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29 août 2007 06h00 HE

Des diplômes recherchés...mais en péril !

Placement en emploi 2007 : Un cercle vicieux

MONTREAL, QUEBEC--(Marketwire - 29 août 2007) - La plus récente enquête des Editions Jobboom sur le placement des diplômés, menée en juin dernier, montre une fois de plus que plusieurs programmes de formation professionnelle et technique peinent à attirer des élèves malgré des perspectives d'emploi favorables. Certains programmes sont même suspendus faute d'inscriptions.

"Il s'établit un cercle vicieux dans des secteurs où la main-d'oeuvre est très recherchée, comme la plasturgie et la restauration : les employeurs qui ne trouvent pas assez de travailleurs qualifiés se contentent de candidats non diplômés. Par ricochet, les salles de cours se vident, et il y a de moins en moins de diplômés disponibles", dit Patricia Richard, directrice des contenus Jobboom.

Les établissements d'enseignement tendent à annuler un programme qui ne reçoit pas assez d'élèves pour former une classe. C'est ce qui est arrivé, entre autres, au Centre de formation professionnelle Le Chantier, à Laval, où le diplôme d'études professionnelles (DEP) Découpe et transformation du verre a été retiré de la grille horaire à l'automne 2006 et à l'hiver 2007. Quant à l'Ecole professionnelle de métiers de Saint-Jean-sur-Richelieu, elle n'a pas reçu suffisamment d'inscriptions pour offrir le programme de plasturgie Conduite et réglage de machines à mouler en 2007.

Au moment de l'enquête, certains programmes très populaires auprès des recruteurs risquaient pourtant d'être annulés. Le Centre de formation professionnelle Wilbrod-Bherer, à Québec, manquait d'inscriptions pour le DEP Mécanique de véhicules routiers (spécialité autobus). Une situation semblable prévalait au Centre de formation professionnelle Marie-Rollet, toujours à Québec, en ce qui concerne le DEP Service technique d'équipement bureautique. L'établissement n'avait reçu que trois candidatures pour la session d'automne. De son côté, le Centre de formation professionnelle Mont-Joli-Mitis, dans le Bas-Saint-Laurent, a dû jumeler les DEP Horticulture ornementale et Production horticole pour les maintenir en vie. Or, les jardineries s'évertuent à trouver du personnel compétent.

De façon générale, l'enquête démontre que le manque de diplômés en formation professionnelle et technique cause des maux de tête aux employeurs. Voici quelques exemples frappants :

En formation professionnelle

- Le Centre de formation professionnelle Fierbourg, à Québec, rapporte que chacun de ses diplômés des DEP Service de la restauration et Réception en hôtellerie s'est vu offrir trois ou quatre postes différents.

- A l'Ecole des métiers des Faubourgs de Montréal, les vingt finissants en Réalisation d'aménagements paysagers de 2007 ont reçu quelque 200 offres d'emploi.

- Depuis 2004, le Centre régional intégré de formation de Granby n'arrive plus à attirer qu'une quarantaine d'élèves par an dans les classes du DEP Techniques d'usinage. Il aurait fallu deux fois plus de diplômés en 2007 pour combler les besoins des employeurs de la région.

En formation technique

- Le Collège de Rosemont, à Montréal, a reçu 100 offres d'emploi pour ses 26 finissants de 2007 en Techniques de l'informatique, options Gestion de réseaux informatiques et Informatique de gestion.

- Le Collège de Maisonneuve, à Montréal, a reçu 69 offres d'emploi pour ses douze finissants de 2007 en Techniques de procédés chimiques.

- En Minéralurgie, les huit finissants du Cégep de Thetford se sont vu offrir une trentaine d'offres de stage.

- Le DEC Techniques de laboratoire avec spécialisation en chimie analytique, offert dans six collèges au Québec, n'a produit que 52 diplômés en 2006, contre 108 deux ans plus tôt. Or, cette expertise est très recherchée dans des industries comme la biopharmaceutique et l'agroalimentaire.

Des explications?

"Il peut y avoir plusieurs causes à la situation. Ainsi, certains programmes conçus pour répondre aux besoins du marché du travail semblent tellement pointus qu'ils "parlent" peut-être moins aux jeunes, explique Patricia Richard. A prime abord, il est difficile de se représenter ce qui se fait dans une formation intitulée DEP en Techniques d'usinage, par exemple. Même si les diplômés sont recherchés partout au Québec, le fait que le programme soit lié au secteur manufacturier peut aussi expliquer cette désaffection.

