Association des économistes québécois

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Leger Marketing

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02 mars 2009 10h47 HE

Dévoilement du 2e sondage trimestriel ASDEQ-Léger Marketing

Crise économique : les perspectives s'assombrissent

MONTREAL, QUEBEC--(Marketwire - 2 mars 2009) - De l'avis presque unanime des économistes québécois, la situation économique du Québec devrait continuer à se détériorer au cours des trois prochains mois. C'est du moins l'inquiétude qu'expriment 82% des économistes qui ont répondu au deuxième sondage trimestriel réalisé par Léger Marketing auprès des membres de l'Association des économistes québécois. En novembre dernier, ils n'étaient que 75% à craindre un envenimement de la situation pour le trimestre à venir, ce qui laisse supposer que la succession de mauvaises nouvelles économiques des derniers mois a accentué le pessimisme des premiers spécialistes de l'économie.

Ce pessimisme s'affiche en dépit du plan de relance de l'économie présenté à la fin janvier par le gouvernement Harper, qui prévoit des mesures budgétaires de l'ordre de quelque 40 milliards de dollars pour les deux prochains exercices financiers. Car, si deux répondants sur trois (63%) jugent que les mesures annoncées sont "d'un ordre de grandeur approprié", la moitié (51%) des économistes se montrent critiques quant à la façon dont ces sommes seront réparties entre allégements fiscaux, aide aux travailleurs, soutien à l'industrie de la construction résidentielle, infrastructures publiques et aide aux entreprises. Les deux tiers de ce dernier groupe auraient préféré que le gouvernement fédéral alloue une plus grande proportion du stimulus de 40 milliards de dollars soit aux dépenses en infrastructure ou soit pour l'aide directe aux travailleurs qui perdront leur emploi ou soit pour ces deux postes de dépenses.

"Les économistes auraient souhaité que le Gouvernement Harper laisse tomber les allégements fiscaux au profit d'investissements plus importants en matière d'infrastructures et de formation de la main d'oeuvre", note Jean-Marc Léger, économiste et président de Léger Marketing. "De fait, les économistes sont préoccupés quant à la capacité des gouvernements de pouvoir retourner à l'équilibre budgétaire, ce qui explique peut-être leur réserve à l'égard des allégements fiscaux qui sont, sur le plan politique, difficile à éliminer", poursuit le sondeur.

Le sondage établit en effet que 69% des économistes s'inquiètent de la capacité des gouvernements (pas seulement canadien) ayant adopté des plans de relance musclés de pouvoir retrouver l'équilibre budgétaire. Par ailleurs, 39% se disent préoccupés par la possibilité que la récession mondiale enclenche à moyen terme une période de déflation due à la faiblesse de l'économie, et 34% redoutent une hausse significative de l'inflation à moyen ou long terme comme conséquence de la forte hausse de la dette gouvernementale et de l'injection massive de liquidités par les banques centrales.

Les économistes divisés sur la question d'une commission pancanadienne des valeurs mobilières

Sur le dossier d'un organisme unique pancanadien de réglementation des valeurs mobilières, préconisé par le gouvernement fédéral mais ayant essuyé l'opposition de certaines provinces dont le Québec, les économistes québécois se montrent assez divisés. Ils y sont favorables dans une proportion de 44%, tandis que 39% s'y opposent et que 17% se gardent d'exprimer une opinion.

Les économistes sont aussi partagés sur la question de l'autonomie financière des municipalités et de leur capacité à entretenir les infrastructures municipales, dont l'état général inquiète. Si 44% des économistes croient que les municipalités devraient avoir accès à une plus grande partie de l'assiette fiscale afin de s'attaquer à la source de ce problème, 48% préfèrent que les gouvernements fédéral et provinciaux conservent leur mainmise sur les municipalités et continuent de pourvoir au financement des programmes de rénovation des infrastructures municipales par le biais de subventions incluses à leurs budgets respectifs.

Méthodologie

Le sondage a été réalisé par l'Internet, du 17 au 24 février 2009, auprès des économistes membres de l'Association des économistes québécois (ASDEQ). Dans l'ensemble, 156 des 529 membres inscrits à l'Association ont répondu au sondage, ce qui confère aux résultats de l'étude une précision de +/- 7 %, 19 fois sur 20.

Ce sondage est la deuxième édition d'une série de sondages que l'ASDEQ et Léger Marketing entendent réaliser à chaque trimestre afin de présenter le point de vue des économistes québécois sur la situation économique du Québec ainsi que sur différentes questions liées à l'actualité économique.

L'ASDEQ

L'ASDEQ, fondé en 1976, est la principale association professionnelle indépendante regroupant les économistes québécois, résidant au Québec ou ailleurs. L'ASDEQ vise à assurer la promotion professionnelle de ses quelque 500 membres et à favoriser le développement et la diffusion des connaissances économiques. L'ASDEQ est une association active et ouverte dont plusieurs de ses membres sont consultés par nos décideurs publics et occupent des responsabilités importantes au sein de grandes organisations publiques et privées.


Résultats détaillés du sondage

L'ASDEQ comprend 529 membres, dont 473 ont été contactés par courrier électronique et 156 (33%) ont répondu au sondage.


