21 %  19 %  23 %  27 %  15 %  26 %  14 %  11 %  15 %  16 %  19 %
BRAS (Pouvez-vous lever les deux bras normalement?)  13 %  9 %  8 %  10 %  11 %  19 %  11 %  7 %  6 %  13 %  7 %
ÉLOCUTION (Trouble de prononciation)  47 %  46 %  42 %  48 %  48 %  61 %  26 %  49 %  52 %  58 %  42 %
*Les répondants peuvent avoir fourni plus de un signe; par conséquent, ces chiffres sont associés aux réponses, et non aux gens.
**Le sondage a été mené deux mois après le lancement de la campagne VITE en Ontario.
 

En mai 2012, le Dr David Butler-Jones, alors administrateur en chef de la santé publique, a subi un AVC. Bien qu'il ait été le médecin-chef du Canada, il avait de la difficulté à comprendre ce qui lui arrivait. Malgré les énormes progrès réalisés pendant son rétablissement, il a pris la décision de quitter son poste de chef de l'agence de la santé publique du Canada, puisque, selon lui, il n'avait plus l'énergie nécessaire pour remplir ses fonctions.

" En tant que survivant d'un AVC, j'en connais les répercussions, dit le Dr Butler-Jones. Être en mesure de reconnaître les signes de l'AVC et de réagir rapidement peut faire toute la différence entre un bon rétablissement, une incapacité de longue durée ou la mort. Réagir vite est crucial. Les gens qui subissent un AVC ont souvent de la difficulté à réaliser ce qui leur arrive et leur sort est entre les mains des autres, qui doivent réagir rapidement.

Les ambulanciers paramédicaux jouent un rôle essentiel pendant les premières heures critiques

En tant que premiers répondants, les ambulanciers paramédicaux jouent un rôle clé dans la prise en charge de l'AVC, un rôle qui est malheureusement mal connu. Leur formation leur permet de " reconnaître et mobiliser " tout d'abord en reconnaissant l'événement comme un AVC et en prenant en charge les besoins de santé immédiats comme la pression artérielle et le rythme cardiaque. Ils recueillent les renseignements essentiels concernant les antécédents médicaux et, plus important encore, tentent d'établir le moment où les premiers signes de l'AVC sont apparus.

Non seulement les ambulanciers peuvent-ils amener le patient à l'hôpital de façon plus rapide et sécuritaire, ils le transporteront dans un établissement prodiguant des soins de l'AVC spécialisés, incluant les traitements thrombolytiques tels que le t-PA, un médicament anticoagulant administré par voie intraveineuse. Des ententes doivent cependant être en place pour permettre aux ambulanciers de contourner les hôpitaux qui pourraient être plus proches afin de transporter le patient dans un établissement disposant d'une unité de soins de l'AVC. Malheureusement, les ententes de dérivation ne sont pas implantées dans toutes les régions à travers le pays.

Lorsque les ambulanciers paramédicaux avisent le service des urgences qu'ils s'y dirigent avec un patient chez qui ils présument un AVC, les membres de l'équipe de soins peuvent être prêts à commencer le diagnostic et le traitement dès l'arrivée du patient. Toutefois, les systèmes de prénotification ne sont en place que dans la moitié des hôpitaux du pays.

La population ne comprend pas le rôle essentiel des ambulanciers paramédicaux

Trop peu de gens comprennent l'importance de composer le 9-1-1 lorsqu'ils sont témoins des signes de l'AVC ou éprouvent ceux-ci. Les résultats de notre sondage le démontrent :

  • Seulement un tiers des répondants ont déclaré qu'il est important d'appeler une ambulance, parce que l'AVC est une urgence médicale qui nécessite une action immédiate.
  • Encore moins de répondants, soit un quart seulement, savent que les ambulanciers paramédicaux peuvent commencer l'évaluation clinique, le traitement et les soins dès leur arrivée sur place.
  • Seulement 5 % des répondants réalisent que les ambulanciers savent quels hôpitaux sont mieux équipés pour fournir des soins de l'AVC.

De plus, à peine un tiers des gens du pays savent que seuls certains hôpitaux sont des centres de l'AVC désignés, c'est-à-dire qui sont équipés pour offrir les meilleurs soins possible en cas d'AVC.

