Congrès du travail du Canada

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12 déc. 2006 08h00 HE

CTC : Un nombre croissant de Canadiens et Canadiennes ont des salaires de misère, selon une étude récente

L'augmentation de la pauvreté obscurcit la croissance des emplois en 2006

OTTAWA, ONTARIO--(CCNMatthews - 12 déc. 2006) - Un nombre croissant de Canadiennes et de Canadiens sont emprisonnés dans des emplois qui ne leur permettent pas de gagner de quoi payer leur loyer et nourrir leur famille. C'est la conclusion frappante d'un rapport publié aujourd'hui par le Congrès du travail du Canada. Bien que plus de gens travaillent et que certains gagnent un petit peu plus que l'année dernière, le nombre des personnes qui ont des salaires de misère augmente.

"En tant que pays, nous avons un problème parce qu'une personne sur huit qui ont des emplois, reste pauvre et qu'une personne sur quatre a un emploi qui ne lui assure que peu de sécurité économique ou de stabilité", déclare Ken Georgetti, président du Congrès du travail du Canada.

Le Bulletin 2006 Mon travail, mon avantage?, qui compare les statistiques sur l'emploi et le revenu de la première moitié de chaque année depuis 2001, révèle des contrastes. D'une part, la création d'emplois augmente, le chômage diminue et la valeur réelle des salaires et de l'épargne des ménages augmente. D'autre part, il y a une étonnante augmentation du nombre des travailleurs et travailleuses pauvres et un écart de plus en plus grand entre ceux qui gagnent le plus et ceux qui gagnent le moins.

"Les personnes dont les revenus sont les plus élevés obtiennent plus que leur juste part. Toutes les autres luttent pour joindre les deux bouts, et les pauvres sont laissés en plan. Une économie vraiment saine assurerait un meilleur partage de la prospérité", dit M. Georgetti.

Le rapport du Congrès du travail du Canada n'est pas le premier qui dénonce le nombre croissant des familles travailleuses sombrant dans la pauvreté. L'Association canadienne des banques alimentaires a indiqué dernièrement que les personnes ayant un emploi constituent le deuxième groupe en importance des clients des banques alimentaires. Le bilan le plus récent de Campagne 2000 sur la pauvreté des enfants et des familles au Canada révèle que le tiers des enfants des familles à faible revenu font partie de familles comprenant au moins un parent travaillant à plein temps à longueur d'année.

M. Georgetti dit que l'augmentation de la pauvreté des familles travailleuses tient plus à la faible qualité qu'à la quantité des emplois créés.

"Sur un marché du travail serré, les employeurs devraient pouvoir offrir des emplois permanents aux travailleurs et travailleuses, mais 27 % des travailleurs et travailleuses adultes n'ont que des emplois à temps partiel, temporaires ou indépendants. Bien que le nombre des emplois à temps partiel ait diminué légèrement, la proportion des emplois à contrat à court terme et des emplois saisonniers a augmenté", affirme-t-il.

Selon M. Georgetti, les nouveaux emplois ne remplacent pas les 300 000 emplois manufacturiers disparus depuis quatre ans. Bon nombre de ceux-ci étaient des emplois à plein temps très spécialisés qui payaient en moyenne 21 $ par heure. Entre temps, l'essor du secteur énergétique qui crée de bons emplois, particulièrement dans l'Ouest canadien, n'a remplacé qu'un sixième des emplois éliminés dans le secteur manufacturier depuis 2002.

"Le fait d'avoir un emploi est censé permettre d'aller de l'avant. Il est censé permettre à une famille d'échapper à la pauvreté. Un pays aussi prospère et riche en possibilités que le nôtre devrait pouvoir aider davantage ses travailleurs et travailleuses", indique M. Georgetti, qui incite le gouvernement à adopter une stratégie sur l'emploi mettant l'accent sur la prospérité à long terme des familles travailleuses par l'amélioration de l'accès à la négociation collective, des normes d'emploi et de leur mise en application.

"Dans un premier temps, il serait judicieux de hausser les salaires des travailleurs et travailleuses les plus pauvres, ce qui nécessite de rendre les salaires minimums supérieurs au seuil de la pauvreté et de donner aux travailleurs et travailleuses pauvres les moyens d'accroître leurs compétences, y compris leurs capacités de base de lecture, d'écriture et de calcul", ajoute M. Georgetti.

Le Congrès du travail du Canada, voix nationale du mouvement syndical, représente 3,2 millions de travailleuses et travailleurs canadiens. Le CTC réunit les syndicats nationaux et internationaux du Canada, les fédérations provinciales et territoriales du travail et 135 conseils du travail de district. Site web : www.congresdutravail.ca

Renseignements

  • Congrès du travail du Canada
    Jeff Atkinson
    613-526-7425 et 613-863-1413
    ou
    Congrès du travail du Canada
    Jean Wolff
    613-878-6040