Tableau 1 - Evolution de la situation économique du Québec à court terme

Question : Au cours des six prochains mois, est-ce que la situation économique du Québec devrait à votre avis :




FEVRIER 2009 NOV. 2008
% %
(n=156) (n=194)
---------------------------------------
Se détériorer 82% 75%
Se maintenir 17% 22%
S'améliorer 1% 2%
Sans opinion 0% 1%


Tableau 2 - Le plan de relance fédéral

Question : Le dernier budget fédéral comprend un ensemble de mesures pour stimuler la croissance économique au Canada. Ce plan de relance contient de nouvelles mesures budgétaires de l'ordre de 40 milliards de $ (soit quelque 2,5 % du PIB) pour les deux prochains exercices financiers (2009-2010 et 2010-2011). A votre avis, est-ce que ce montant est...



%
(n=156)
---------------------------------------
Trop faible 21%
D'un ordre de grandeur approprié 62%
Trop élevé 13%
Sans opinion 4%


Tableau 3 - Les mesures du plan de relance

Les principales composantes du plan de relance d'un montant de 40 milliards de $ sont :

a) 8,7 milliards de $ en allègements fiscaux (incluant 2,5 milliards de $ pour le gel du taux de cotisation de l'assurance emploi);

b) 3,8 milliards de $ pour améliorer les prestations aux travailleurs et pour élargir leur accès à la formation ;

c) 7,7 milliards de $ pour stimuler la construction résidentielle ;

d) 11,8 milliards de $ pour les infrastructures collectives ;

e) 7,5 milliards de $ pour stimuler les entreprises et les collectivités.

Question : Etes-vous (...) de cette répartition?



%
(n=156)
-------------------------------
TOTAL SATISFAIT(E) 45%
Très satisfait(e) 3%
Plutôt satisfait(e) 42%
TOTAL INSATISFAIT(E) 51%
Plutôt insatisfait(e) 45%
Très insatisfait(e) 6%
Sans opinion 4%


Tableau 4A - Les mesures qui auraient dû recevoir une plus grande enveloppe budgétaire

Question : Si vous n'êtes pas satisfait de la répartition, laquelle des cinq catégories aurait dû recevoir une plus grande enveloppe budgétaire selon vous?



BASE : les répondants insatisfaits de la répartition
des sommes (n=80)

Plus GRANDE enveloppe budgétaire : %
--------------------------------------------------------------------
8,7 milliards de $ en allègements fiscaux 7%
3,8 milliards de $ pour améliorer les prestations a
aux travailleurs et pour élargir leur accès à la formation 35%
7,7 milliards de $ pour stimuler la construction résidentielle 3%
11,8 milliards de $ pour les infrastructures collectives 33%
7,5 milliards de $ pour stimuler les entreprises et
les collectivités 22%


Tableau 4B - Les mesures qui auraient dû recevoir une plus faible enveloppe budgétaire

Question : Si vous n'êtes pas satisfait de la répartition, laquelle des cinq catégories aurait dû recevoir une plus faible enveloppe budgétaire selon vous?



BASE : les répondants insatisfaits de la répartition
des sommes (n=80)

Plus FAIBLE enveloppe budgétaire : %
--------------------------------------------------------------------
8,7 milliards de $ en allègements fiscaux 73%
3,8 milliards de $ pour améliorer les prestations aux
travailleurs et pour élargir leur accès à la formation 1%
7,7 milliards de $ pour stimuler la construction résidentielle 14%
11,8 milliards de $ pour les infrastructures collectives 2%
7,5 milliards de $ pour stimuler les entreprises et
les collectivités 10%


Tableau 5 - Les suites de la crise

Question : Les plans de relance des gouvernements des pays industrialisés, appuyés par des politiques budgétaires et monétaires très expansionnistes ainsi que par d'énormes garanties de prêts au secteur bancaires auront des effets importants sur leur endettement du secteur public. Etes-vous préoccupé par :



Passa-
(n=156) TOTAL Forte- ble- TOTAL Un Pas du
OUI ment ment NON peu tout
--------------------------------------------------------------------
La capacité de ces
gouvernements de
revenir à un
équilibre budgétaire? 69% 25% 44% 31% 28% 3%
Par la possibilité que
la récession mondiale
enclenche à moyen
terme une période de
déflation due à la
faiblesse de l'économie? 38% 6% 32% 62% 42% 20%
Par le risque d'une
hausse significative du
taux d'inflation à
moyen ou à long terme
suite à la forte hausse
de la dette
gouvernementale et à
l'injection massive de
liquidités par les
banques centrales? 34% 10% 24% 66% 38% 28%


Tableau 6 - Un organisme unique et pancanadien de réglementation des valeurs mobilières

Question : Le gouvernement fédéral entend mettre rapidement en place un organisme canadien de réglementation des valeurs mobilières. Quelques gouvernements provinciaux, dont le Québec, s'y opposent. Selon vous, le marché des valeurs mobilières devrait-il être réglementé par un organisme unique et pancanadien?



%
(n=156)
----------------------
Oui 44%
Non 39%
Sans opinion 17%


Tableau 7 - L'autonomie financière des municipalités pour la rénovation des infrastructures

Question : Les infrastructures municipales sont en très mauvais état. L'une des raisons évoquées pour expliquer cette situation est le manque d'autonomie financière des municipalités, notamment dans le cas des grandes villes. Pour solutionner à plus long terme ce problème, lequel des deux types suivants de solutions serait le plus prometteur, à votre avis :



%
(n=156)
----------------------------------------------------------------
Les gouvernements fédéral et provinciaux devraient
incorporer à chaque année dans leur budget un
montant plus important de subventions pour
l'infrastructure des municipalités 48%
Une plus grande partie de l'assiette fiscale devrait
être allouée aux municipalités 44%
Sans opinion 8%

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