Congrès du travail du Canada

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22 mars 2013 10h54 HE

Georgetti veut qu'Ottawa concentre ses efforts sur la formation professionnelle

L'équilibre budgétaire doit être abandonné, selon le CTC

OTTAWA, ONTARIO--(Marketwire - 22 mars 2013) - Le président du Congrès du travail du Canada demande que tous les efforts soient consacrés à la formation professionnelle des personnes sans emploi au Canada.

Ken Georgetti réagissait au budget du gouvernement fédéral pour l'année 2013-2014 déposé le 21 mars. « Nous avons une pénurie de main-d'œuvre qualifiée au Canada. Le Canada compte plus de 1,3 million de personnes sans emploi et 5,7 chômeurs pour chaque poste vacant, indique M. Georgetti. Or, nous avons aussi des pénuries de main-d'œuvre dans certains secteurs de notre économie. C'est dommage parce que les gens souhaitent réellement travailler et subvenir aux besoins de leur famille. »

M. Georgetti a reconnu que le budget contient certaines dispositions portant sur la formation professionnelle, mais il indique qu'elles sont loin d'être suffisantes. « Le monde des affaires et les gouvernements au Canada n'ont pas encore compris la culture axée sur une bonne formation de la main-d'œuvre. »

Selon M. Georgetti : « Il est décevant que seulement 16 % des investissements dans la formation et les emplois proviennent de nouveaux fonds, le reste étant le renouvellement ou la réaffectation de fonds existants. De l'argent a été retiré des provinces et des travailleurs à faible revenu et remis aux employeurs pour qu'ils fassent ce qu'ils auraient dû faire de toute façon. L'argent est dirigé à des employeurs spécifiques sans aucune garantie que la formation répondra aux besoins plus larges du marché de l'emploi. »

Il ajoute : « Le gouvernement fédéral poursuit son approche punitive auprès des prestataires d'assurance-emploi, même si un excédent budgétaire de 1,4 milliard de dollars est prévu à la caisse de l'AE en 2013/2014. Les ententes sur le développement du marché du travail, financées par la caisse de l'AE, seront renégociées avec les provinces et les territoires, en consultation avec les employeurs, mais pas les travailleurs. Puisque les travailleurs paient aussi pour l'AE et ont des points de vue différents sur les besoins en formation, ils doivent être consultés. »

M. Georgetti souligne qu'une étude récente du Conference Board démontre que le Canada a pris du retard sur d'autres pays similaires dans certains indicateurs économiques, dont la productivité.

« Le ministre des Finances croit que les plus grandes difficultés économiques auxquelles sont confrontés les Canadiens et Canadiennes sont les déficits du gouvernement, mais nos plus importants défis sont la lenteur de la reprise économique, le ralentissement du marché de l'emploi, la stagnation des salaires, les niveaux records d'endettement des ménages, en plus de la protection inadéquate qu'offre le régime de l'assurance-emploi et l'absence de sécurité à la retraite. »

En plus de la formation professionnelle, le CTC demande d'importants investissements fédéraux dans les infrastructures publiques, y compris le transport en commun, le logement abordable, les services de garde abordables et de qualité, l'économie d'énergie par la modernisation des édifices et les projets d'énergie renouvelable. « Cela contribuerait à créer des milliers d'emplois et fournirait aux travailleurs et travailleuses les compétences dont ils ont besoin pour se préparer à l'économie de demain », indique M. Georgetti.

Il ajoute qu'Ottawa pourrait trouver les sommes nécessaires pour ces projets en liant son taux d'imposition des sociétés à la création d'emplois et à la formation. « Le gouvernement a accordé d'importantes réductions d'impôts aux entreprises dans l'espoir qu'elles utiliseraient l'argent pour la création d'emplois. Les entreprises ne font qu'accumuler l'argent. Le gouvernement devrait récupérer l'argent qui dort et le mettre à profit dans l'intérêt de tous les Canadiens et Canadiennes. »

M. Georgetti ajoute : « Nous prenons note que de lier les fonds fédéraux à l'infrastructure aux programmes de stages constitue un premier pas positif en vue de créer des possibilités pour les stagiaires et encourager les employeurs à remplir leurs responsabilités quant à la formation. »

Le Congrès du travail du Canada, voix nationale du mouvement syndical, représente 3,3 millions de travailleuses et travailleurs canadiens. Le CTC réunit les syndicats nationaux et internationaux du Canada, les fédérations provinciales et territoriales du travail et 130 conseils du travail régionaux. Site Web: www.congresdutravail.ca. Suivez-nous sur Twitter : @CanadianLabour.

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