USC Canada

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22 nov. 2010 16h45 HE

D'une économie de pétrole à une économie de biomasse : nous disons NON!

L'accaparement des ressources de la planète

MONTRÉAL, QUÉBEC--(Marketwire - 22 nov. 2010) - À l'aube de la 16ème conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 16) qui se déroulera à Cancun du 29 novembre au 10 décembre prochain, les ressources de la planète sont plus menacées que jamais. Pour l'instant, les principales solutions mises de l'avant pour faire face aux changements climatiques misent sur le développement d'une « nouvelle économie de biomasse », une économie dite verte. Le problème? Influencée par les pressions d'industries influentes, cette nouvelle économie veut transformer la « biomasse », c'est-à-dire toute matière organique, en énergie et en produits chimiques.

Qu'est-ce que la biomasse?

Strictement parlant, la biomasse est une unité de mesure se référant à la masse totale de matière organique (d'organismes vivants) dans un endroit précis. Concrètement, la biomasse, une des richesses premières sur terre, comprend plus de 230 milliards d'organismes : arbres, poissons, céréales, bactéries, humains, et bien plus encore. Plus abondante dans les pays du Sud- dans les forêts, prairies et océans tropicaux-, la biomasse subvient aux besoins et aux modes de vies des habitants de la planète. De plus en plus, le terme « biomasse » se réfère à l'utilisation de matière organique non fossilisé (excluant donc les combustibles fossiles) afin de produire des carburants, des produits chimiques, et de l'énergie.

Qu'est-ce qui est en cause?

Alors que les réserves mondiales de pétrole s'assèchent, plusieurs industries, notamment l'industrie agroalimentaire, forestière, chimique et biotechnologique, cherchent à remplacer les matières fossiles qu'ils utilisent par de la biomasse. Représentant un marché de plusieurs trillions de dollars, la nouvelle « économie de la biomasse » menace de dévorer nos cultures, nos forêts et les autres formes de vie végétale. Tout comme la demande en éthanol-maïs avait eu pour effets d'augmenter le prix des aliments et d'aggraver la crise alimentaire mondiale, cette ruée sur la biomasse aura des conséquences dévastatrices sur les populations humaines et leur environnement, non seulement au Canada, mais aussi dans les pays du Sud. « Les petits fermiers, qui nourrissent toujours 70% de la planète, en seront les premiers affectés », explique Ibrahim Coulibaly, leader paysan du Mali, qui dénonce notamment la main basse sur les terres agricoles de son propre pays, par des pays étrangers.

À ce jour, seulement 24% de la biomasse terrestre est utilisée à des fins de subsistance et industrielles; plus de 76% de la biomasse terrestre et marine demeure non commercialisée. Les pays détenant toujours d'importantes forêts et de grandes surfaces cultivables, dont le Brésil, l'Indonésie, le Canada, la Russie et plusieurs pays d'Afrique centrale, tentent maintenant de devenir la nouvelle « Arabie Saoudite de la biomasse ».

Des alternatives en vue

Nous sommes à la croisée des chemins et nous avons le devoir de changer de cap. Au niveau agricole, par exemple, voulons-nous nourrir les gens ou nos automobiles ? Selon plusieurs études et rapports des Nations Unies, l'agriculture écologique pour les marchés locaux permet non seulement de produire de la nourriture saine en quantités suffisantes pour nourrir la planète, mais elle favorise également des économies justes et la création d'emploi, tout en contribuant à l'amélioration de notre environnement. De plus l'agriculture écologique peut contribuer à refroidir la planète en réduisant l'utilisation de combustibles fossiles et en augmentant la séquestration du carbone par le biais d'une agriculture diversifiée.

Forum public « Main basse sur la planète »

« La faim et le chaos climatique s'intensifient présentement… C'est le pire moment pour mettre plus de pressions sur nos ressources », explique Molly Kane du Groupe ETC ayant produit le nouveau rapport « The New Biomassters » dénonçant la ruée mondiale des compagnies vers l'économie biomasse. « L'inaction des gouvernements ne fait que donner carte blanche aux multinationales. Il faut agir et c'est pourquoi nous organisons un forum public afin de mieux comprendre ce que cette fausse économie « verte » nous réserve et afin d'explorer d'autres alternatives plus justes et durables», conclut Ryan Worms de Développement et Paix.

Le forum se déroulera le vendredi le 26 novembre, de 19h à 21h30 à l'auditorium Jean Lesage (Salle B-2285) du Pavillon Brillant de l'Université de Montréal. Y prendront la parole:

  • Cathleen Kneen, Présidente de Sécurité alimentaire Canada, Mme Kneen participe activement au développement de politiques alimentaires et du mouvement pour la sécurité alimentaire au pays.
  • Iderle Brénus, leader/ organisatrice du mouvement paysan Papaye (Haïti), Mme Brénus a coorganisé une manifestation s'opposant au dumping des 475 tonnes de semences hybrides de Monsanto en Haïti pour leurs impacts dévastateurs pour les petits paysans.
  • Ibrahim Coulibaly, leader au sein de mouvements paysans (COPAGEN, Mali), M. Coulibaly suit de près l'accaparement des ressources de la planète et les mouvements de résistance paysans.
  • Camila Moreno, avocate environnementale impliquée au sein des Les Ami(e)s de la Terre (Brésil), Mme Moreno étudie les impacts des agrocarburants et de l'accaparement de la biomasse.

Ce forum public va donner le coup d'envoi de l'Assemblée de Sécurité alimentaire Canada, une rencontre biennale qui se tiendra du samedi 27 au dimanche 28 novembre à Montréal : www.foodsecurecanada.org/fr.

  • Consultez le rapport « The New Biomassters : Synthetic Biology and the Next Assault on Biodiversity and Livelihoods »: http://www.etcgroup.org/en/node/5232.
  • Le Groupe de travail sur les politiques canadiennes en matière de sciences et technologies qui organise le forum est composé des organismes suivants : USC Canada, Développement et Paix, ETC Group, GRAIN, Greenpeace, Inter Pares, Pour une politique alimentaire populaire, Réseau canadien d'action sur les biotechnologies, Syndicat national des fermiers, The Ram's Horn, et l'Union paysanne.
  • Pour plus d'informations ou pour des entrevues avec Ryan Worms, Molly Kane, Iderle Brénus et Ibrahim Coulibaly, contactez:

Renseignements

  • USC Canada
    Geneviève Grossenbacher
    613-234-6827, poste 244
    ggrossenbacher@usc-canada.org
    ou
    Ryan Worms
    Développement et Paix
    514-257-8711 / 514-465-8828
    rworms@devp.org
    ou
    Ibrahim Coulibaly
    Président de la Coordination nationale des
    organisations paysannes (CNOP), Mali
    613-263-4708