Conseil en Education des Premières Nations

Conseil en Education des Premières Nations
Cardinal Communication

30 août 2011 10h47 HE

Education des Premières Nations : L'heure est à l'action

WENDAKE, QUÉBEC--(Marketwire - 30 août 2011) - Le Conseil en Éducation des Premières Nations (CEPN), ne participera pas aux travaux du « Panel national sur l'éducation primaire et secondaire des Premières Nations du Canada ». « L'heure n'est plus aux discours et aux études. Il est temps d'investir adéquatement dans le système d'éducation des Premières Nations », affirme la directrice générale du CEPN, Lise Bastien.

La directrice générale du CEPN rappelle que le gouvernement a en main de nombreux rapports produits depuis plusieurs années, dont la majorité demeure ignorés. Le rapport de la Commission Royale sur les peuples autochtones (1996) et celui du Groupe de travail national du ministre sur l'éducation (2002) mis en place par le ministre des Affaires indiennes, en sont deux excellents exemples. Elle souligne aussi que « depuis nos 25 ans d'existence, le CEPN a eu l'occasion de consulter régulièrement ses communautés et a présenté plusieurs rapports bien documentés sur les priorités d'actions afin d'améliorer l'éducation des Premières Nations. Nous connaissons les problèmes et nous connaissons les solutions. Il est temps de les mettre en application ».

Placé devant le fait accompli de l'annonce d'un Panel national dont le mandat serait de mener une autre consultation, le CEPN n'a pas immédiatement pris la décision de ne pas participer aux consultations de ce Panel. Se voulant constructif, le CEPN a plutôt uni ses efforts avec la 'Federation of Saskatchewan Indian Nations (FSIN)' et le 'Nishnawbe Aski Nation(NAN)' de l'Ontario, afin de présenter des éléments à inclure dans les termes de référence pour un tel Panel. C'est l'absence de considération accordée à certains de ces éléments qui a mené à la décision finale des Chefs du CEPN de ne pas participer aux consultations menées par le Panel et de plutôt présenter un rapport parallèle.

Plus précisément, malgré une demande à cet effet, les termes de référence du Panel ne comportent aucun engagement à respecter les principes de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Cette Déclaration représente pour l'ensemble des Premières Nations du monde, le résultat de plus de 20 ans d'efforts dans le but de préciser et de faire respecter leurs droits dont ceux en éducation. « Ne pas en tenir compte est une aberration » affirme le Chef de l'APNQL, Ghislain Picard.

Il a aussi été refusé d'inclure dans les termes de référence du Panel un engagement à respecter les principes du document de politique 'Le Contrôle par les Premières Nations de l'éducation des Premières Nations, 2010'. Dans ce cas, il s'agit d'un document de politique appuyé par l'ensemble des Chefs au Canada et dont la première version parue en 1972 ('La Maîtrise indienne de l'éducation des Premières Nations'), bien qu'ayant fait l'objet d'une reconnaissance officielle par le gouvernement fédéral, n'a jamais reçue un soutien adéquat à sa mise en œuvre.

Enfin, il n'y a pas davantage d'engagement à remédier à un financement (du gouvernement fédéral) non équitable des écoles des Premières Nations par rapport aux écoles provinciales (financées par les gouvernements provinciaux), ce qui constitue une injustice bien documentée à l'égard des jeunes des Premières Nations qui est dénoncée par le CEPN et l'ensemble des Premières Nations au Canada.

Un rapport indépendant

Aux trois raisons fondamentales mentionnées ci-dessus et qui ont mené au choix de ne pas participer aux consultations du Panel national, s'ajoute d'autres considérations dont une inquiétude quant au manque de familiarité des membres du Panel sur la réalité de l'éducation primaire et secondaire dans les communautés des Premières Nations, ainsi qu'une nette insatisfaction que le mandat se limite à l'éducation primaire et secondaire. « De plus, comme le processus est non-contraignant, ceci laisse au gouvernement toute la latitude nécessaire pour ne retenir que les recommandations qui conviennent à son agenda politique, dont celle d'une nouvelle législation qui pourrait être utilisée davantage comme opportunité de réduire les droits des Premières Nations que d'en favoriser l'expression », prévient Mme Bastien.

Une des préoccupations que les Chefs du CEPN ont exprimées en assemblée, concerne l'importance d'apporter une contribution positive à tout processus visant à déterminer des priorités d'actions pour améliorer l'éducation des Premières Nations. Dans les circonstances, il leur est apparu que la meilleure façon d'apporter cette contribution n'était pas de participer aux consultations du Panel national mais plutôt de présenter conjointement avec FSIN et NAN, un rapport parallèle. « Nous avons suffisamment d'information pour définir les moyens nécessaires à l'amélioration de l'éducation des jeunes de nos Nations. Il est révolu le temps où d'autres décidaient ce qui est bon pour nous. Notre éducation, c'est notre affaire », de conclure le Chef Picard.

À propos de l'APNQL et du CEPN

L'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador est l'organisme régional qui regroupe les 43 Chefs des Premières Nations du Québec et du Labrador. Le Conseil en Éducation des Premières Nations, quant à lui, regroupe 22 communautés des Premières Nations du Québec et a pour mandat de soutenir, de promouvoir et de défendre l'éducation tout au long de la vie ainsi que l'identité culturelle unique des Premières Nations. Pour plus d'information : www.avenir-future.com

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