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16 nov. 2015 10h38 HE

Des projets innovants dans l'énergie et la chimie au Québec

MONTRÉAL, QUÉBEC--(Marketwired - 16 nov. 2015) - De nouveaux projets en gaz naturel liquéfié et des procédés chimiques novateurs promettent de renouveler les industries de l'énergie et de la chimie au Québec dans les prochaines années.

Cinq de ces projets ont été présentés devant plus de 130 participants lors de la deuxième édition du Sommet de la chimie et de l'énergie, qui s'est tenue à l'hôtel Alt de Montréal le 13 novembre dernier.

Ils sont tous porteurs d'innovation, d'économies et de réduction de gaz à effet de serre. Sans parler de création d'emplois dans des secteurs qui en ont besoin.

Projet structurant en Gaspésie

En Gaspésie, le promoteur Tugliq propose d'installer une usine flottante pour liquéfier le gaz naturel venant du gisement pétrolier Bourque situé près de Murdochville et exploité par la compagnie pétrolière québécoise Pétrolia.

Ce projet de 550 millions (M$) créerait près de 200 emplois. L'usine serait fabriquée par la compagnie belge Exmar, pionnière dans le domaine, et serait installée sur une barge dans un port près du gisement. (Le site n'a pas encore été annoncé). Le transport du GNL vers les clients serait assuré par le Groupe Océan de Québec. Le projet nécessite aussi la construction d'un gazoduc d'entre 30 et 60 kilomètres pour acheminer le gaz naturel à la barge.

Référence en Amérique du Nord

Le pdg de Tugliq, Pierre Rivard, qualifie son projet de «référence en Amérique du Nord en matière d'approvisionnement énergétique de proximité». Parce qu'il est situé tout près de la source, il réduit les coûts de stockage et permet de faire du juste à temps (Just-In-Time), a expliqué M. Rivard, lors du sommet. La matière première issue du sous-sol québécois représente une économie d'entre 20 et 30% par rapport du gaz naturel importé, a-t-il ajouté. Cette économie est certes atténuée par le coût du pipeline, mais ce dernier pourrait servir à d'autres projets gaspésiens, comme du gaz naturel venant de la biomasse ou de l'hydrogène éolien, plaide-t-il. Bref, le projet de Tugliq serait « structurant pour la Gaspésie» assure M. Rivard. Le projet est faible en risques environnementaux non seulement parce qu'il est sur une usine flottante, mais aussi parce qu'en cas de fuite, le GNL s'évapore en quelques minutes. Reste maintenant à obtenir le feu vert de Transport Canada et bien sûr, à boucler le financement. Comme les partenaires sont chacun responsables de leur financement, Tugliq doit trouver un financement de 100M$ sur 550M$ et lorgne l'appui du gouvernement du Québec. Son projet - comme d'autres en GNL - s'inscrit dans trois stratégies établies par le gouvernement Couillard: celles du Plan Nord et du changement climatique - car le GNL de Tugliq serait acheté par les minières et industrielles de la Côte-Nord et du Nord-du-Québec qui n'ont actuellement pas accès au gaz naturel, lequel est moins coûteux et plus écologique que le mazout ou le diesel - de même que sa stratégie maritime.

Un projet clé en main à Bécancour

Un autre projet est l'usine de liquéfaction de gaz naturel de Stolt LNGaz au port de Bécancour, piloté par des intérêts privés, au coût de 800M$.

Le terrain est acheté, le projet a reçu les approbations environnementales nécessaires, et il fait l'objet de plusieurs partenariats.

L'on s'approvisionnerait auprès de Gaz Métro et d'un courtier en gaz naturel (DTE Energy). Le transporteur par bateau serait le groupe Desgagnés tandis que le transporteur par camion serait Servitank de Trois-Rivières.

La première phase prévoit la production de 500,000 tonnes de GNL (25 BCF). Ce projet clé-en-main pourrait être combiné à une usine de stockage près de Sept-îles, car il s'agit encore ici de desservir les régions éloignées de la Côte-Nord et le nord du Québec.

Vu le ralentissement dans le secteur minier et de la transformation, Stolt LNGaz entrevoit d'exporter 60% de sa production, alors qu'au départ elle prévoyait l'écouler entièrement au Québec. L'entreprise est en train de finaliser ses plans de construction, après quoi elle tentera de boucler son financement. Une trentaine d'emplois seraient créés dans l'usine en exploitation, en plus des 200 emplois à l'étape de la construction.