"Par ailleurs, les programmes de DEP Charpenterie-menuiserie et Electricité, peut-être plus concrets, n'ont aucun mal à recruter : les inscriptions sont même en augmentation."

Les conditions de travail appréhendées expliquent aussi, dans certains cas, le peu d'inscriptions. Par exemple, les programmes liés au tourisme correspondent souvent à des emplois de soir ou de fin de semaine.

Formation universitaire : demande en croissance

De leur côté, les universités québécoises voient les perspectives d'emploi de leurs diplômés s'améliorer de façon constante depuis quelques années. Tous les établissements contactés confirment que la vague de retraites amorcée dans plusieurs domaines favorise l'embauche.

Certaines disciplines, comme la comptabilité, l'administration, l'actuariat et la statistique sont toujours des valeurs sûres. La preuve : HEC Montréal a reçu, en 2007, pas moins de 4 500 offres d'emploi pour ses quelque 750 finissants, ce qui correspond à 2 000 offres de plus qu'il y a trois ans.

Les diverses branches du génie demeurent très recherchées, particulièrement le génie civil et le génie aéronautique. Certaines sciences, comme la biologie, la foresterie et la géomatique, profitent de l'engouement pour le développement durable.

Enfin, les finissants en informatique ne suffisent pas à la demande. "Le domaine des technologies de l'information et des communications a retrouvé son dynamisme après quelques années difficiles. Le hic, c'est que les classes se sont vidées quand les employeurs se sont mis à faire des mises à pied. Maintenant que les entreprises sont prêtes à embaucher, il y a peu de diplômés", explique Patricia Richard.

Santé : des choix toujours gagnants

"Le vieillissement de la population a un double effet sur les besoins en personnel dans le réseau de la santé, commente Patricia Richard. Alors que plusieurs professionnels prennent leur retraite, le nombre de patients va en augmentant. Les perspectives d'emploi sont donc excellentes, et ce pour les trois ordres d'enseignement."

Les universités offrent une foule de programmes liés à la santé, tous populaires auprès des employeurs : optométrie, physiothérapie, ergothérapie, pharmacie, etc. Mais les programmes de la formation professionnelle et technique ont aussi la cote. Dans les centres de formation professionnelle, on trouve les DEP Santé, assistance et soins infirmiers (qui forme des infirmières auxiliaires), Assistance aux bénéficiaires en établissement de santé (préposés aux bénéficiaires), Assistance familiale et sociale aux personnes à domicile (aides familiales), Assistance technique en pharmacie et Assistance dentaire. Dans les cégeps, les disciplines recherchées vont des Soins infirmiers aux Techniques d'inhalothérapie et aux Techniques d'hygiène dentaire. Même les Techniques de diététique vivent un regain, alors que la demande pour cette spécialité était plus modérée au cours des années précédentes.

Quelques exceptions

Si le DEC Techniques de bureautique va bien, en règle générale, il semble que l'option micro-édition et hypermédia intéresse peu les employeurs. Tant au Collège de Maisonneuve qu'au Cégep de Chicoutimi, on note que les diplômés éprouvent des difficultés à dénicher des postes où ils pourraient utiliser leurs compétences en mise en page et en montage Web. Du côté universitaire, les étudiants en enseignement verront vraisemblablement leurs perspectives d'emploi s'assombrir dans les prochaines années, puisque le nombre d'élèves diminue dans les écoles. A court terme cependant, les baccalauréats liés à l'éducation offrent encore des débouchés. Les diplômés spécialisés dans l'enseignement des sciences et des mathématiques sont particulièrement recherchés.

Les résultats complets de cette recherche sont publiés dans les guides Les métiers de la formation professionnelle, Les carrières de la formation collégiale et Les carrières de la formation universitaire des Editions Jobboom (en librairie dès maintenant, 420 pages, 16,95 $).

Les Editions Jobboom sont une division de Jobboom.com, le site d'emploi de Canoe.ca.

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Renseignements

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    Renseignements : Andrée Peltier
    Relations publiques Andrée Peltier
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