Institut Fraser

Institut Fraser

13 sept. 2011 06h32 HE

Institut Fraser : Jean Charest, premier ministre du Québec, s'est classé sixième parmi ses pairs quant à la gestion des finances provinciales

VANCOUVER, COLOMBIE-BRITANNIQUE--(Marketwire - 13 sept. 2011) - Le premier ministre du Québec, Jean Charest, s'est classé sixième globalement dans une évaluation de la performance des dix premiers ministres provinciaux du Canada sur le plan de la politique budgétaire, selon une nouvelle étude publiée aujourd'hui par l'Institut Fraser, l'organisme de recherche en politiques publiques le plus réputé au pays. Les aspects évalués comprenaient notamment les dépenses publiques, les impôts et les taxes, ainsi que la dette et les déficits.

Avec une note de 45,5 sur 100, Jean Charest arrive loin derrière ses pairs les plus performants. L'ancien premier ministre de la Colombie-Britannique, Gordon Campbell, est en tête de classement avec une note de 83,1, suivi par Danny Williams (ancien premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador), dont la note était de 72,9. Darrel Dexter, de la Nouvelle-Écosse, s'est classé troisième avec une note de 60,4.

L'étude intitulée Measuring the Fiscal Performance of Canada's Premiers, 2011 examine la performance relative des dix premiers ministres provinciaux sur le plan de la gestion budgétaire pendant la durée de leur mandat, et ce, jusqu'à l'année la plus récente où des données sont disponibles (2010-2011). Certains anciens premiers ministres font partie du classement tandis que certains premiers ministres actuels en sont exclus, soit parce qu'ils sont entrés en fonction au cours du dernier exercice, soit parce qu'ils n'ont pas encore déposé un budget. Chaque premier ministre a obtenu une note globale sur 100 et été classé en fonction de sa performance par rapport à trois aspects de la politique budgétaire : les dépenses publiques, les impôts et les taxes, et la dette et les déficits.

« L'idée de cette étude est de comparer la gestion des finances provinciales des différents premiers ministres et d'aider les Québécois à demander des comptes à leurs chefs politiques », explique Filip Palda, senior fellow de l'Institut Fraser et professeur à l'École nationale d'administration publique.

« La récente récession fait ressortir l'importance d'une bonne politique budgétaire et notamment la nécessité de contrôler les dépenses et la dette publiques. Dans la conjoncture actuelle, une bonne politique budgétaire est essentielle à la santé économique du Québec. »

Les autres premiers ministres se classaient comme suit : Brad Wall, de la Saskatchewan, au 4e rang (53,8); Ed Stelmach, de l'Alberta, au 5e rang (52,7); Jean Charest au 6e rang (45,5); Shawn Graham, ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick, au 7e rang (35,1); Greg Selinger, du Manitoba, au 8e rang (34,3); Dalton McGuinty, de l'Ontario, au 9e rang (34,0); Robert Ghiz, de l'Île-du-Prince-Édouard, au dernier rang (27,0).

Dépenses publiques

Selon un grand nombre d'études universitaires, les augmentations excessives des dépenses publiques peuvent nuire à la performance économique.

Jean Charest s'est classé quatrième (62,8) sur le plan des dépenses publiques, derrière Darrel Dexter (94,8), Gordon Campbell (83,7) et Danny Williams (67,4).

« Même s'il s'est montré plus modéré que certains de ses pairs, le premier ministre Jean Charest a malgré tout augmenté les dépenses publiques à un rythme insoutenable », soutient M. Palda.

Impôts et taxes

Les taux d'imposition et de taxation ainsi que la structure du système fiscal ont une incidence considérable sur les incitations qui déterminent si les entreprises et les particuliers ont des activités économiques productives.

Jean Charest n'a obtenu qu'une note de 29,1 sur le plan des impôts et des taxes, ce qui le place au 8e rang. Gordon Campbell, de la Colombie-Britannique, a obtenu la meilleure note à cet égard (87,0), suivi par Shawn Graham (81,0), du Nouveau-Brunswick.

« Tout au cours de son mandat, Jean Charest a négligé de rendre les taux marginaux d'imposition des particuliers au Québec plus concurrentiels, et pire encore, il a en fait augmenté le taux d'imposition des sociétés, ce qui décourage les investissements des entreprises », déplore M. Palda.

Dette et déficits

La dette et les déficits constituent un aspect essentiel de la performance budgétaire parce que les déficits annuels augmentent le niveau de la dette du gouvernement. Celui-ci doit alors consacrer de plus en plus d'argent des contribuables au service de la dette (intérêts). En fin de compte, cela réduit les fonds disponibles pour financer les services publics.

En ce qui concerne la gestion de la dette et des déficits, le premier ministre Charest a obtenu une note de 44,5 et s'est classé sixième. Brad Wall, premier ministre de la Saskatchewan, a obtenu une note parfaite de 100. Il est suivi par Danny Williams et Gordon Campbell, qui se sont respectivement classés deuxième (96,1) et troisième (78,6).

« Malheureusement pour le Québec, Jean Charest est l'un des six premiers ministres qui ont affiché un déficit net au cours de son mandat : les dépenses publiques ont dépassé les recettes de la province. Or cette approche n'est tout simplement pas viable », affirme Charles Lammam, analyste principal de politiques publiques à l'Institut Fraser et coauteur de l'étude.

La version intégrale de l'étude avec ses tableaux de données détaillées est accessible gratuitement en format PDF à l'adresse www.institutfraser.org (en anglais seulement).

L'Institut Fraser est un organisme canadien indépendant de recherche en politique publique et d'éducation qui possède des bureaux à Vancouver, Calgary, Toronto et Montréal, et collabore avec 85 centres d'études et de recherches dans le monde. Sa mission consiste à mesurer, à analyser et à faire connaître les effets d'un marché concurrentiel et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des citoyens. Afin de préserver son indépendance, l'Institut refuse toute subvention et tout contrat de recherche des Administrations publiques. Consultez son site à l'adresse www.fraserinstitute.org.

Renseignements