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19 nov. 2009 23h59 HE

Éducation des Premières Nations: Les dirigeants exigent l'équité, le respect des droits et la prise de mesures

QUÉBEC, le 19 nov. - En conférence de presse dans le gymnase de l'école de la communauté Mi'gmaq de Listuguj (en Gaspésie), le Chef national de l'Assemblée des Premières Nations (APN), Shawn Atleo, a apporté son soutien à la demande qu'une plus grande attention soit accordée aux inégalités en matière d'éducation des Premières Nations et aux droits des étudiants des Premières Nations. Le Chef Atleo accompagnait le Chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard, et le Chef de la communauté de Listuguj, Allison Metallic, qui réclament une nouvelle approche pour l'éducation des Premières Nations.

"Il y a vingt ans que le système éducatif des Premières Nations souffre d'un sous-financement chronique. Les écoles des Premières Nations reçoivent, au minimum, 2 000 $ de moins par élève que les écoles provinciales. Trop souvent, nos élèves sont privés de services essentiels, tels que des bâtiments sécuritaires, des bibliothèques, de la formation professionnelle, des programmes de sports et loisirs ou même des gymnases. Il est temps que nous travaillions tous ensemble pour résoudre ces inégalités de longue date et offrir à nos enfants les mêmes possibilités, espoirs et la même prospérité dont jouissent tous les autres enfants du Canada", a déclaré le Chef national del'APN, Shawn Atleo.

"Depuis des années, le gouvernement nous demande de faire des études pour lui dire quoi faire, et ses fonctionnaires nous félicitent pour la qualité de nos études avant de nous répondre inévitablement qu'il n'y a pas de financement pour en tenir compte. Cette réponse ne suffit plus. Il est temps d'agir pour permettre aux écoles des Premières Nations d'offrir à nos jeunes des services dont le nombre et la qualité sont comparables à ceux offerts dans les écoles non autochtones", a affirmé le Chef de l'APNQL, Ghislain Picard, ajoutant que ces nombreuses études indiquent clairement que la formule de financement utilisée par le gouvernement fédéral depuis 1988 est périmée et ne répond pas aux besoins actuels en matière d'éducation.

Exaspérés par l'immobilisme du ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada (AINC), les Chefs se tournent maintenant vers la population et les médias pour les informer du sous-financement des écoles des Premières Nations, et exigent que des mesures soient prises immédiatement pour éliminer ces inégalités, lesquelles nuisent aux efforts déployés pour améliorer la situation. "Année après année, le gouvernement canadien fait la sourde oreille à plus de 35 ans d'études et de consultations ainsi qu'aux conclusions de nombreux groupes de travail auxquels il a pourtant participé. En refusant de tenir compte de ces travaux, le gouvernement maintient nos établissements d'enseignement dans une situation très difficile", a révélé le Chef Metallic.

Trouver une solution ne figure apparemment pas au programme d'AINC, lequel continue de payer au moins une centaine d'analystes pour étudier la question.

Le Chef national Atleo estime qu'on a mené suffisamment d'études. "Nous avons étudié la question, et nous savons ce qu'il faut faire. Il est temps que le gouvernement fasse ce qui s'impose, c'est-à-dire qu'il joigne ses efforts aux nôtres pour tracer une nouvelle voie pour l'éducation des Premières Nations", a-t-il ajouté.

L'éducation des Premières Nations est soumise à une formule de financement datant de 1988. Cette dernière n'a jamais été modernisée en plus de vingt ans. Elle est désormais désuète et totalement inadéquate pour tenir compte des nouveaux développements. De plus, pour souligner l'incohérence des décisions prises par le gouvernement, depuis 1996, le financement de tous nos programmes sociaux, dont celui de l'éducation, s'est vu imposer une augmentation maximale de 2 %, ignorant la croissance démographique, particulièrement dynamique chez les Premières Nations, et l'augmentation du coût de la vie. "Rien ne justifie une telle situation que nous ne pouvons plus tolérer", a conclu le Chef Picard.

Renseignements

  • Raymond Sioui, Conseil en Éducation des Premières Nations, (418) 842-7672