SOURCE: Grands Défis Canada

Grand Challenges Canada

SOURCE: Saving Brains

Saving Brains

28 févr. 2017 14h00 HE

Grands Défis Canada : La génétique fournit de précieuses indications pour maximiser le développement de l'enfant

Dans une étude, les enfants présentant une variation génétique particulière étaient quatre fois plus susceptibles de développer un attachement étroit à leur mère après l'intervention

TORONTO, ON and CAPE TOWN, SOUTH AFRICA--(Marketwired - 28 février 2017) - le profil génétique de l'enfant peut jouer discrètement un rôle clé dans la réussite des efforts visant à maximiser son développement, indique une recherche sud-africaine.

L'étude, publiée le 28 février dans PLoS Medicine et réalisée avec le soutien du gouvernement du Canada par l'entremise du programme Sauver des cerveaux de Grands Défis Canada, jette un éclairage nouveau sur les raisons pour lesquelles certains enfants bénéficient plus que d'autres des interventions psychosociales et elle soulève des questions complexes sur ces programmes d'intervention pour l'avenir.

Une étude menée par le professeur Mark Tomlinson de l'Université de Stellenbosch a fait le suivi d'une intervention réalisée entre 1999 et 2003 dans laquelle des femmes enceintes ont eu accès à un mentorat visant à améliorer l'attachement avec leurs enfants - une mesure de la sécurité psychologique de l'enfant qui est aussi prédictive de son bien-être futur. L'étude originale comportait un groupe témoin de taille à peu près égale, composé de femmes enceintes qui n'ont pas reçu de mentorat.

L'étude originale a conclu que l'intervention avait eu un effet variant entre faible à modéré sur l'attachement mère-enfant, évalué au moment où les enfants atteignaient l'âge de 18 mois.

L'étude de suivi, réalisée treize ans après l'intervention, a réexaminé les résultats originaux et a révélé quelque chose d'étonnant : l'intervention avait effectivement donné de bons résultats pour les enfants qui présentaient une caractéristique génétique particulière.

Menée en collaboration avec des collègues de l'Université de Reading, du University College de Londres et de l'Université Western, l'étude a recruté 279 des 449 enfants ayant participé à l'étude originale et les a soumis à des analyses génétiques.

Des données sur la génétique et l'attachement étaient disponibles pour 220 de ces enfants, ce qui a permis aux chercheurs de vérifier si les résultats initialement observés sur l'attachement avaient été influencés par leurs gènes.

Les chercheurs ont tenu compte du fait que l'enfant possédait la forme courte ou longue du gène SLC6A4 - le gène transporteur de la sérotonine, impliquée dans la signalisation nerveuse, que d'autres études ont lié à l'anxiété, à la dépression et à d'autres conditions. On estime généralement que la sérotonine contribue aux sentiments de bien-être et de bonheur.

Les enfants possédant la forme courte du gène et dont la mère avait été encadrée durant la grossesse étaient presque quatre fois plus susceptibles de montrer un attachement sécurisant à leur mère à l'âge de 18 mois (84 % montraient un attachement sécurisant) que les enfants porteurs de la forme courte du gène dont la mère n'avait pas reçu de mentorat (58 % montraient un attachement sécurisant).

Par contre, les enfants possédant la forme longue du gène n'ont apparemment pas été affectés par la formation ou l'absence de formation reçue par la mère : dans les deux cas, le taux d'attachement sécurisant était presque identique (70 % et 71 %).

Sous réserve de validation supplémentaire, le professeur Tomlinson affirme que cette observation a " des implications importantes pour les scientifiques qui conçoivent et évaluent des interventions pour qu'elles bénéficient au plus grand nombre possible de gens en Afrique du Sud et ailleurs dans le monde ".

" En ne tenant pas compte de la génétique, il est possible que d'autres études aient sous-estimé l'impact de leurs interventions, comme nous l'avons fait à l'origine ".

D'expliquer l'auteur principal, le Dr Barak Morgan de l'Université de Cape Town : " La portée immédiate de cette recherche est la révélation qu'en principe, et probablement en pratique aussi, l'efficacité des interventions a été mal mesurées - sous-estimée pour les personnes génétiquement prédisposées et surestimée pour celles qui sont génétiquement moins sensibles. Mais ce qui est encore plus inquiétant est que nous pouvons en déduire que les conséquences négatives d'une absence d'intervention diffèrent également selon le génotype ".

" C'est une observation extrêmement importante parce que, dans un tel cas, le sous-groupe possédant la forme courte du gène SLC6A4 est aussi celui qui a le plus à perdre s'il ne reçoit aucune aide ".

" Par ailleurs, les personnes portant la forme longue du gène semblent moins sensibles, elles ont tiré peu d'avantages de la même intervention mais ont aussi été moins défavorisées par son absence ".

D'ajouter le professeur Tomlinson : " Dans l'étude originale, nous n'avons pas observé un impact si important de l'intervention parce que seuls les enfants possédant le gène court ont connu une amélioration, et que cette amélioration a été " diluée " en raison du grand nombre d'enfants présentant la forme longue du gène qui n'ont pas connu d'amélioration ".

Les chercheurs soulignent qu'entre autres limites, cette étude a porté sur un échantillon relativement restreint et a mesuré seulement un gène et un résultat (l'attachement).

Le Dr Morgan insiste : " Nous ne sommes certes pas en train de dire que seulement certaines personnes devraient recevoir l'intervention - celles qui sont 'susceptibles' d'en tirer une amélioration. Il n'y a guère de justification scientifique à cela. Ainsi, de nombreux enfants possédant le génotype long non sensible du gène SLC6A4 peuvent porter la forme sensible d'un autre gène qui les rendrait beaucoup plus susceptibles de bénéficier de la même intervention, mais pour un résultat différent qui est tout aussi important.

" Les implications pour l'avenir sont de deux ordres. Premièrement, la mesure des différences génétiques permet une évaluation appropriée de l'efficacité ou du manque d'efficacité d'une intervention pour un résultat donné chez différents sujets. Deuxièmement, cette information peut ensuite être utilisée pour savoir comment intervenir efficacement auprès de tous les sujets - et déterminer ce qui pourrait être fait pour améliorer les résultats face à l'interaction entre une intervention et le gène non sensible, tout en continuant à optimiser les résultats pour le gène sensible ".

De préciser la Dre Karlee Silver, vice-présidente aux programmes à Grands Défis Canada : " Ce travail vise fondamentalement à mieux comprendre l'impact des interventions, une étape importante en vue de créer un monde où chaque enfant peut survivre et prospérer ".

Selon le Dr Peter A. Singer, chef de la direction de Grands Défis Canada : " C'est une constatation étonnante qui change la façon dont je conçoit le développement de l'enfant. Pourquoi est-ce important? Parce que, pour des millions d'enfants dans le monde, le développement durant l'enfance est l'échelle de la mobilité sociale qui sert à se sortir du gouffre de l'inégalité ".

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