The Fraser Institute

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15 nov. 2011 06h32 HE

Institut Fraser : De plus en plus endetté, le Québec doit réduire ses dépenses de programmes en s'inspirant des mesures d'austérité budgétaire des années 1990

MONTRÉAL, QUÉBEC--(Marketwire - 15 nov. 2011) - Le gouvernement actuel du Québec refait les erreurs des gouvernements des années 1980, ce qui l'amène à être aux prises avec des déficits en série, une hausse de la dette, et l'augmentation des frais d'intérêt au détriment des dépenses de programmes. S'il veut renouer avec la prospérité, le Québec doit suivre la voie empruntée au milieu des années 1990, soit réduire ses dépenses et équilibrer son budget, recommande un nouveau livre publié par l'Institut Fraser, l'organisme de recherche en politiques publiques le plus réputé au pays.

« La situation financière à long terme du Québec est la pire au pays », affirme Filip Palda, senior fellow de l'Institut Fraser et professeur titulaire à l'École nationale d'administration publique.

« La dette de la province représente plus de 50 % de son PIB, ce qui est de loin le pire endettement parmi les provinces canadiennes. Québec doit se dépêcher d'équilibrer son budget et, surtout, commencer à réduire son endettement en pourcentage du PIB provincial. »

Le livre, intitulé Learning from the Past: How Canadian Fiscal Policies of the 1990s Can Be Applied Today, examine les problèmes financiers actuels du pays et y trouve des similitudes avec la situation des gouvernements provinciaux dans les années 1980 et au début des années 1990. Celle-ci consistait en d'importants déficits budgétaires, accompagnés d'une hausse de la dette et des taux d'intérêt.

Le livre indique que la dette du Québec devrait atteindre 166,1 milliards de dollars, soit une augmentation de 10,7 % par rapport à 2009-2010. Par ailleurs, son déficit actuel est de près de 3,8 milliards, ce qui représente 1,2 % du PIB provincial. Si la province ne réussit pas à contrôler sa dette rapidement en équilibrant son budget et en cessant de financer les dépenses de capital par des emprunts, l'économie québécoise en souffrira considérablement et de façon prolongée, notamment sous forme de ralentissement de la croissance.

Le gouvernement du Québec prévoit équilibrer son budget en 2013-2014, mais ses prévisions sont fondées sur une forte croissance des recettes publiques (4,9 % en moyenne) et une moindre croissance des dépenses (1,9 %).

« La manière dont Québec compte équilibrer son budget est très risquée. Tout écart par rapport à ces prévisions de recettes ou de dépenses entraînera une augmentation des déficits dans l'immédiat et donc de l'endettement », explique Niels Veldhuis, vice-président de la recherche en politiques canadiennes de l'Institut Fraser et coauteur du nouveau livre, Learning from the Past: How Canadian Fiscal Policies of the 1990s Can Be Applied Today.

« La seule solution pour le Québec consiste à reprendre les mesures d'austérité budgétaire qui avaient aidé la province à se remettre sur la bonne voie il y a près de 20 ans. »

Le livre souligne que le gouvernement du Québec a procédé à une réduction de ses dépenses de programmes en deux périodes au cours des années 1990 : une légère diminution a eu lieu en 1993-1994, puis une baisse de 4,6 % a été enregistrée de 1995-1996 à 1996-1997. Québec a également réduit l'emploi dans le secteur public de 10,7 % au cours de la période de réforme et de compression des dépenses.

La compression des dépenses et les réductions d'effectifs dans le secteur public qui en découlaient n'étaient pas une fin en soi; c'était un moyen d'équilibrer les dépenses et les recettes prévues afin d'équilibrer la situation financière de la province de manière résolue et en temps voulu.

Le livre conclut que les politiciens, responsables de politiques et contribuables québécois doivent tirer des leçons des années 1990. Au cours de cette décennie, des gouvernements partout au pays – toutes idéologies et tous partis confondus – ont réussi à réduire leurs dépenses de manière à les équilibrer avec les recettes, équilibrant ainsi les budgets provinciaux. Ces mesures, bien que difficiles à court terme, ont mené à de meilleurs résultats à moyen et long terme, notamment la diminution de la dette, la baisse des frais d'intérêt et la prospérité économique.

« La politique néfaste qui consiste à tenter de réduire la croissance des dépenses en espérant que les recettes augmenteront suffisamment pour équilibrer les finances publiques est malheureusement réapparue dans de nombreuses provinces, déplore M. Palda.

« Afin d'enregistrer des budgets équilibrés ou excédentaires, de réduire la dette et de diminuer les frais d'intérêt, Québec doit reprendre les mesures d'austérité budgétaire des années 1990. Plus particulièrement, il doit d'urgence réduire les dépenses de programmes et l'emploi dans le secteur public. »

La version intégrale de l'étude est accessible gratuitement en format PDF à l'adresse www.institutfraser.org (en anglais seulement).

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L'Institut Fraser est un organisme canadien indépendant de recherche en politique publique et d'éducation qui possède des bureaux à Vancouver, Calgary, Toronto et Montréal, et collabore avec 85 centres d'études et de recherches dans le monde. Sa mission consiste à mesurer, à analyser et à faire connaître les effets d'un marché concurrentiel et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des citoyens. Afin de préserver son indépendance, l'Institut refuse toute subvention et tout contrat de recherche des Administrations publiques. Consultez son site à l'adresse www.institutfraser.org.

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