Institut Fraser

Institut Fraser

12 avr. 2012 06h32 HE

Institut Fraser: La folie du programme d'énergie renouvelable de l'Ontario est un avertissement pour les autres gouvernements; l'électricité coûtera 285 M$ de plus par an aux ménages ontariens

CALGARY, ALBERTA--(Marketwire - 12 avril 2012) - L'électricité coûtera 285 millions de dollars de plus par an aux consommateurs résidentiels de l'Ontario, et le Canada pourrait perdre l'équivalent de 41 000 emplois à temps plein sur une période de 20 ans en raison des subventions provinciales accordées aux énergies renouvelables. C'est ce que conclut une nouvelle étude de l'Institut Fraser, l'organisme de recherche en politiques publiques le plus réputé au pays.

Les calculs sont fondés sur une analyse commandée par l'Institut Fraser et réalisée par Statistique Canada à l'aide de son modèle interprovincial d'entrées-sorties.

Lorsqu'on y ajoute les clients commerciaux et industriels, le total des coûts supplémentaires pour les utilisateurs d'électricité ontariens pourrait atteindre 18 milliards de dollars sur 20 ans.

« Le soutien accordé par le gouvernement de l'Ontario aux sources d'énergie renouvelables - éolienne, solaire et autres - ne tient pas compte du coût pour les consommateurs et a déjà de graves répercussions économiques », affirme Gerry Angevine, économiste principal à l'Institut Fraser et coauteur de l'étude intitulée A Sensible Strategy for Renewable Electrical Energy.

« Si d'autres gouvernements décident d'appliquer les politiques énergétiques de l'Ontario, ils verront également augmenter les prix de l'électricité pour les consommateurs résidentiels et commerciaux, et devront construire de nouvelles infrastructures de transport de l'électricité onéreuses. Des pertes d'emplois sont par ailleurs probables dans le secteur manufacturier, les entreprises délocalisant leurs activités pour réduire les coûts d'électricité. »

Compte tenu du débat sur les changements climatiques et dans une tentative de réduire sa dépendance à l'électricité produite à partir du charbon, le gouvernement de l'Ontario a établi un généreux programme de subventions en 2009 - offert dans le cadre de son Programme de tarifs de rachat garantis (TRG) - pour encourager la production d'électricité à partir d'énergie éolienne, solaire et de la biomasse.

Cependant, selon de récents rapports de l'Agence internationale de l'énergie et de l'Agence d'information sur l'énergie américaine, l'électricité produite par des technologies d'énergie renouvelable est généralement plus chère que celle produite par des technologies classiques de combustion de carburants d'origine fossile ou d'origine nucléaire.

Pourtant, malgré ces avertissements et les problèmes connus par l'Ontario, nombre d'autres provinces canadiennes et États américains s'apprêtent à subventionner des technologies d'énergie renouvelable - principalement éolienne, solaire et de la biomasse - qui feront concurrence à l'électricité produite à moindre coût dans des centrales classiques.

« Au cours de la prochaine décennie, au moins 80 % de l'augmentation nette de la production d'électricité devrait provenir de technologies d'énergie renouvelable, soutient M. Angevine.

« Cela coûte tout simplement plus cher de produire de l'électricité à partir d'énergie éolienne ou solaire. Les consommateurs et les entreprises peuvent donc s'attendre à voir leur facture d'électricité grimper au cours des prochaines années. Au lieu d'imposer certains types d'énergies renouvelables, les gouvernements devraient laisser les forces du marché déterminer la meilleure combinaison de technologies de production d'électricité », fait-il valoir.

La nouvelle étude analyse la rentabilité de diverses technologies permettant de produire de l'électricité, les problèmes techniques et, en se fondant sur l'étude de cas du programme TRG de l'Ontario, certains des effets généraux éventuels des politiques d'énergies renouvelables sur l'économie nord-américaine.

L'étude examine aussi les obstacles au développement durable des énergies renouvelables comme source importante d'approvisionnement en électricité en Amérique du Nord. Enfin, elle formule des recommandations en faveur de politiques énergétiques efficaces.

Selon l'étude, en mars 2012, trois provinces canadiennes, soit l'Ontario, la Colombie-Britannique et la Nouvelle-Écosse, avaient des politiques exigeant explicitement des services publics d'électricité qu'un certain pourcentage de leur production totale provienne de sources d'énergie renouvelables. En outre, 29 États américains et Washington D.C. ont promulgué des normes de portefeuille d'énergie renouvelable.

Pour veiller à ce que les consommateurs d'électricité bénéficient de prix compétitifs favorisant la concurrence, l'innovation, la croissance économique et la prospérité, l'étude recommande les mesures suivantes aux gouvernements :

  1. Abandon des objectifs d'énergie renouvelable;
  2. Uniformisation des règles du jeu et arrêt de la promotion active d'une source d'électricité donnée par des incitations ou des subventions quelconques;
  3. Élaboration de plans à long terme pour la construction de systèmes de transport d'électricité capables de supporter l'énergie électrique supplémentaire qui découlera de décisions d'investissement fondées sur le marché;
  4. Simplification et rationalisation des processus d'approbation réglementaire ainsi que des modalités d'investissement dans les installations de transport et la capacité de production d'électricité;
  5. Élimination de l'incertitude quant aux limites d'émissions de carbone;
  6. Établissement de politiques et de règlements clairs et stables en matière d'énergie.

« Les gouvernements fédéraux et nombre de provinces et d'États se sont préoccupés d'accorder des subventions directes et des allégements fiscaux pour faciliter l'investissement dans les énergies renouvelables et ont veillé à leur accès aux réseaux de transport sans tenir compte du coût combiné de production et de transport. Or, ce sont en fin de compte les consommateurs d'électricité qui doivent le supporter, déplore M. Angevine.

« On doit laisser les forces du marché déterminer la combinaison de technologies la plus efficace pour la production d'électricité et la réduction des coûts supportés par les consommateurs. »

L'étude de l'Institut Fraser, A Sensible Strategy for Renewable Electrical Energy, est la quatrième d'une série d'études sur l'élaboration d'une stratégie énergétique nord-américaine. L'étude complète (en anglais seulement) est disponible à www.institutfraser.org.

L'Institut Fraser est un organisme canadien indépendant de recherche en politique publique et d'éducation qui possède des bureaux à Vancouver, Calgary, Toronto et Montréal, et collabore avec 80 centres d'études et de recherches dans le monde. Sa mission consiste à mesurer, à analyser et à faire connaître les effets d'un marché concurrentiel et de l'intervention gouvernementale sur le bien-être des citoyens. Afin de préserver son indépendance, l'Institut refuse toute subvention et tout contrat de recherche des Administrations publiques. Consultez son site à l'adresse www.institutfraser.org.

Renseignements