Le Groupe d'action pour le commerce équitable

07 déc. 2006 14h13 HE

Groupe d'action pour le commerce équitable/Bulletin L'industrie du vêtement mise à nu : Les entreprises sont plus enclines à respecter les normes du travail

Mais l'élimination des violations des droits du travail nécessite plus d'implication des travailleurs

OTTAWA, ONTARIO--(CCNMatthews - 7 déc. 2006) - Le Groupe d'action pour le commerce équitable (ETAG) a publié aujourd'hui son deuxième bilan annuel de la transparence, qui compare les comptes rendus au public sur le respect des normes du travail par 30 des principaux détaillants et marques de vêtements comprenant Levi Strauss, Nike, adidas, H&M, Mountain Equipment Co-op, Roots, La Senza, Reitmans et 22 autres. Les notes les plus élevées ont été obtenues par Levi Strauss, Reebok, Mountain Equipment Co-op, adidas et Gap Inc.

L'industrie du vêtement mise à nu, Bulletin de la transparence 2006 d'ETAG, évalue les entreprises d'après leurs programmes destinés à atteindre et à maintenir la conformité avec les normes du travail reconnues internationalement dans les usines du monde entier où leurs produits sont confectionnés et les mesures qu'elles prennent pour faire connaître au public, efficacement et de façon transparente, les efforts qu'elles font à ces fins.

"Depuis un an, certains gros détaillants et grandes marques ont amélioré les comptes qu'ils rendent sur le respect des normes du travail", dit Kevin Thomas, porte-parole d'ETAG. Les notes des entreprises canadiennes Mountain Equipment Co-op, Mark's Work Wearhouse et HBC sont plus élevées que celles de l'année dernière. "La reddition de comptes au public est en bonne voie de devenir un impératif du commerce. Mais malgré l'amélioration de la reddition de comptes, il reste beaucoup de chemin à faire pour améliorer les conditions de travail dans les usines de vêtements du monde entier."

"Certaines des principales entreprises ont exprimé leur consentement à discuter des causes fondamentales des violations des droits du travail qui ne cessent de se produire dans leurs chaînes d'approvisionnement", a indiqué M. Thomas, qui fait remarquer qu'un plus grand nombre d'entreprises font état de programmes de formation à l'intention du personnel des usines et d'autres efforts faits pour modifier de mauvaises pratiques persistantes. "Cependant, notre étude révèle que les entreprises sont moins disposées à traiter de la contribution que peut apporter à ces problèmes leur modèle d'entreprise fondé sur des prix de plus en plus bas et une production très mobile."

M. Thomas a fait remarquer qu'il est décourageant pour les fournisseurs de voir les détaillants et les marques faire passer la production d'usines qui ont amélioré leurs méthodes de travail à des pays où les frais de main-d'oeuvre sont plus bas ou de les voir demander aux propriétaires des usines d'atteindre des normes plus élevées en même temps qu'ils exigent qu'ils réduisent leurs prix.

Bien qu'il se réjouisse du fait que l'on discute davantage d'une "conformité durable" aux normes du travail, Ian Thomson, coordinateur du programme pour la responsabilité sociale des entreprises de KAIROS : Initiatives canadiennes oecuméniques pour la justice, a déclaré que "les entreprises n'y arriveront pas seules".

"La prochaine étape consiste à ce que les entreprises collaborent de façon cohérente avec le personnel des usines, les ONG, les groupes confessionnels et les syndicats à l'établissement de solutions durables."

ETAG a constaté que quatorze des trente entreprises sondées ont indiqué qu'elles collaboraient avec des ONG et des syndicats alors que seules cinq l'indiquaient l'année dernière. Toutefois, à quelques exceptions près, les entreprises ne font pas participer pleinement le personnel d'usine aux efforts faits pour assurer le respect des normes du travail.

ETAG est une coalition d'organisations confessionnelles, syndicales, étudiantes et non gouvernementales militant en faveur de l'adoption de politiques gouvernementales, de codes de conduite d'application volontaire et de politiques d'achat responsable qui favorisent l'instauration de méthodes de travail humaines fondées sur les normes du travail internationalement acceptées. ETAG comprend les Travailleurs canadiens de l'automobile, le Conseil canadien pour la coopération internationale, le Congrès du travail du Canada, le Syndicat canadien de la fonction publique, KAIROS : Initiatives canadiennes oecuméniques pour la justice, le Maquila Solidarity Network, la Fédération des enseignantes et enseignants des écoles secondaires de l'Ontario, OXFAM Canada, le Fonds humanitaire des Métallos et UNITE-HERE.

Vous pouvez télécharger la version intégrale du rapport à l'adresse www.maquilasolidarity.org

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