Agrandissement de Gaz Métro

A Montréal-Est, le géant québécois Gaz Métro entame l'agrandissement de son usine de liquéfaction de gaz naturel dans le but de tripler sa production à 9 milliards de pieds cubes (9BCF). Un projet de 118 millions$ dans lequel Investissement-Québec a investi 50 M$ et qui créera une quinzaine d'emplois à temps plein. Le projet prévoit deux nouveaux quais de chargement et l'ajout d'un drain de liquéfaction. Gaz Metro a signé une entente avec la minière Stornoway pour lui livrer du GNL en 2016, acheminé par camion jusqu'à sa mine Renard à 1100 kilomètres au nord de Montréal. Le GNL servira aussi à convertir des flottes de bateaux et de camions exploitées au Québec.

La GNL est non toxique, insoluble, ininflammable et non corrosif. Il émet entre 30 et 40% moins de GES que le diesel ou le mazout, en plus d'être moins cher.

Retour du magnésium à Asbestos

L'industrie de l'amiante est morte au Québec? Vive le magnésium! C'est du moins ce que clame le promoteur Alliance Magnésium, une société privée réunissant des promoteurs québécois et des fonds d'investissement européens qui entendent relancer la production de magnésium dans la région d'Asbestos, 12 ans après l'échec de l'usine Magnola.

Le magnésium est fabriqué à partir de la serpentine, les résidus de l'amiante, que l'on trouve en quantité astronomique dans la région.

Alors qu'en 2003, le marché du magnésium s'était effondré, les conditions sont redevenues favorables à sa production aujourd'hui, a indiqué le pdg de Alliance Magnésium, Joël Fournier. Ce métal hyper-léger - 30% plus léger que l'aluminium et 60% plus que l'acier - est en forte demande dans la fabrication d'alliages et de composites pour le secteur de l'automobile et de l'aérospatiale, notamment, où la réglementation demande des réductions de masse. Voilà 12 ans, la Chine inondait le marché mondial du magnésium, mais aujourd'hui, elle en garde une plus grande partie pour sa propre consommation. En outre, ses processus de fabrication sont considérés trop polluants.

Explosion de la demande

Dans sa présentation au sommet de la chimie et de l'énergie, Joël Fournier a indiqué que la demande mondiale de magnésium - un métal considéré stratégique aux États-Unis et en Europe - pourrait se multiplier par 20 d'ici 2035.

Le projet d'Alliance Magnésium serait à la fois moins coûteux et moins polluant que celui de Magnola, car le nouveau procédé que l'on veut utiliser pour l'électrolyse, développé par Norsk Hydro à Bécancour, est moins corrosif.

La preuve de concept a déjà été réalisée. Une entente exclusive avec Glencore est conclue pour l'acquisition du terrain. Toutes les infrastructures nécessaires en approvisionnement énergétique (ligne électrique, pipeline de gaz) sont en place.

On est en train de construire l'usine-pilote. Le coût de production est évalué à 1700$ US la tonne, alors qu'elle se vend 2500$ en Europe et 4800$ aux États-Unis. En outre, le produit contient 2% de nickel qui pourrait être valorisé. Joël Fournier espère une mise en production en 2018.

Une usine de lithium à Shawinigan

Dans la région de Shawinigan, c'est une usine de lithium que l'on veut construire sur le site de l'ancienne usine Laurentide, un projet qui pourrait démarrer dès la fin 2016 pour la phase 1. Le terrain a été acheté en septembre dernier.

Le promoteur est la minière Nemaska Lithium, qui est en train de développer une mine de spodumène sur la propriété Whabouchi à la Baie James.

Avec ce métal, elle veut fabriquer deux produits: le carbonate de lithium et l'hydroxyde lithium. Son innovation réside dans le fait qu'elle peut fabriquer l'hydroxyde directement à partir du spodumène, plutôt que de le fabriquer à partir du carbonate, ce qui lui procure un avantage concurrentiel.

La phase 1 de l'usine créerait 20 emplois et coûte 38 millions$. Elle servira à produire 30,000 tonnes d'échantillons pour les acheteurs. Parallèlement, Nemaska entend construire son usine commerciale qui pourrait être prête au début 2018 et créer 75 emplois. Mais il lui faut près de 300 M$ pour exploiter la mine et l'usine commerciale. Nemaska entend demander le soutien du fonds du Plan Nord. Selon le Steve Nadeau, le chef de la direction financière de Nemaska Lithium, le marché du lithium - qui sert aux batteries dans une foule de produits, dont les téléphones cellulaires et voitures électriques - souffre présentement d'une pénurie de 100,000 tonnes par année. «Ce qui correspond à trois usines comme la nôtre», précise-t-il.

CoeffiScience, le comité sectoriel de main-d'œuvre de la chimie, de la pétrochimie, du raffinage et du gaz.

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