Un diagnostic et un traitement rapides sauvent des vies et favorisent le rétablissement

L'état des personnes chez qui l'on présume un AVC doit être évalué par tomodensitométrie (examen par imagerie cérébrale) aussi rapidement que possible dès leur arrivée à l'hôpital afin de déterminer le type d'AVC, et donc les options de traitement. Les AVC ischémiques, qui sont les plus fréquents, sont causés par un caillot, tandis que les AVC hémorragiques sont causés par la rupture d'un vaisseau sanguin. Les agents thrombolytiques, tels que le t-PA, doivent être administrés le plus rapidement possible, soit dans les 4,5 heures suivant l'apparition des signes de l'AVC. Moins de 40 % des personnes admissibles à ce traitement arrivent dans ce délai, et les victimes d'AVC dans la vingtaine et la trentaine sont celles qui prennent le plus de temps pour se rendre à l'hôpital. L'objectif est d'administrer le t-PA de 30 à 60 minutes après l'arrivée du patient à l'hôpital, mais des données récentes révèlent que le temps médian entre " l'arrivée et l'injection " est de 104 minutes, ce qui est trop long.

Les gens qui font un AVC grave causé par un caillot plus gros peuvent être admissibles aux nouveaux traitements endovasculaires, au cours desquels le caillot est retiré grâce à l'utilisation d'un petit appareil inséré par voie veineuse. Dans la majorité des cas, ce traitement doit être entrepris en dedans de six heures. Les résultats du récent essai clinique ESCAPE, cofinancé par la Fondation, ont révélé que les traitements endovasculaires réduisent de moitié le taux de décès attribuables aux AVC ischémiques graves et améliorent les résultats dans 30 % des cas.

Que pouvons-nous faire pour s'assurer que les gens reçoivent les meilleurs soins de l'AVC au cours des premières heures critiques?

  • La population doit connaître les signes de l'AVC et savoir qu'il faut agir VITE en composant immédiatement le 9-1-1 ou le numéro local des services médicaux d'urgence si elle est témoin de ces signes.
  • Le gouvernement doit encourager l'utilisation de VITE pour sensibiliser les gens aux signes de l'AVC et soutenir les services complets de soins de l'AVC.
  • Les dispensateurs de soins de santé peuvent former le personnel paramédical et les membres des équipes de soins afin que ceux-ci sachent reconnaître les signes de l'AVC et appliquer les protocoles de soins de l'AVC, et mettent en œuvre les Recommandations canadiennes pour les pratiques optimales de soins de l'AVC de la Fondation.

Quelques statistiques sur l'AVC

  • L'AVC est une perte soudaine des fonctions cérébrales.
  • On compte environ 62 000 AVC au pays chaque année, soit l'équivalent d'un toutes les neuf minutes.
  • Au pays, 83 % des personnes victimes d'un AVC qui se rendent à l'hôpital survivent.
  • Après un AVC, 1,9 million de cellules cérébrales meurent toutes les minutes.
  • Des centaines de milliers de personnes au pays vivent actuellement avec les séquelles d'un AVC.
  • L'AVC est de plus en plus courant chez les personnes de moins de 65 ans. C'est également le cas de ses facteurs de risque chez les jeunes adultes.

Cliquez ici pour lire le Bulletin complet : fmcoeur.ca/bulletinavc

La Fondation des maladies du cœur et de l'AVC a pour mission de prévenir les maladies, de préserver la vie et de favoriser le rétablissement. En tant qu'organisme bénévole de bienfaisance en santé, nous nous efforçons chaque jour d'améliorer de façon tangible la santé de toutes les familles du pays. Ensemble, éliminons les maladies du cœur et les AVC pour vivre en santé. fmcoeur.ca

Les sources d'information comprennent : les données sur les hospitalisations et les services d'urgence, les données sur les services paramédicaux de l'Institut canadien d'information sur la santé, et les résultats du sondage mené par Environics Research Group.

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Vidéo intégrée disponible: https://www.youtube.com/watch?v=6sXbeFCXy2I&list=PLlLH6D8gy0OzDyXoWzDd93u7unajxbszf&index=28

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Renseignements

  • Pour de plus amples renseignements ou une demande d'entrevue, veuillez communiquer avec :
    Maryse Bégin
    Gestionnaire, Communications, Québec
    Fondation des maladies du cœur et de l'AVC
    514 871-8038, poste 232
    maryse.begin@fmcoeur.qc.ca