Mines Alerte Canada

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29 mai 2012 10h30 HE

Des travailleurs et propriétaires mexicains déposent une deuxième plainte contre la compagnie minière canadienne Excellon Resources

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwire - 29 mai 2012) - Les propriétaires de terre communale de « La Sierrita » et les travailleurs de la mine La Platosa à Durango, au Mexique, ont déposé une plainte contre Excellon Resources en vertu des Lignes directrices de l'OCDE pour les sociétés multinationales.

Les propriétaires fonciers et les travailleurs allèguent de graves violations du droit du travail et le non-respect du contrat d'utilisation des terres avec la communauté « La Sierrita », sur les terres de laquelle la société exerce ses activités. La plainte est co-signée par le Congrès canadien du travail, Mines Alerte Canada, le Syndicat des Métallos, le Syndicat national des travailleurs miniers, métallurgiques, sidérurgiques et similaires de la République mexicaine et le Projet de droits économiques, sociaux et culturels, Mexique.

« En 2008, Excellon a signé un contrat qui fait de nous des partenaires d'affaires et actionnaires de la société. Quatre ans plus tard, nous attendons toujours qu'Excellon se conforme à de nombreux aspects du contrat », a déclaré David Espinoza, président de « La Sierrita ». « La société a exploré sur les terres non comprises dans le contrat, laissant d'importants dommages environnementaux. »

La plainte mentionne également l'échec de l'entreprise à construire une usine de traitement d'eau afin que les membres de la communauté puissent utiliser pour leurs activités agricoles l'eau dont s'est complètement appropriée la mine. De plus, la compagnie n'a pas fourni l'ejido avec des contrats de services alimentaires à la mine ni assuré l'embauche préférentielle des membres de l'ejido.

« Nous possédons cette terre et avons conclu cette entente avec une compréhension explicite que nous serions des partenaires commerciaux égaux dans le projet. Au lieu de cela, la société a ignoré ses obligations », a déclaré Espinoza.

Juan Rodriguez, un représentant du comité de direction du syndicat, a ajouté que la communauté et les travailleurs sont unis dans leur frustration à l'égard d'Excellon.

« À la fin de 2010, la majorité des travailleurs de la mine ont formé le local 309 du Syndicat national minier à la suite d'inquiétudes concernant la santé et la sécurité et le manque d'avantages » dit Rodriguez. « Cependant, aussitôt que le local a été créé, l'entreprise a licencié nos dirigeants et intimidé les travailleurs. »

La plainte signale qu'Excellon a signé des accords avec une association menée par l'employeur pour entraver la formation du syndicat indépendant à La Platosa.

C'est la deuxième fois que les travailleurs portent plainte pour violations de droits du travail à La Platosa. Leur première plainte a été présentée au Bureau de la conseillère en responsabilité sociale des entreprises (RSE) de l'industrie extractive en 2011. La conseillère RSE a reconnu la crédibilité des plaignants et leur désir d'entrer de bonne foi en dialogue. Cependant, peu de temps avant le début de la médiation, Excellon s'est retiré du processus. Conformément à son mandat limité, la conseillère n'a pas eu d'autre option que d'archiver la plainte comme fermée.

Aujourd'hui, les travailleurs et les propriétaires fonciers sont de retour au Canada et espèrent que le Point de contact national du Canada pour les Lignes directrices de l'OCDE prenne des mesures sérieuses pour que la compagnie participe au dialogue.

La compagnie n'a pas entièrement divulgué aux actionnaires les conflits en cours au Mexique. Les actionnaires sont la plupart des Canadiens, puisque le Régime de pensions du Canada (RPC) est propriétaire d'environ 2 millions de dollars en actions d'Excellon. La compagnie tient sa réunion annuelle d'actionnaires à Toronto ce jeudi.

Daniel Pacheco, résident de « La Sierrita » et ancien président de l'Assemblée générale de l'ejido, affirme qu'il n'y a pas d'opposition à la mine en tant que telle.

« Nous voulons qu'Excellon reconnaisse sa faute, négocie avec nous d'égal à égal et résolve ces questions », a déclaré Pacheco. "Nous sommes actionnaires aussi et nous souhaitons le succès de l'entreprise. Mais tant qu'elle continuera à traiter ses travailleurs et les acteurs locaux de cette façon, ce ne sera pas possible. »

Renseignements

  • Christopher Benoit
    Projet de droits économiques, sociaux et culturels, Mexique
    chris@prodesc.org.mx
    011-52-55-5212-2230

    Jennifer Moore
    coordonnatrice du Programme latino-américain
    Mines Alerte Canada
    jen@miningwatch.ca
    (613) 569-3439

    Laura Ramirez
    Fonds humanitaire des Métallos
    lramirez@usw.ca
    (416) 544-5961