Congrès du travail du Canada

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08 avr. 2005 10h26 HE

Emploi : le secteur privé prend un mauvais pli

Nouveaux emplois surtout à temps partiel, on désespère de trouver du travail Attention: Rédacteur financier , Directeur général et de l'information, Rédacteur aux affaires politiques et gouvernementales OTTAWA--(CCNMatthews - 8 avril 2005) - Le secteur privé ne crée toujours pas de nouveaux emplois, le chômage s'accentue chez les jeunes et la plupart des nouveaux emplois sont précaires, parce qu'à temps partiel. Telle est la réalité que dépeint l'Enquête sur la population active de Statistique Canada pour le mois de mars. La chute apparente du taux de sans-emploi sous la barre des 7 % masque des problèmes dans le secteur privé et le tarissement pur et simple de l'investissement des milieux d'affaires, qui permettrait de créer et de soutenir de nouveaux emplois capables de faire vivre une famille.

« C'est une honte chaque fois que l'on voit le taux de chômage baisser parce que les gens abandonnent et quittent le marché de l'emploi, déplore Ken Georgetti, président du Congrès du travail du Canada. Le découragement gagne le coeur de trop de personnes en chômage. Or, pas un mot du gouvernement ne serait-ce que pour prendre acte de cette réalité. L'enquête confirme, dit-il, que l'économie prend un bien mauvais pli, mais on cherche en vain au gouvernement les signes d'une stratégie de l'emploi à long terme ou à une politique industrielle pour le pays. »

Les chiffres du chômage ? Statistique Canada rapporte qu'en mars 2005, le taux de chômage a très légèrement fléchi à 6,9 %, par rapport à 7 % le mois précédent. Le secteur manufacturier accuse toujours un déficit de 114 000 emplois comparativement à novembre 2002. Un déclin de 29 200 emplois dans l'hôtellerie et la restauration, depuis décembre 2004, continue d'alourdir les pertes dans le secteur touristique. Le nombre de Canadiennes et Canadiens qui veulent un emploi et n'arrivent pas à en trouver s'élève à 1 192 700 personnes (données désaisonnalisées).

Analyse de l'économiste Pierre Laliberté

« Le plus inquiétant, c'est que la qualité des emplois se dégrade constamment, malgré l'apparente stabilité du taux de chômage », explique Pierre Laliberté, économiste principal au Congrès du travail du Canada.
• Les employeurs du secteur privé ne daignent toujours pas embaucher. Les secteurs sensibles à la hauteur du dollar (la fabrication et l'hébergement, notamment) donnent des signes de faiblesse. Si on évite le pire, on le doit donc au secteur public, avec la création nette de quelque 55 600 emplois depuis le début de l'année, ce qui toutefois ne suffit pas à compenser le dégonflement du secteur privé.

• Depuis décembre dernier, toute la création nette d'emplois se retrouve aux rayons des postes à temps partiel et du travail autonome. En outre, presque tous les nouveaux emplois créés depuis un an sont temporaires. Pareille défaillance se répercute sur les salaires, car on sait que le travail à temps partiel, temporaire et autonome paie généralement moins bien que l'emploi à temps plein.

• La situation actuelle démontre le bien-fondé de la prudence affichée par la Banque du Canada, qui a choisi de ne pas hausser ses taux dans l'immédiat. La conjoncture devrait également pousser les décideurs à prêter une attention particulière aux orientations futures de l'économie canadienne, dans le contexte de concurrence accrue dans lequel nous place notre devise revalorisée.

Le Congrès du travail du Canada, voix nationale du mouvement syndical, représente 3 millions de travailleuses et travailleurs canadiens. Le CTC réunit les syndicats nationaux et internationaux du Canada, les fédérations provinciales et territoriales du travail et 137 conseils du travail régionaux. Site Web : www.clc-ctc.ca /Renseignements: Pierre Laliberté, économiste principal, (613) 526-7409 / IN: ÉCONOMIE, FINANCE, TRAVAIL, POLITIQUE, COMMERCE

Renseignements

  • Jean Wolff, Directeur, Service des Communications, Congrès du travail du Canada
    Numéro de téléphone: 613-526-7431
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