Institut Fraser

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08 oct. 2013 06h25 HE

Institut Fraser : Au Canada, les longues attentes requises avant d'obtenir des soins acculent les patients à la dépression et à la mort : des réformes en profondeur du système sont nécessaires

CALGARY, ALBERTA--(Marketwired - 7 oct. 2013) - De longues attentes pour des chirurgies ou l'accès à des spécialistes - situation qui est pire au Canada qu'ailleurs - sont un problème que l'on peut régler sans dépenser plus d'argent ou supprimer la couverture universelle selon un nouveau livre publié aujourd'hui par l'Institut Fraser, organisme canadien indépendant et non partisan de réflexion sur les politiques publiques.

« Si les Canadiens veulent pouvoir accéder plus rapidement aux soins de santé, nous devons adopter une démarche plus axée sur le marché pour le financement et la prestation des services de santé. Sinon, les malades continueront d'être condamnés à de longues périodes d'attente pour des soins que leur état exige », selon Nadeem Esmail, directeur des études sur les politiques de la santé à l'Institut Fraser et auteur de deux chapitres de Reducing Wait Times for Health Care: What Canada Can Learn From Theory and International Experience.

Les périodes d'attente pour l'obtention de soins médicaux au Canada ont grimpé à des niveaux historiquement élevés malgré les stratégies gouvernementales actuelles visant à les abréger. Les Canadiens attendent plus longtemps que les citoyens d'un grand nombre d'autres pays de l'OCDE qui jouissent d'un système d'accès universel aux soins de santé, et cela est valable pour les visites en salles d'urgence, les consultations de médecins et les interventions chirurgicales non urgentes, en dépit d'un budget médical canadien relativement important.

« L'attente de soins de santé a des conséquences médicales, personnelles et économiques importantes », de dire Steven Globerman, directeur du Center for International Business à l'Université Western Washington, et senior fellow de l'Institut Fraser, qui a révisé le livre de 168 pages.

L'incapacité à limiter les délais d'attente a eu de nombreuses répercussions importantes sur le bien-être économique des Canadiens. Une estimation avancée par le Centre for Spatial Economics et ne portant que sur quatre types de prestations - remplacement complet d'une articulation, opération de la cataracte, pontage aortocorénarien et IRM - a révélé que les attentes excessives coûtaient aux Canadiens 14,8 milliards de dollars, plus 4,4 milliards additionnels (pour un total de 19,2 milliards), en manque à gagner gouvernemental attribuable à une activité économique ralentie.

Les longues attentes requises pour se faire soigner peuvent également affecter la croissance économique à court et à long terme en influant sur les investissements en éducation et en formation, l'implication parentale, le soutien aux enfants d'âge scolaire et le taux d'absentéisme et de présentéisme en milieu de travail. S'il n'est pas possible d'estimer de manière précise les gains économiques et autres que permettrait une réduction des temps d'attente, tout porte à croire qu'ils seraient importants.

En plus de coûter cher, les délais d'attente peuvent être cruels. Au chapitre trois du livre, qui traite des Conséquences de l'attente, le Dr Brian Day, chirurgien orthopédiste et ancien président de l'Association médicale canadienne, soutient que l'attente peut empirer l'état des malades et entraîner une dépression, des malaises, un sentiment d'indignité, un arrêt de travail et même la mort. Chez les enfants, il a observé que les effets à long terme de l'attente d'une intervention chirurgicale peuvent aggraver à un point tel leur état que cela peut avoir ultérieurement des répercussions sur leur éducation et leurs chances de réussite.

« Attendre d'être soigné n'est pas un phénomène bénin ou un simple inconvénient pour les personnes qui sont concernées, de poursuivre le Dr Day. L'état de santé des patients est souvent dégénératif et peut avoir soudainement des conséquences graves si des soins ne sont pas rapidement prodigués. »

Le livre montre comment les politiques qui adoptent ou imitent les mécanismes du marché, dont ceux de la concurrence et du financement adapté aux cas à traiter, peuvent réduire les délais d'attente pour tout le monde dans un système universel. Par ailleurs, les auteurs font remarquer que des approches de gestion et de dépenses comme celles du Canada n'aboutissent pas à une offre de soins plus rapide.

« Les coûts associés aux longues attentes peuvent être réduits, voire éliminés, par une réforme des soins de santé efficace. Les mauvaises décisions politiques du passé et l'adhésion à l'idée que seul le gouvernement peut assurer les soins de santé ont empêché le Canada de progresser dans la réforme des politiques et de procéder aux changements bénéfiques mis en place dans d'autres pays de l'OCDE pour assurer un accès universel aux soins de santé », conclut M. Globerman.

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L'Institut Fraser est un organisme canadien indépendant de recherche en politiques publiques et d'éducation qui possède des bureaux à Vancouver, à Calgary, à Toronto et à Montréal, et qui entretient des liens avec un réseau mondial de 86 laboratoires d'idées. Sa mission consiste à mesurer, à analyser et à faire connaître les effets des marchés concurrentiels et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des citoyens. Afin de préserver son indépendance, l'Institut n'accepte ni subventions ni contrats de recherche des administrations publiques. Consultez son site à l'adresse www.fraserinstitute.org

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