Comité régional des associations pour la déficience intellectuelle (CRADI)

Comité régional des associations pour la déficience intellectuelle (CRADI)

13 déc. 2007 11h15 HE

Des décisions qui excluent les personnes qui présentent une déficience intellectuelle

MONTREAL, QUEBEC--(Marketwire - 13 déc. 2007) - "Nous en avons plus qu'assez de passer notre tour", c'est ce que sont en droit de dire des nombreuses personnes qui présentent une déficience intellectuelle (DI) et leurs parents. En effet, depuis 2003, il y a du développement budgétaire dans le secteur de la réadaptation en déficience physique et en troubles envahissants du développement (TED) mais pas en déficience intellectuelle.

Lors de la réunion du conseil d'administration de l'Agence de santé et de services sociaux de Montréal, le 11 décembre, cette tendance, qu'on espérait voir prendre fin, se maintient avec l'annonce de développement budgétaire de l'ordre de1,6 M$ seulement au profit du secteur des TED. Le budget est pourtant annoncé dans le programme DI-TED, mais l'argent va entièrement au secteur TED.

On continuera donc d'attendre que du financement permette à des personnes de recevoir enfin les services dont elles ont besoin pour être des citoyens à part entière : stimulation précoce pour les petits, services résidentiels pour des personnes qui veulent voler de leurs propres ailes ou pour d'autres dont les parents sont épuisés ou vieillissants, services socioprofessionnels ou activités de jour pour travailler ou se rendre utiles. Est-ce trop demander?

Le ministre de la santé et des services sociaux, Philippe Couillard, disait en juin dernier, alors qu'il accordait 40 M$ au secteur personnes handicapées (tout le Québec), que les personnes ayant une déficience intellectuelle avait été négligées.

Malheureusement toutes les raisons sont bonnes pour faire attendre cette partie de la clientèle. "Il y a des cas plus urgents", "leur situation n'est pas si pire", "leur intégration va assez bien" On oublie par contre toute l'énergie déployée par les parents pour la réussite de cette intégration et combien elle est fragile. On ne pense pas non plus à toutes ces personnes sans familles qui sont isolées, malades, négligées, parfois en danger.

A Montréal, l'attente de services en DI date du début des années quatre-vingt-dix. La Régie régionale de la santé et des services sociaux (aujourd'hui Agence) avait d'ailleurs lancé un message très clair au printemps 1998 en demandant l'injection de 12 M$ pour réduire les listes d'attente dans ce secteur et en invitant les établissements à faire un exercice de compressions budgétaires du même ordre. Les établissements ont fait leurs devoirs, le gouvernement a de son côté, accordé des montants mais l'objectif (12 M$) n'a jamais été atteint. A l'heure actuelle, le réseau de la santé et des services sociaux tente de régler ce problème d'attente en se réorganisant. Des travaux sont en cours à l'Agence depuis l'automne 2006, travaux qui nous portaient à croire que la déficience intellectuelle regagnerait du gallon. Cette annonce faite lors de la réunion du C.A. de l'Agence du 11 décembre nous surprend et nous déçoit énormément.

La liste d'attente est toujours aussi assommante; selon les données des centres de réadaptation, en avril 2006, 1193 personnes présentant une déficience intellectuelle attendaient des services, ce qui constitue une augmentation de 10 % par rapport à avril 2005. La situation empire et l'Agence prend des décisions que nous ne pouvons accepter!

Certaines personnes risquent de ne pas recevoir les services dont elles ont besoin parce que leur situation n'est pas considérée comme prioritaire. Voilà une catégorie de personnes qui risquent d'être exclues; dans une société qui se dit inclusive, n'est-ce pas incommodant?

Renseignements

  • Source : Comité régional des associations
    pour la déficience intellectuelle (CRADI)
    Hélène Morin
    514-255-8111
    helene.morin@cradi.com