COCQ-SIDA

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25 août 2005 16h45 HE

COCQ-sida/Des prélèvements obligatoires pour la protection des policiers : La pire des solutions!

MONTREAL, QUEBEC--(CCNMatthews - 25 août 2005) - Lors d'un reportage diffusé à Radio-Canada le 22 août dernier, la journaliste Julie Dufresne nous présente le cas des policiers Sébastien Roy et Marc Coutu ayant mené une intervention musclée pour maîtriser un contrevenant. L'un d'eux nous explique qu'ils auraient été en contact avec le sang de cette personne et que celle-ci se serait déclarée séropositive et porteuse de l'hépatite. Ces policiers nous exposent leurs craintes d'avoir été contaminés. Julie Dufresne précise que depuis cet incident, à tous les mois, pendant six mois, ils ont à passer un test sérologique.

Le ton alarmiste adopté lors de ce reportage laisse l'impression que les professionnels et le public ayant des contacts avec des personnes infectées par une maladie transmissible courent de grands risques d'être contaminées.

Monsieur Paulin Aubé, porte parole pour les associations de policiers municipaux du Québec, profite de cette situation de confusion pour demander au Ministre de la justice de rendre obligatoire des prélèvements d'échantillons de sang lorsqu'un policier croit avoir été contaminé au cours d'une intervention.

La politique de l'Association médicale canadienne sur l'infection à VIH en milieu de travail souligne que le risque de transmission du VIH dans les fonctions policières est "extrêmement mince" et que le risque de transmission du VIH en milieu de soins de la santé est "très faible", quoique plus élevé que dans le milieu du travail en général.

Les infections transmissibles par le sang ont toujours suscité des appréhensions au sein de la population. Elles soulèvent périodiquement les mêmes questions complexes. Toutefois, l'application rigoureuse des précautions universelles de prévention des infections représente le meilleur moyen de protection contre les agents transmissibles par le sang.

La COCQ-sida reconnaît que l'angoisse et le stress vécus par ces policiers auraient être évitées par l'application de mesures de prévention adéquates. L'éducation et la formation des policiers du Québec constituent une réponse appropriée face aux inquiétudes auxquelles ceux-ci sont confrontés concernant la transmission des maladies infectieuses. L'adoption d'une loi contraignante, comme celle adoptée en Ontario et que réclame les associations de policiers du Québec, est tout à fait injustifiée.

La loi 105 imposant les tests obligatoires adoptée en décembre 2001 en Ontario a été sévèrement critiquée par la plupart des associations professionnelles de la santé. Dans un article du Réseau juridique canadien VIH/sida (mars 2002) on y indique que le test obligatoire constitue une importante violation de la vie privée et de l'intégrité physique, et que ledit test procurerait une information "possiblement dépourvue de grande valeur, voire de toute valeur".

Par le traitement médiatique de cet événement, la Société Radio-Canada contribue à alimenter l'inquiétude et les préjugés dans la population face à la situation des personnes qui vivent avec le VIH-sida. L'exclusion et la discrimination sont des maladies sociales encore plus transmissibles.

La COCQ-sida regroupe les organismes communautaires québécois impliqués dans la lutte contre le sida en coalition, afin de favoriser l'émergence et le soutien une action concertée. Sa vocation est de susciter, soutenir et consolider l'action communautaire face à la lutte contre le sida sur le territoire québécois. La COCQ-Sida a été créée pour: regrouper les organismes communautaires concernés par le sida, solidariser les gens, unir les démarches, les actions et les ressources impliquées tout en respectant l'autonomie de chacun des groupes-membres.

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