INTERNATIONAL HAPMAP PROJECT

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Génome Canada

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Génome Québec

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26 oct. 2005 13h00 HE

Hap Map : Des chercheurs canadiens jouent un rôle clé dans une réalisation scientifique d'avant-garde, Un Consortium international termine la carte des variations génétiques humaines

MONTREAL, QUEBEC--(CCNMatthews - 26 oct. 2005) -

Conférence de presse en direct à 13h45, heure de l'Est, diffusée dans Internet à www.genome.gov

Le Consortium international HapMap a annoncé aujourd'hui l'achèvement du premier catalogue complet des variations génétiques humaines, une réalisation historique qui accélère déjà la recherche de gènes responsables de maladies courantes comme l'asthme, le diabète, le cancer et les cardiopathies. Deux éminents chercheurs canadiens qui ont joué un rôle clé dans le projet ont participé à l'annonce à Salt Lake City.

M. Tom Hudson, du Centre d'innovation de Génome Québec et de l'Université McGill, a été le directeur canadien du projet HapMap et l'un des directeurs initiaux du document de principes du projet HapMap. Mme Bartha Knoppers, Ph.D., LL.B., de l'Université de Montréal, a coprésidé l'équipe internationale en éthique et dirigé les discussions sur le sujet dans le projet HapMap. A l'aide des plates-formes de technologie d'analyse de l'ADN à haut rendement du Centre d'innovation de Génome Québec et de l'Université McGill, le groupe canadien a analysé les chromosomes 2 et 4p du génome humain, des travaux qui ont produit 10 % des données du projet HapMap

DESCRIPTION DE HAPMAP

HapMap est un catalogue des variations génétiques les plus fréquentes chez l'humain. Il décrit la nature des variantes, leur emplacement dans la séquence d'ADN et leur distribution au sein d'une population et entre les populations dans différentes parties du monde. Dans un article de la revue Nature, publié dans le numéro du 27 octobre 2005, plus de 200 chercheurs du Canada, de la Chine, du Japon, du Nigeria, du Royaume-Uni et des Etats-Unis décrivent les résultats initiaux de la cartographie des modèles des variations génétiques courantes chez la population mondiale. Les résultats montrent avec éloquence que les variations dans le génome humain sont structurées dans des voisinages locaux appelés haplotypes.

"Hap Map est un outil indispensable qui accélérera la découverte des gènes responsables des maladies, a dit M. Tom Hudson à Salt Lake City. A titre de comparaison, l'annonce d'aujourd'hui ressemble au premier vol transatlantique : après ce premier vol, les voyages ont changé à jamais. Grâce à l'achèvement de la première carte des haplotypes ou HapMap, la génétique humaine vient de franchir une étape semblable."

ORIGINE DU PROJET HAPMAP - CONTRIBUTION DU CANADA

Lorsque des chercheurs ont annoncé la première fois l'ébauche de la séquence du génome humain en 2001, le défi de la vérification des trois milliards de lettres de l'ADN pour trouver l'emplacement des gènes responsables des maladies a semblé gigantesque à relever. Un groupe de chercheurs canadiens (Tom Hudson à Montréal et Kathy Siminovitch à Toronto) et américains dont les travaux portaient sur la maladie intestinale inflammatoire ont comparé les différences dans les séquences dans une région du chromosome 5 dans 200 familles de Toronto. A leur étonnement, les 400 différences observées dans les séquences semblaient être structurées en des modèles simples, que les chercheurs ont appelé blocs d'haplotypes. Cette structure qui existait, ont-ils ensuite constaté, dans tous les chromosomes humains, a mené au concept de la création d'une carte haplotype complète.

"Passer d'un concept à l'immense réalisation scientifique d'aujourd'hui ne s'est pas produit par hasard. Il a fallu de nombreux pays, de nombreux experts de différents domaines, des collectivités prêtes à faire don d'ADN, de nouvelles technologies, de nouvelles bases de données publiques et surtout, des gens qui croyaient au projet et qui étaient prêts à y investir", a dit M. Martin Godbout, président et directeur général de Génome Canada.

"Sans le leadership et la vision de Génome Canada et de Génome Québec, nous n'aurions pas pu passer d'un concept à des résultats publiés en un si courts laps de temps", a ajouté M. Paul L'Archevêque, président et directeur général de Génome Québec.

Le gouvernement du Canada, par l'entremise de Génome Canada, et le gouvernement du Québec, par le biais de Génome Québec, ont été les premiers au monde à approuver le projet HapMap et à annoncer son financement en avril 2002. Le financement final des autres pays participants est venu six mois plus tard, en octobre 2002.

"Le Canada a été le premier pays de ce consortium international à approuver le projet de recherche Hap Map et à financer les travaux de M. Tom Hudson et de son équipe, par le biais de Génome Canada en 2002. Nous sommes très fiers que ces chercheurs, de même que leurs partenaires internationaux, aient fait des percées aussi importantes pour donner à la population canadienne et au reste du monde un outil scientifique qui accélérera le processus de découverte des gènes responsables des maladies, a dit M. David L. Emerson, ministre de l'Industrie. Toutes mes félicitations à M. Tom Hudson et Mme Bartha Knoppers - le Canada est très fier d'eux et leurs travaux confirment le leadership du Canada dans le domaine de la recherche en génomique."

