Institut Fraser

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26 sept. 2011 06h32 HE

Institut Fraser: La crise des dépenses nationales de santé est due aux régimes publics d'assurance et non pas au coût des médicaments

TORONTO, ONTARIO--(Marketwire - 26 sept. 2011) - Les affirmations selon lesquelles le coût des médicaments sur ordonnance a précipité la crise des dépenses de santé au Canada ne sont pas fondées ni étayées par quelque preuve que ce soit. C'est la conclusion d'une nouvelle étude publiée aujourd'hui par l'Institut Fraser, l'organisme de recherche en politiques publiques le plus réputé au pays.

« Aucune preuve ne permet d'associer la croissance insoutenable des dépenses publiques de santé au prix des médicaments sur ordonnance ou des nouveaux médicaments brevetés », soutient Mark Rovere, directeur associé au Centre de recherches sur les politiques de santé de l'Institut Fraser et coauteur de l'étude intitulée The Misguided War Against Medicines 2011.

« En 2010, les biens et services médicaux autres que les médicaments représentaient une part phénoménale de 91 % du total des dépenses publiques de santé. Il est tout simplement faux de prétendre que le problème des dépenses de santé au Canada est dû aux médicaments sur ordonnance. »

L'étude mesure l'incidence de tous les types de dépenses de médicaments sur le total du coût des soins de santé publics. Les données disponibles tendent à indiquer que ni les médicaments brevetés en particulier, ni les médicaments sur ordonnance en général ne peuvent porter le blâme des taux de croissance insoutenables des dépenses publiques de santé.

« D'ici 2017, au train où vont les choses, six provinces sur dix dépenseront la moitié de leurs recettes totales, y compris les transferts fédéraux, en soins de santé », explique M. Rovere.

« Mais les données montrent que le coût des médicaments sur ordonnance n'est pas à blâmer pour la crise des dépenses de santé que connaissent toutes les provinces. »

Selon le rapport, les médicaments sur ordonnance ne représentaient que 9,0 % du total des dépenses publiques de santé en 2010, un pourcentage qui est resté pratiquement inchangé depuis 2003. Plus précisément, les médicaments d'ordonnance brevetés n'absorbaient que 5,2 % de ce total.

L'ensemble des autres dépenses en soins de santé comptait pour 91,0 % du total des dépenses publiques de santé en 2010.

« Cela nous indique que, même si les gouvernements ne dépensaient rien en médicaments, le coût des autres biens et services médicaux serait insoutenable », déclare M. Rovere.

L'étude a également constaté que, en moyenne, les dépenses publiques en professionnels de la santé ont grimpé de 6,8 % par année de 2001 à 2010. Les dépenses annuelles en hôpitaux et autres institutions ont augmenté de 6,5 % en moyenne sur la même période et les autres dépenses (santé publique, administration, recherche, etc.), de 7,6 % par an.

Ces taux de croissance annuels sont de 1,3 à 1,5 fois plus élevés que le taux de croissance annuel moyen (5,2 %) du produit intérieur brut de 2001 à 2010, et de 3,1 à 3,6 fois plus élevés que le taux d'inflation annuel moyen (2,1 %) sur la même période.

De plus, l'étude cite des données du gouvernement canadien selon lesquelles les prix moyens des médicaments d'ordonnance brevetés existants ont augmenté moins vite au Canada que l'inflation générale au cours de 21 des 23 dernières années.

Le rapport conclut que la crise des dépenses de santé au Canada s'explique par la conception des régimes publics d'assurance maladie, et non pas par le coût des traitements médicaux.

« Les provinces ne peuvent tout simplement pas se permettre de financer entièrement les biens et services médicaux à même les impôts des contribuables par l'intermédiaire d'un monopole d'assurance administré par l'État. Encore pire, les Canadiens souffrent quand les gouvernements cherchent à contrôler les coûts de soins de santé en limitant l'accès aux nouveaux médicaments et aux nouvelles technologies », constate M. Rovere.

« Forcer les gens à payer une partie des coûts de soins de santé en leur passant un certain pourcentage de la facture et permettre aux personnes et aux familles de souscrire une assurance maladie privée à l'égard des services médicaux nécessaires est le meilleur moyen de préserver l'universalité des soins de santé, de fournir aux Canadiens un plus large éventail d'avantages et un accès aux traitements dans de meilleurs délais, et de ramener les dépenses de santé des gouvernements à des niveaux soutenables. »

La version intégrale de l'étude avec ses tableaux de données détaillées est accessible gratuitement en format PDF à l'adresse www.institutfraser.org (en anglais seulement).

L'Institut Fraser est un organisme canadien indépendant de recherche en politique publique et d'éducation qui possède des bureaux à Vancouver, Calgary, Toronto et Montréal, et collabore avec 85 centres d'études et de recherches dans le monde. Sa mission consiste à mesurer, à analyser et à faire connaître les effets d'un marché concurrentiel et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des citoyens. Afin de préserver son indépendance, l'Institut refuse toute subvention et tout contrat de recherche des Administrations publiques. Consultez son site à l'adresse www.fraserinstitute.org.

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