Fondation canadienne pour l'innovation



Fondation canadienne pour l

19 févr. 2013 10h15 HE

Des données attestent la nécessité d'un suivi à long terme des athlètes victimes d'une commotion cérébrale

Des chercheurs canadiens émérites abordent des domaines d'excellence nationaux au congrès annuel de l'AAAS

BOSTON, MASSACHUSETTS--(Marketwire - 19 fév. 2013) - Dans la foulée des 4 000 poursuites intentées contre la Ligue nationale de football par d'anciens joueurs alléguant que la Ligue a omis de les protéger des conséquences à long terme des commotions cérébrales, une étude menée par une éminente chercheuse canadienne pourrait changer la donne en démontrant que les blessures au cerveau peuvent persister pendant des décennies suivant le traumatisme crânien initial.

« L'absence de symptômes ne garantit pas que le cerveau fonctionne normalement », indique Maryse Lassonde, neuropsychologue et directrice scientifique du Fonds de recherche du Québec - Nature et technologies.

La chercheuse, dont les travaux sont financés par la Fondation canadienne pour l'innovation, a travaillé auprès de l'équipe de hockey les Canadiens de Montréal, traitant les joueurs victimes d'une commotion cérébrale pendant 15 ans. En outre, elle a mené simultanément des recherches sur les effets de la commotion cérébrale chez les enfants et les athlètes, jeunes et moins jeunes.

Pour évaluer les effets des traumatismes crâniens, elle a fait passer des tests visuels et auditifs précis à des athlètes et cartographié leur cerveau à l'aide d'un électroencéphalogramme et de techniques d'imagerie par résonnance magnétique, en plus d'en analyser la composition chimique.

Ces travaux ont démontré que les ondes cérébrales demeurent anormales chez les jeunes athlètes deux ans après une commotion cérébrale et que les voies motrices du cerveau s'atrophient en réponse à un choc.

Les conclusions de la recherche, publiées dans les revues Brain et Cerebral Cortex, ont des répercussions majeures sur la réglementation du sport amateur et professionnel, le traitement des joueurs et l'importance de prévenir la violence au hockey et au football.

« D'abord et avant tout, grâce à des techniques de pointe comme l'électroencéphalographie, nous avons découvert que la commotion cérébrale entraîne un trouble du déficit de l'attention, précise la chercheuse. Cela peut également donner lieu à des troubles moteurs chez les jeunes athlètes. »

Et les effets à long terme chez les anciens athlètes plus âgés sont encore plus persistants.

En se penchant sur des cas d'athlètes ayant subi leur dernière commotion cérébrale il y plus de 30 ans et en comparant ceux-ci à des pairs en santé n'ayant pas été victimes d'un traumatisme, Maryse Lassonde a découvert que les premiers souffraient de troubles de la mémoire et du déficit de l'attention ainsi que de troubles moteurs s'apparentant aux premiers symptômes de la maladie de Parkinson. Des tests plus poussés chez ces athlètes plus âgés ont révélé un amincissement du cortex dans les mêmes régions du cerveau généralement touchées par la maladie d'Alzheimer.

« Cet amincissement correspond au déclin de la mémoire et de l'attention », souligne Maryse Lassonde.

La chercheuse indique qu'à la suite d'une commotion cérébrale, les jeunes ont besoin d'une période de repos. En retournant au jeu trop rapidement, ceux-ci risquent de subir une deuxième commotion, ce qui pourrait entraîner de graves lésions au cerveau, voire la mort.

« Un enfant ou tout autre joueur victime d'un tel traumatisme doit être tenu à l'écart du jeu et de tout exercice cognitif jusqu'à la disparition des symptômes, poursuit la chercheuse. La commotion cérébrale ne devrait pas être prise à la légère. De plus, il faut à tout prix suivre les anciens joueurs en milieu clinique afin de s'assurer que leurs fonctions cognitives ne vieillissent pas prématurément. »

Maryse Lassonde a pris la parole dans le cadre du congrès annuel de l'American Association for the Advancement of Science, à Boston, à titre de membre de la délégation canadienne.

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Renseignements

  • Pour obtenir de plus amples renseignements sur les travaux
    de Maryse Lassonde ou pour toute demande d'entrevue
    Yves Melanson
    Fondation canadienne pour l'innovation
    613 996-3160
    yves.melanson@innovation.ca