"Dans notre stratégie économique déposée le 13 octobre - l'Avantage québécois - nous avons précisé que la génomique était l'un de nos principaux piliers de la prospérité au Québec, a indiqué M. Claude Béchard, ministre responsable du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation. Hap Map a sans aucun doute influencé le développement économique du Québec et contribue en large part à sa reconnaissance internationale comme chef de file dans le domaine de la recherche et de l'innovation. Je félicite chaleureusement Tom et Bartha et je remercie Génome Québec, qui a joué un rôle important dans l'élaboration de ce projet."

HAPMAP - AVANTAGES POUR LA SANTE HUMAINE

HapMap procure un outil qui peut être utilisé dans ce qu'on appelle les études d'association. Dans ces études, les chercheurs compareront les haplotypes chez des individus atteints d'une maladie avec les haplotypes d'un groupe comparable d'individus qui n'en sont pas atteints (groupe témoin). Si un haplotype particulier survient plus fréquemment chez les individus atteints de la maladie que chez les autres, un gène influençant la maladie peut être localisé dans cet haplotype ou à proximité.

"Connaître les 10 à 20 marqueurs génétiques qui prédisposent au cancer du côlon pourrait aboutir à des tests qui permettront de cibler avec efficacité des individus à risque pour ce type de cancer, ce qui rendra possible l'enlèvement des tumeurs lorsqu'elles sont encore petites ou à 95 % guérissables, a dit M. Hudson. Connaître de 10 à 20 marqueurs génétiques du diabète peut aider à trouver de nouveaux traitements mieux adaptés à chacun des patients et ainsi de suite pour toutes les autres maladies."

Il faudra peut-être du temps pour que des découvertes importantes se retrouvent dans le milieu clinique, car il faut d'autres recherches. Toutefois, HapMap est un outil qui aidera les chercheurs partout dans le monde à accélérer considérablement le processus.

ASPECTS ETHIQUES AU COUR DU PROJET

Les chercheurs ont produit HapMap en utilisant l'ADN d'échantillons sanguins provenant de 269 bénévoles de régions géographiques très diversifiées : des Yorubas d'Ibadan, au Nigeria; des Japonais de Tokyo, des Chinois Han de Beijing et des résidants de l'Utah dont les ancêtres provenaient d'Europe du Nord et d'Europe occidentale. Aucun renseignement médical ou personnel permettant d'identifier les donneurs n'a été recueilli auprès de ces derniers. Les échantillons sont cependant identifiés par population dans lesquelles ils ont été recueillis.

"Nous nous sommes attentivement veillé à ce que le projet se fasse de manière aussi éthique et transparente que possible. En nous fondant sur le précédent créé par le Projet du génome humain, nous avons soupesé les répercussions éthiques, juridiques et sociales de cette recherche dès le début, a dit Mme Bartha M. Knoppers, Ph.D., LL.B. de l'Université de Montréal. Nous avons, par exemple, élaboré une stratégie très rigoureuse d'engagement et d'échantillonnage auprès des collectivités pour que les participants de tous les différents groupes démographiques puissent donner un consentement complet et éclairé. Nous savons cependant que notre travail est loin d'être terminé et nous restons prêts à examiner les questions éthiques, juridiques et sociales qui pourraient survenir dans l'avenir."

Comme dans le cas des données produites par le Projet du génome humain, les données de HapMap sont rapidement et librement mises à la disposition des chercheurs dans des bases de données publiques. Les chercheurs peuvent y avoir accès par le HapMap Data Coordination Center (www.hapmap.org), la DBSNP du National Center for Biotechnology Information financé par les NIH (http://www.ncbi.nlm.nih.gov/SNP/index.html) et la base de données JSNP du Japon (http://snp.ims.u-tokyo.ac.jp/).

Génome Canada est la principale source de financement et d'information liés à la génomique et à la protéomique au Canada. Génome Canada, qui se consacre à l'élaboration et à la mise en oeuvre d'une stratégie nationale de recherche en génomique et en protéomique au profit des Canadiennes et des Canadiens, a jusqu'à maintenant reçu 600 millions de dollars du gouvernement du Canada qui, lorsqu'on y ajoute le financement de contrepartie des autres partenaires, totalise 1,2 milliard de dollars investis dans 112 projets de recherche novateurs et des plates-formes de science et technologie perfectionnées.

Génome Québec, qui a pour mission de mobiliser les milieux universitaire et industriel autour de la recherche en génomique, est un organisme privé, sans but lucratif, qui investit et gère des ressources financières de près de 300 millions de dollars provenant des secteurs public et privé. Elle gère actuellement des projets dans six grands secteurs : la santé humaine, la bioinformatique, l'éthique, l'environnement, la foresterie et l'agriculture. Elle a créé près de 700 emplois depuis sa création, en 2000, et permis la création, à Montréal, du Centre d'innovation de Génome Québec et de l'Université McGill, un centre de recherche de calibre mondial qui favorise le positionnement du Québec sur la scène internationale.

Tom Hudson et Bartha Knoppers acceptent de donner des entrevues.

Renseignements

  • Génome Canada
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    ou
    Génome Québec
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