Droits et Démocratie

Droits et Démocratie

14 mars 2007 16h36 HE

En réponse aux violences perpétrées au Zimbabwe, l'indignation "ne suffit pas", estime Droits et Démocratie

MONTREAL, QUEBEC--(CCNMatthews - 14 mars 2007) - La mort par balle d'un manifestant ainsi que l'arrestation et les brutalités qui auraient été commises à l'endroit de Morgan Tsvangirai, chef de l'opposition zimbabwéenne, et des membres de son parti, le Mouvement pour le changement démocratique, dimanche, rappellent âprement l'intolérance du président Robert Mugabe à l'égard de la manifestation démocratique d'un désaccord. Elle signale également la nécessité d'une réponse internationale résolue et durable afin de mettre fin aux violations des droits de la personne commises par le gouvernement.

Droits et Démocratie dénonce les mesures de répression fatales qui ont eu lieu dimanche et la détention actuelle de M. Tsvangirai et de ses partisans, qui, d'après les nouvelles qui nous parviennent, auraient été gravement blessés par les forces de l'ordre. Droits et Démocratie exige leur libération immédiate et l'ouverture d'une enquête transparente sur les gestes posés par la police antiémeute et les actes de torture dont les détenus auraient été victimes.

"Les violences perpétrées dimanche indiquent que les politiques adoptées par la communauté internationale pour le Zimbabwe n'ont que peu d'effet dissuasif sur le président Mugabe et son régime, explique Jean Louis Roy, président de Droits et Démocratie. L'indignation ne suffit tout simplement pas. Le peuple du Zimbabwe a besoin que les Etats du monde entier fassent front commun contre ces brutalités éhontées."

Fort de la ferme position qu'a prise le gouvernement du Canada hier relativement à la situation à Harare, Droits et démocratie insiste pour qu'une ligne de conduite claire soit adoptée dans le but de forcer le président Mugabe à se conformer aux obligations internationales du Zimbabwe à l'égard des droits de la personne.

A l'image du rôle moteur qu'il a joué dans l'adoption en 2005 par les Nations Unies de la Responsabilité de protéger, le Canada devrait de nouveau prendre l'initiative et veiller à ce que des mesures novatrices et concrètes soient prises par la communauté internationale pour que les principes qu'elle prône soient respectés et que le peuple du Zimbabwe soit adéquatement protégé de son gouvernement. Travailler de concert avec la communauté internationale pour que la menace que représente le Zimbabwe pour la stabilité régionale en Afrique australe soit reconnue et ajoutée au programme du Conseil de sécurité constituerait une étape importante dans cette direction.

Le Canada devrait également engager des mesures résolues pour faire en sorte que le Conseil des droits de l'homme devienne un instrument efficace, apte à composer avec des crises humanitaires comme celle qui déchire le Zimbabwe. Créé l'année dernière en remplacement de la Commission des droits de l'homme, tombée dans le discrédit, le Conseil doit continuer à mettre en place les mécanismes nécessaires pour être à même de s'attaquer sans interférence politique à des situations d'une telle ampleur lorsqu'elles se présentent, s'il veut acquérir la réputation de crédibilité et de pertinence qui manquait à son prédécesseur.

Renseignements

  • Droits et Démocratie
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