Congrès du travail du Canada

Congrès du travail du Canada

06 juil. 2007 10h35 HE

CTC : Marché du travail, les fondements sont mous

La Banque du Canada ne devrait pas hausser les taux d'intérêt

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwire - 6 juillet 2007) - L'Enquête sur la population active de Statistique Canada, pour le mois de juin, nous montre que tous les nouveaux arrivants sur le marché du travail ne trouvent pas un emploi, le secteur manufacturier, où se trouve les bons salaires et les bonnes conditions de travail, continue à perdre des emplois (31 000 emplois perdus le mois dernier) tandis que le commerce en détail et en gros où, trop souvent, les conditions sont précaires, a créé 88,5 % des nouveaux emplois en juin. "Ces caractéristiques du marché du travail ne créeront ni espoir ni confiance dans nos foyers," dit Ken Georgetti, président du Congrès du travail du Canada. "En effet, les fondements du marché du travail demeurent mous, ce qui explique pourquoi, alors que le taux de chômage est apparemment très bas, les salaires réels n'arrivent pas à augmenter puisque les employeurs n'ont pas de difficulté à trouver des travailleurs et des travailleuses."

"Je renouvelle, avec vigueur, l'injonction que je faisais la semaine dernière au gouverneur de la Banque du Canada, M. David Dodge de ne pas augmenter les taux d'intérêt. Des taux plus élevés auront pour effet de paralyser les secteurs qui offrent les bons emplois bien payés." (Voir ci-dessous l'analyse de l'économiste Erin Weir.)

Données sur le chômage - Des pertes de 31 000 dans les manufactures et l'arrivée d'un grand nombre de personnes qui entrent sur le marché du travail, sont deux facteurs qui ont contribué, en juin, à maintenir le taux de chômage à 6,1 % - le même taux que le mois précédent. Pourtant il y a eu création de 35 000 nouveaux emplois, dont 31 000 (soit 88,5 %) dans le commerce en détail et en gros. Le mois dernier, le nombre de Canadiennes et Canadiens qui veulent un emploi et n'arrivent pas à en trouver s'élevait à 1 086 500 personnes.

Analyse de l'économiste Erin Weir

La crise manufacturière s'aggrave

- Des pertes nouvelles en juin de 31 000 emplois dans les manufactures portent à 95 000 le nombre de positions abolies dans ce secteur depuis le début de février 2007. Depuis le nombre record d'emplois atteint en novembre 2002, les manufactures ont perdu 308 000 emplois.

- En tout et partout, les industries de production de biens ont perdu 38 000 emplois en juin.

Qualité de l'emploi

- Certains choisiront d'interpréter la création de 35 000 emplois comme étant une preuve d'un marché du travail robuste. Cependant, 31 000 de ces emplois étaient dans le commerce en détail et en gros. En juin 2007, les emplois dans le commerce et les services payaient en moyenne un salaire horaire de 13,61 $ alors que la moyenne dans toute l'économie était de 20,25 $.

- Quoique l'emploi à temps plein a augmenté dans tout le pays, il a baissé à Terre-Neuve et au Labrador, à l'Ile-du-Prince-Edouard et en Nouvelle-Ecosse. La Colombie-Britannique à elle seule a perdu 32 000 emplois à temps plein en juin.

Signification quant à la Banque du Canada

- Plusieurs sont d'avis que, vue que le Canada aurait un "marché du travail serré", la Banque du Canada devrait augmenter les taux d'intérêt le 10 juillet pour prévenir l'inflation. Cependant, le marché du travail au Canada n'est pas du tout serré. En juin, le chômage a augmenté plus vite que l'emploi. Les emplois relativement bien payés dans les industries de production de biens étaient remplacés par des emplois de qualité inférieure dans les industries de services. Les salaires réels n'augmentaient à peine que de 1 % par année.

- De plus, le taux d'inflation annuelle se maintient à 2,2 %, bien à l'intérieur de la marge de 1 % à 3 % fixée par la Banque du Canada. Même en Alberta, la seule province avec une inflation notable, le gouvernement provincial se prononce contre une augmentation des taux d'intérêt.

- Des taux d'intérêt élevés auraient pour première conséquence d'aggraver la crise manufacturière en augmentant le coût des investissements et en alimentant des taux de change excessivement plus élevés. La Banque du Canada ne devrait pas causer des pertes d'emplois plus grandes encore en combattant une menace d'inflation inexistante.

Pertes d'emplois dans la construction et les ressources naturelles

- En juin, des commentaires de la CIBC et de Exportation et développement Canada diminuaient l'importance de la crise manufacturière, avec pour argument qu'une forte augmentation de l'emploi dans la construction et dans les ressources naturelles remplacerait les emplois perdus en manufactures. Le Congrès du travail du Canada répliquait avec un rappel que ces secteurs sont cycliques et imprévisibles. En effet, l'Enquête sur la population active aujourd'hui révèle que les secteurs de la construction et des ressources naturelles ont respectivement perdu 2 000 et 7 000 emplois en juin. Autrement dit, le pays ne peut s'en remettre à ces deux secteurs pour compenser la perte des emplois stables du secteur manufacturier.

Le Congrès du travail du Canada, voix nationale du mouvement syndical, représente 3,2 millions de travailleuses et travailleurs canadiens. Le CTC réunit les syndicats nationaux et internationaux du Canada, les fédérations provinciales et territoriales du travail et 136 conseils du travail régionaux.

Renseignements

  • Congrès du travail du Canada
    Jean Wolff, Communications
    613-526-7431
    613-878-6040
    ou
    Congrès du travail du Canada
    Erin Weir, économiste
    613-526-7412
    www.congresdutravail.ca