Institut Fraser

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22 mai 2013 06h32 HE

Institut Fraser : Comment réduire les dépenses de santé tout en améliorant les régimes publics d'assurance maladie, selon le modèle suédois

CALGARY, ALBERTA--(Marketwired - 22 mai 2013) - Le système de santé universel de la Suède, qui figure parmi les meilleurs au monde quant aux résultats obtenus, offre des leçons très importantes pour le Canada sur la manière de réduire les coûts tout en améliorant la performance globale. C'est ce que fait valoir une nouvelle étude de l'Institut Fraser, un organisme de recherche canadien indépendant et non partisan.

« Les Canadiens financent le système de soins de santé universel le plus coûteux des pays développés, mais qui donne des résultats médiocres, voire terribles », déplore Nadeem Esmail, directeur de la recherche sur les politiques de santé de l'Institut Fraser et auteur de l'étude intitulée Health Care Lessons from Sweden.

« La Suède, par contre, est un excellent exemple d'un système offrant des soins de santé de grande qualité, peu importe la capacité de payer des patients, et ce, à un coût nettement inférieur à celui du système canadien. Le Canada aurait avantage à suivre le modèle suédois en ce qui concerne le partage des coûts, le financement fondé sur les activités et la participation du secteur privé. »

Cette dernière étude de l'Institut Fraser s'inscrit dans une série d'analyses sur le financement et la prestation des services de santé dans d'autres pays développés. Les pays étudiés partagent le noble objectif du Canada, soit l'accès universel à des traitements rapides et de grande qualité dans le système de santé. La version intégrale de l'étude en format PDF (en anglais seulement) est téléchargeable gratuitement à www.institutfraser.org.

L'étude, qui compare les systèmes canadien et suédois, souligne que les dépenses de santé du Canada (ajustées selon l'âge) étaient de 36 % supérieures à celles de la Suède en 2009, et que les dépenses canadiennes en pourcentage du PIB étaient les plus élevées de tous les pays développés dotés d'un système de soins de santé universel. Pourtant, les Canadiens doivent supporter un accès insuffisant aux professionnels de la santé et aux technologies médicales, ainsi que certains des délais les plus longs des pays développés pour obtenir des soins de santé.

Les aspects suivants distinguent les politiques en santé de la Suède de celles du Canada :

  • Le partage des coûts des services médicaux de toutes formes;
  • Une prestation privée de services de soins hospitaliers de courte durée;
  • Le financement des soins hospitaliers fondé sur les activités;
  • Un important système privé parallèle de soins de santé à pratique mixte;
  • Des médecins salariés.

« La Suède ayant longtemps été considérée comme la Mecque de la pensée socialiste, il est utile d'examiner la structure de son système universel de soins de santé pour éclairer le débat canadien sur l'avenir du régime public d'assurance maladie, affirme M. Esmail.

« L'application de l'approche suédoise au Canada passerait avant tout par des changements importants des flux financiers au sein des systèmes publics provinciaux, une intensification de la concurrence et une plus grande participation du secteur privé.

Elle ne nécessiterait pas une réforme en profondeur de l'actuel système de santé public canadien, géré par les provinces auxquelles le gouvernement fédéral apporte son appui financier. »

S'inspirant du cadre suédois qui a fait ses preuves quant à la prestation universelle de soins de santé abordables et de qualité, l'étude propose les réformes suivantes des politiques de santé canadiennes :

1. Adopter des modèles de financement fondé sur les activités, éventuellement accompagnés d'analyses comparatives pour établir les frais.

Le financement fondé sur les activités incite les hôpitaux à traiter plus de patients et à fournir les types de services que ces derniers recherchent, tandis que l'octroi d'enveloppes budgétaires globales - principal mode de financement des hôpitaux au Canada - coupe le financement de la réalité de la prestation de services. Des études ont montré que le financement fondé sur les activités peut se traduire par la prestation d'un plus grand volume de services, des délais d'attente plus courts pour les patients, des soins de meilleure qualité, une diffusion plus rapide des technologies médicales et des meilleures pratiques, et une plus grande efficacité globale.

2. Autoriser l'assurance et les soins de santé privés à l'égard des traitements médicaux nécessaires; permettre la mixité de la pratique médicale pour maximiser le volume de services fournis aux patients dans les secteurs public et privé.

Un système de santé privé parallèle joue plusieurs rôles importants. Premièrement, il offre aux malades le choix de retourner plus rapidement à une vie normale que dans le cadre du système universel. Deuxièmement, les patients ayant recours au secteur privé libèrent des ressources dans le système universel pour les personnes qui ont choisi d'y rester. Troisièmement, un système de santé privé parallèle sert de soupape de sécurité dans les cas où le système public atteint la limite de sa capacité ou connaît une soudaine hausse de la demande.

« De plus, la concurrence créée par un système de santé privé parallèle incite le système public à offrir de meilleurs services », soutient M. Esmail.

La Suède autorise également les médecins à travailler à la fois dans le secteur public et dans le secteur privé au lieu de les obliger à se désengager du régime universel. Ainsi, leurs compétences pointues sont employées plus efficacement.

« La mixité de la pratique médicale est courante dans les pays développés. Elle est notamment permise au Danemark, au Royaume-Uni, en Irlande, en Nouvelle-Zélande, en Norvège, en Espagne, en Suède, en Australie, en Finlande et en Italie », souligne M. Esmail.

3. Mettre en place des systèmes de partage des coûts, dans le cadre du régime universel, lesquels comportent des limites annuelles raisonnables et l'exemption automatique des personnes à faible revenu.

Au Canada, l'absence de partage des coûts - formule où les patients doivent payer une partie de leurs services médicaux assurés - a entraîné une demande excessive et le gaspillage des ressources. Le partage des coûts encourage les patients à prendre des décisions éclairées sur le moment opportun d'une consultation médicale et le meilleur point d'entrée du système de santé, ce qui augmente l'efficacité des soins, réduit en fin de compte les dépenses totales et améliore l'accès aux traitements pour les personnes nécessitant des soins. Il a été démontré que les mesures de partage des coûts ne nuisent pas à la santé des patients pourvu que les personnes à faible revenu en soient exonérées.

4. Envisager la possibilité d'un financement mixte des soins primaires comportant une importante rémunération à l'acte.

Au Canada, il n'est pas possible de salarier les médecins comme le fait la Suède en raison du modèle de pratique indépendante et de la pénurie de praticiens existant au pays. Cependant, il pourrait valoir la peine d'étudier de plus près le mode de paiement mixte des services de soins primaires utilisé en Suède, lequel comprend un montant par personne et une majoration du paiement à l'acte.

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L'Institut Fraser est un organisme canadien indépendant de recherche en politique publique et d'éducation qui possède des bureaux à Vancouver, à Calgary, à Toronto et à Montréal, et collabore avec 86 centres d'études et de recherches dans le monde. Sa mission consiste à mesurer, à analyser et à faire connaître les effets d'un marché concurrentiel et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des citoyens. Afin de préserver son indépendance, l'Institut refuse toute subvention et tout contrat de recherche des administrations publiques. Consultez son site à l'adresse www.institutfraser.org.

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